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Libération de deux Canadiennes enlevées au Ghana il y a une semaine

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Huit personnes, dont cinq Ghanéens et trois Nigérians, ont été arrêtées lors de l’opération de libération des deux jeunes Canadiennes enlevées il y a une semaine au Ghana, a annoncé le gouvernement ghanéen mercredi.

« Cinq Ghanéens et trois Nigérians sont actuellement en garde à vue. L’un d’eux a été blessé lors de l’opération de sauvetage » des otages, « qui a duré 25 minutes » et s’est déroulée mercredi à l’aube, a déclaré le ministre de l’Information Kojo Oppong Nkrumah au cours d’une conférence de presse à Accra.

« Les victimes quant à elles ont été convoyées par avion à Accra », a assuré le ministre, soulignant qu’elles bénéficiaient d’un soutien psychologique important.

Lauren Tilley et Bailey Chitty, deux étudiantes canadiennes âgées de 19 et 20 ans, avaient été kidnappées, vraisemblablement contre rançon, le 4 juin au soir en sortant d’un taxi devant le Royal Golf Club de Kumasi, à environ 250 kilomètres au nord de la capitale, Accra.

« Elles reçoivent un soutien émotionnel et psychologique et sont en chemin vers chez elles » (au Canada), a précisé Youth Challenge International, l’ONG pour laquelle les jeunes filles travaillaient à Kumasi. « Les rapports médicaux indiquent toutefois qu’elles n’ont pas été blessées physiquement. »

Plusieurs enlèvements crapuleux ont eu lieu ces derniers mois dans le pays, « un phénomène qui touche nos frères nigérians mais que nous ne connaissions pas avant », avait regretté fin avril le président Nana Akufo-Addo.

Mercredi, sur Twitter, la police a conseillé d' »avoir conscience de son environnement à chaque instant et de prendre des mesures pour garantir sa propre sécurité ».

– Un opposant brièvement arrêté –

Le Ghana n’a connu aucun trouble majeur de sécurité dans son histoire, pourtant au coeur d’une région tourmentée par les guerres civiles, la criminalité rampante et les groupes jihadistes.

Grâce à ce passé, le pays « a longtemps eu une réputation enviable de pays le plus sûr d’Afrique de l’Ouest, loin des violences qui ont entaché la plupart de ses voisins », explique à l’AFP Nnamdi Obasi, analyste au centre d’analyses géopolitiques International Crisis Group.

Mais « la montée des enlèvements crapuleux pourrait entacher cette réputation durement gagnée, méritée. Et pourrait aussi faire du mal au tourisme, un secteur important » de ce pays de 30 millions d’habitants.

Le tourisme compte pour environ 5% du PIB du Ghana, dont les plages bordées de palmiers et les vestiges de la traite des esclaves attirent les touristes, notamment nord-américains.

Mais la hausse des kidnappings contre rançon inquiète les professionnels. « Cela pourrait toucher notre commerce », craint Samuel Owusu Oppong, gérant d’une auberge de jeunesse dans la capitale.

En décembre, trois femmes ont été enlevées à Takoeradi, dans le Sud. En avril, un Indien, enlevé à Kumasi par un gang armé, a été rapidement secouru par la police. Le même mois, le consul d’Estonie a aussi été kidnappé et retenu brièvement par ses ravisseurs.

« Qui voudrait visiter un pays qui n’est pas sûr ? », s’interroge Adam Bonaa, directeur de Security Warehouse Limited, une entreprise de systèmes de sécurité. « On veut un pays dans lequel on peut se promener sans regarder par dessus son épaule ».

Mardi soir, la police ghanéenne a brièvement arrêté le président du plus important parti d’opposition, Samuel Ofosu-Ampofo, chef du Congrès national démocratique (NDC), assurant qu’il était soupçonné d’être « en lien avec différents enlèvements ».

« Le service des enquêtes criminelles enquête sur différents enlèvements (…) dans lesquels, selon du renseignement crédible et utilisable, M. Samuel Ofosu-Ampofo (…) est un suspect », a indiqué un communiqué de la police, sans plus de détails.

A peine une heure plus tard, le compte officiel de la Police tweetait qu’il avait « été relâché et était attendu au quartier général du service des enquêtes criminelles jeudi 13 juin ».




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