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L’ambiance vire au couvre-feu au port de Douala

Des dizaines d’éléments de la gendarmerie et de la police, lourdement armés ont investi, depuis vendredi dernier, le terminal à conteneurs du Port autonome de Douala (PAD) situé dans la métropole économique du Cameroun, à un mois de la fin de contrat du consortium constitué du groupe français Bolloré et de son partenaire danois Maerks (APMT), a constaté APA sur place.Les principaux accès au site sont placés sous haute surveillance, et des fouilles au corps sont pratiquées sur les travailleurs et les usagers. Quelques hommes en tenue, interrogés par le reporter, se sont refusés à tout commentaire sur ce déploiement massif, un pandore, sous le couvert de l’anonymat, ayant néanmoins glissé que cette présence armée avait été réquisitionnée par la direction générale du PAD.

Voici 4 jours, apprend-on, un agent d’entretien de Douala International Terminal (DIT), la filiale locale d’APMT, a été interpellé puis conduit en cellule, au prétexte apprend-on qu’il était soupçonné de transporter du matériel informatique. «L’ambiance n’est pas très bonne, les forces de sécurité déambulent dans les couloirs de la facturation, armes à la main. Ils suspectent tout le monde en lançant des regards méchants. L’ambiance n’est pas du tout bonne pour le business. Après tout, nous sommes des clients et nous devons être respectés», s’insurge Oumar A., transitaire.

Selon des sources concordantes, le climat s’est alourdi depuis que le PAD, gestionnaire de la place portuaire, soupçonne l’opérateur en fin de mandat de vouloir saboter le système informatique du terminal à conteneurs. APMT, rappelle-t-on, a installé sur cette place portuaire un logiciel dénommé «Oscar», en charge des plateformes informatiques de gestion.

En prévision de la fin du contrat dudit opérateur, l’autorité portuaire a acquis, indique une source proche du dossier, un logiciel dénommé «Navis TOS» à travers un marché de gré à gré passé, à hauteur de quelque 2 milliards FCfa, auprès de l’américain Port Technology AIS. La mise en fonctionnement du nouveau réseau pourrait toutefois s’avérer ardue, puisque nécessitant la formation du personnel ainsi que la mise à niveau du réseau, des opérations pouvant nécessiter 6 à 8 mois, selon les prévisions les plus optimistes.

La fébrilité notée au terminal à conteneurs semble en rapport avec l’attribution provisoire, finalement suspendue par le président Paul Biya, le 25 octobre dernier en attendant l’aboutissement des procédures judiciaires engagées par APMT, de l’exploitation de la place portuaire de Douala à l’opérateur italo-suisse Terminal Investment Limited (TIL). Le groupement franco-danois a en effet saisi les tribunaux compétents contre son éviction jugée, «irrégulière», du terminal à conteneurs qu’il exploite depuis 2005. D’ici le verdict, c’est le PAD qui aura en charge la gestion directe dudit terminal.

Par ailleurs, lundi, au cours d’une réunion restreinte présidée pour le compte du PAD par le français Amar Rashedi, le gestionnaire de la place portuaire a, selon des sources introduites, indiqué qu’il reprendra une partie du personnel de DIT (440 emplois directs, 1360 indirects et 1542 induits) le 1er janvier 2020 à ses conditions, consistant à minimiser les coûts d’exploitation, et à embaucher de bas salaires sans reprise d’ancienneté.




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