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ASF-2019 : L’Afrique appelée plus que jamais à engager une réflexion sérieuse pour faire face à l’impact du changement climatique

Le changement climatique bouleverse l’équilibre de la planète à un tel degré qu’il est difficile de cerner précisément son impact et l’Afrique, continent le plus vulnérable de la planète aux impacts des changements climatiques en raison des défis politiques, socio-économiques et démographiques, est appelée plus que jamais à engager une réflexion sérieuse pour faire face à ce phénomène destructeur, ont plaidé les participants à l’Africa Security Forum 2019, qui a démarré ses travaux, ce lundi à Rabat.Il est certain que les conséquences du changement climatique sur les écosystèmes, la biodiversité et les sociétés humaines soulèvent dès aujourd’hui de sérieux problèmes en matière de sécurité. Face à ces bouleversements climatiques, l’Afrique se doit d’adopter une feuille de route avec des mécanismes proactifs à même de réduire les impacts multidimensionnels du changement climatique, ont-ils exhorté lors de cet événement Co-organisé par le Centre de Recherches et d’Etudes Stratégiques Atlantis, et le Forum International des Technologies de Sécurité (FITS), su le thème «l’impact du changement climatique sur la sécurité en Afrique ».

Le président du Centre de recherches et d’études géostratégiques (Atlantis), Driss Benomar, a, à première vue planté le décor : « il est impératif d’engagé une réflexion sérieuse sur un nouveau modèle de coopération africaine pour faire face aux défis sécuritaires et environnementaux auxquels fait face le continent », a-t-il dit.

Pour lui, le dérèglement climatique est source de plusieurs maux, citant à égard la déstabilisation des  régions vulnérables du continent, l’accentuation des tensions outre les problèmes sécuritaires.

« Le rythme actuel des changements climatiques, notamment en termes de hausse du niveau de la mer due à la fonte des glaciers, d’extrême variabilité des précipitations, et de fréquence d’intensité accrue des tempêtes, provoquent une situation inédite à laquelle nous devons nous préparer », a-t-il relevé.

Ces phénomènes, a-t-il poursuivi, affectent les ressources en eau et les produits agricoles de même qu’ils portent atteinte à la sécurité et à la prospérité du continent africain, ajoutant qu’ils entraînent aussi l’apparition de problèmes de sécurité voire des conflits et la prolifération du phénomène de l’exode.

Lui succédant, le président fondateur de l’association Energie pour l’Afrique Jean Louis Borloo a mis l’accent sur les conséquences des changements climatiques à travers la planète, sur la sécurité alimentaire et sur les océans, relevant que le réchauffement climatique est en phase d’aggravation.

Selon lui, « le dérèglement climatique est catastrophique et se combine malheureusement avec un problème d’énergie sur le continent africain », précisant que 65% de la population n’a pas accès à l’énergie.

L’ancien ministre français a plaidé pour un plan Marshall en Afrique pour sortir de la spirale du dérèglement climatique. Ce plan, qui permettra également de faire face au phénomène de la migration, repose sur trois axes à savoir l’énergie pour tous, la sécurité alimentaire et l’amélioration des infrastructures.

« Le continent africain constitue une chance pour l’Europe », a-t-il estimé, ajoutant que l’avenir de l’Europe passe par la conclusion d’un traité de paix, de croissance et de sécurité avec l’Afrique.

L’Africa Security Forum réunit cette année les représentants de 35 pays africains, ainsi que 400 personnalités et experts issus des quatre coins du globe.

L’un des rendez-vous plus importants de l’année sur le continent, notamment pour les stratèges, décideurs publics, institutionnels, experts dans le domaine, l’ASF se veut un espace de réflexion commune autour de ces problématiques qui, par le passé, ont toujours apporté leur lot de conflits armés et de tragédies humanitaires.

Cette 4-ème édition du Forum est articulée autour de trois axes liés à la sécurité alimentaire et la gestion de l’eau, à l’accroissement démographique et au développement agricole ainsi qu’à l’anticipation des solutions de demain, notamment en matière de mécanismes d’alerte et de coopération continentale.

Pour rappel, le nombre de personnes souffrant de sous-alimentation en Afrique est estimé à ce jour à 240 millions. Selon le groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC), une hausse de température comprise entre 1,2 et 1,9 degré Celsius pourrait faire exploser le nombre d’Africains sous-alimentés, qui augmentera de 25% en Afrique Centrale, de 50% en Afrique de l’Est, de 85% en Afrique Australe et de 95% en Afrique de l’Ouest.

Les répercussions de la malnutrition sur le développement des enfants africains, et donc sur l’avenir du continent, a été évalué entre 2 et 16% du PIB par la Commission Economique de l’ONU pour l’Afrique (UNECA). Un chiffre d’autant plus éloquent quand on sait que la population africaine culminera à 2 milliards d’habitants en 2050. A cet horizon, les trois-quarts des naissances mondiales auront lieu dans le Continent.

Le spectre de la malnutrition est d’autant plus à craindre que les rendements agricoles connaissent une baisse avérée en raison des changements climatiques, avec des cycles agricoles plus courts associés à d’importantes perturbations du régime des précipitations, ce qui viendra aggraver les problèmes et conflits potentiels autour des ressources en eaux.

Ainsi, la baisse des rendements agricoles, conjuguée à une très forte croissance démographique, exerceront une pression sans précèdent sur les ressources et économies africaines. Si le statu quo est maintenu, l’Afrique ne pourra subvenir qu’à 13% des besoins alimentaires de ses habitants en 2050.

La dégradation du niveau de vie des populations ne manquera pas d’engendrer d’importants flux migratoires – principalement à destination des grandes agglomérations. Ces mouvements massifs de populations seront accompagnés de leurs corollaires inévitables : chômage, violence, criminalité,…




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