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Boris Johnson, favori pour succéder à Theresa May, « ne vise pas un Brexit sans accord »

Boris Johnson a lancé mercredi sa campagne officielle pour succéder à la Première ministre Theresa May en affirmant ne pas « viser un Brexit sans accord », même s’il est prêt à opter « en dernier recours » pour cette sortie brutale de l’Union européenne.

« Je ne vise pas une sortie sans accord. Je ne pense pas que ça se terminera comme ça mais il est responsable de préparer avec détermination » un tel scénario, a affirmé à Londres l’ancien ministre des Affaires étrangères.

S’il est choisi comme chef des Tories et qu’il devient donc Premier ministre, Boris Johnson compte renégocier l’accord conclu en novembre entre Bruxelles et Theresa May.

Celle-ci a démissionné vendredi de ses fonctions de cheffe du Parti conservateur, après avoir échoué à mettre en oeuvre le Brexit: elle a demandé deux fois à Bruxelles de repousser le divorce, désormais fixé au 31 octobre, après avoir vu le Parlement rejeter par trois fois son plan de divorce.

Mais M. Johnson a assuré que le Royaume-Uni quitterait l’UE le 31 octobre, accord renégocié ou pas. Mercredi, il a toutefois assoupli sa position en faisant du « no deal » une issue « de dernier recours ».

Il avait aussi prévenu que, s’il était Premier ministre, il refuserait que le Royaume-Uni paie la facture du Brexit — estimée entre 40 et 45 milliards par l’actuel gouvernement — jusqu’à ce que l’UE accepte de meilleures conditions de retrait.

La Commission européenne a rappelé mercredi que Londres devra honorer ses engagements financiers dans le cas d’un Brexit sans accord, une des « conditions préalables » à l’ouverture de négociations sur un futur accord commercial.

Mardi, le président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker a réaffirmé que l’accord de divorce ne saurait être renégocié. « Ce n’est pas un traité entre Theresa May et Jean-Claude Juncker, c’est un traité entre le Royaume-Uni et l’UE, il doit être respecté par le prochain Premier ministre britannique quel qu’il soit », a-t-il insisté.

De leur côté, des députés de l’opposition, soutenus par des élus conservateurs, vont demander mercredi à réserver un créneau dans l’agenda parlementaire pour leur permettre de présenter, le 25 juin, un texte qui pourrait, s’il est adopté, empêcher la mise en oeuvre d’un Brexit sans accord.

Habile et charismatique, l’ancien maire de Londres est le préféré des militants conservateurs de base mais il est moins apprécié par ses pairs, qui lui reprochent ses gaffes et un certain dilettantisme.

Le candidat s’est excusé mercredi d’avoir pu être offensant, tout en assurant qu’il « continuerait de parler aussi franchement qu’il le peut ».

Par ailleurs, les drogues se sont aussi invitées dans la course au pouvoir. L’un des prétendants, le ministre de l’Environnement Michael Gove, a admis avoir consommé de la cocaïne alors qu’il s’était prononcé ouvertement contre l’usage de cette drogue. Boris Johnson a, lui, botté en touche mercredi, sans nier, lorsqu’un journaliste lui a demandé s’il en avait déjà pris comme il l’a affirmé par le passé au magazine britannique GQ.

« Je crois que cette information quand j’avais 19 ans est apparue à de nombreuses reprises et que la plupart des gens dans ce pays veulent que nous nous concentrions sur cette campagne » pour la direction des conservateurs, a-t-il répondu.




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