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Octroi de la nationalité gabonaise : Alain Bilie-By-Nze explique les enjeux

Depuis l’acquisition du passeport gabonais par Samuel L Jackson puis Ludacris et sa mère, l’octroi de la citoyenneté gabonaise alimente le débat. S’exprimant sur les antennes de la radio Urban Fm, le ministre gabonais des Affaires étrangères a voulu couper court, en mettant en exergue les enjeux qui motivent cette démarche.

Le Gabon a accordé la citoyenneté à deux célébrités américaines, Samuel L. Jackson en août 2019 puis Ludacris en janvier 2020. L’octroi du passeport gabonais à ces deux stars hollywoodiennes a fait dire à plus d’un que «l’État a décidé de brader la nationalité gabonaise en distribuant des passeports».

Lors de son passage à l’émission “Dafresh morning”, sur les antennes de la radio Urban Fm, le 8 janvier, le ministre des Affaires étrangères est revenu sur les enjeux qui sous-tendent cette démarche. À en croire Alain-Claude Bilie-By-Nze, qui a d’ailleurs remis aux deux célébrités leurs passeports, il ne s’agit nullement de brader la nationalité gabonaise. La résurgence et la montée en puissance de l’afro-descendance ces dernières années, des célébrités afro-américaines en quête de leurs racines africaines ont entrepris des démarches pour obtenir la citoyenneté africaine.

«Nous avons été le premier pays d’Afrique à abriter et à organiser la décennie des personnes d’ascendance africaine. C’était en 2015 au Gabon. Et à cette occasion, le chef de l’État Ali Bongo avait décidé de faire en sorte que ceux qui de la diaspora demanderaient la nationalité, on la leur accorderait», a-t-il indiqué.

Selon lui, cette démarche revêt trois enjeux. Le premier, a-t-il dit, concerne la taille de la population gabonaise. «Avec 2 millions d’habitants, vous ne parvenez pas à développer un pays, ce n’est pas vrai», a déclaré sans sourciller Bilie-By-Nze qui assure qu’il faut couvrir les 267.667 km2 de la superficie gabonaise. L’octroi de la nationalité à ces célébrités devrait les inciter, en plus de venir au Gabon, d’y produire des richesses et de participer à la vie de l’économie. «Ludacris, pour prendre le cas du dernier, le Ghana le lui a proposé. Il a dit, je préfère aller au Gabon prendre la nationalité de mon épouse», a fait savoir le ministre des Affaires étrangères.

Le deuxième enjeu est d’asseoir la politique fiscale gabonaise à l’image de celle des Américains. Selon lui, les Américains, quel que soit l’endroit au monde où ils travaillent, payent leurs impôts aux États-Unis. «Donc si vous le faites, ça veut dire que Samuel L. Jackson, Ludacris, la mère de Ludacris aujourd’hui là où ils vont vivre, vont payer leurs impôts au Gabon». «Il faut s’inspirer des modèles qui fonctionnent», a-t-il insisté, précisant que le Gabon n’est pas le seul pays à accueillir des Afro-Américains en tant que citoyens. «Récemment, le Ghana qui est 10 fois, voire 15 fois plus peuplé que le Gabon a octroyé la nationalité à plus de 250 Afro-Américains qui l’ont demandé».

L’idée est également de permettre à des étrangers d’obtenir la citoyenneté gabonaise de façon régulière. Selon le ministre des Affaires étrangères, depuis plusieurs années au Gabon, des étrangers se font établir frauduleusement, par des maires d’arrondissement et de commune, des actes de naissance à partir desquels ils se font établir des passeports gabonais, sans avoir acquis de manière régulière la nationalité. S’il assure que des individus sont en prison à cause de telles pratiques, le choix fait ici, a-t-il expliqué, «c’est de se dire, celui qui fait la démarche de manière régulière, on examine et on lui accorde la nationalité». «Il y a un examen préalable de leurs dossiers».

Source gabonreview




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