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Unité nationale et crise anglophone en couverture des journaux camerounais

La célébration, lundi prochain des 47 ans de l’Unité nationale, dans un contexte de crise identitaire anglophone, inspire les colonnes des journaux camerounais parus vendredi.C’est donc lundi le grand jour, rappelle, sur quatre colonnes à la une, le quotidien à capitaux publics Cameroon Tribune qui se fait l’écho des préparatifs à travers le pays, précisant que la parade de la capitale, Yaoundé, sera présidée par le chef de l’État Paul Biya.

Depuis le référendum de mai 1972 ayant uni les parties anglophone et francophone autour d’un État unitaire, beaucoup d’eau a coulé sous les ponts, d’importants progrès ont été réalisés sur la voie de l’intégration, aussi bien au plan des institutions qu’en ce qui concerne la vie socio-culturelle avec, comme résultat palpable, cette réalité que les Camerounais se connaissent mieux et s’acceptent comme fils et filles d’une même nation.

Depuis le lancement de la Semaine de l’unité nationale, sont organisés à travers le pays des Carrefours locaux du vivre-ensemble, signale InfoMatin, occasion, pour les citoyens de toutes les origines, de se rassembler pour dialoguer et trouver des solutions pour la consolidation de la cohésion sociale.

Sauf que cette flamme vacille, tacle Mutations qui constate plusieurs fissures à panser dans le socle de la cohésion nationale : en s’accordant autour d’un élément fondamental pour solidifier les liens entre différentes composantes d’un pays nouvellement indépendant (le 1er janvier 1960), les pères fondateurs de la «nation» avaient à l’idée de poser les jalons d’un Cameroun riche dans sa diversité alors que, au fil des ans, ce qui pouvait considérée comme une option partagée semble prendre du plomb dans l’aile.

Sous le titre «Fête nationale : le souffle coupé de l’Unité», Le Messager abonde dans la même direction pour constater que l’idéal de construction d’une vraie nation vacille, au moment où le gouvernement tente, forcé d’organiser un dialogue inclusif sur des braises, engage des actions de repentance après des mois de déni de crise dans le Nord-Ouest et le Sud-Ouest.

Pour ce quotidien à capitaux privés, le véritable enjeu de cette célébration consistera à jauger l’engouement des populations autour des festivités, que l’opposition a comme un seul homme décidé de boycotter.

Pas vraiment de quoi se faire du mauvais sang pour autant, relativise le tri-hebdomadaire Essingan, dont l’exercice à l’occasion aura consisté à interroger les Camerounais nés en 1972 sur leur vision du pays, avec des avis globalement positifs.

Les choses ne semblent pas si simples, soupire Le Jour, déplorant la montée en puissance d’un nouveau phénomène : la radicalisation du conflit sécessionniste anglophone, à travers des dérapages verbaux et viraux de certaines personnalités de premier plan.

C’est que le gouvernement, déplore l’analyste politique Nick Ngwanyam dans les colonnes de Le Messager, a été têtu et arrogant face au mécontentement de la communauté anglophone dénonçant notamment la mauvaise gouvernance.

Parti depuis mardi dernier à la rencontre des populations de la région du Sud-Ouest, le Premier ministre Joseph Dion Ngute, comme une semaine avant dans le Nord-Ouest, est en effet confronté, selon La Nouvelle Expression, à la dure réalité sécuritaire sur le terrain, les groupes armés entendant maintenir la terreur à l’heure où le chef du gouvernement, chaleureusement accueilli par les populations, entend établir un dialogue inclusif.

Dans la localité de Kumba, rapporte Cameroon Tribune, il a eu à rencontrer 22 combattants séparatistes repentis, à qui il a promis l’assistance nécessaire du gouvernement pour leur reconversion sociale.

Le courant passe, tranche Essignan, et l’effet Dion Ngute sur ses interlocuteurs ne saurait être considéré comme du simple folklore. Mieux, prolonge The Guardian Post, le Premier ministre s’efforce d’assouplir les bases d’un dialogue imminent, le pays entier retenant désormais son souffle pour voir surgir la colombe de la paix.

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