Le Gabon ne dispose pas encore d’une photographie complète de l’endettement de son secteur public. Dans son évaluation de la transparence budgétaire, le Département d’État américain relève que seules des informations limitées sur les obligations liées à la dette sont accessibles au public.
Le plus grand manquement : la dette des entreprises publiques n’est pas intégrée. Cette lacune laisse dans l’ombre une part importante des engagements financiers de structures pourtant contrôlées par l’État. Une entreprise publique peut contracter des emprunts, accumuler des dettes fournisseurs ou bénéficier de garanties et de soutiens financiers. Ces obligations ne constituent pas une dette directe du Trésor, mais elles peuvent devenir un risque majeur si une société stratégique rencontre des difficultés et nécessite l’intervention de son actionnaire public.
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C’est pourquoi Washington recommande au Gabon de publier les obligations de dette de ses principales entreprises publiques. Le rapport réclame aussi plus de détails sur les allocations budgétaires qui leur sont accordées et sur les recettes qu’elles reversent à l’État. L’enjeu est de connaître simultanément ce que ces entreprises doivent, ce qu’elles reçoivent du budget et ce qu’elles rapportent aux finances publiques.
Cette faiblesse est d’autant plus sensible que l’État reste présent dans plusieurs secteurs stratégiques. Elle complique la distinction entre la dette portée directement par l’administration centrale et les risques financiers susceptibles de remonter vers elle plus tard. Parler de « dette cachée » serait toutefois excessif : le rapport américain pointe une absence de publication suffisante, et non l’existence d’engagements dissimulés.
Au fond, l’enjeu est celui du périmètre. Plus les engagements des entreprises publiques sont documentés, plus investisseurs, créanciers et contribuables disposent d’une lecture claire du risque financier associé au secteur public dans son ensemble. Pour le Gabon, le rapport américain suggère que cette photographie s’arrête encore trop largement aux frontières de l’État central.



