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Tribulations de Satram : La mafia corse à la baguette ?

Empêtrée dans une spirale négative depuis la mort de son fondateur en 2015, Satram sort peu à peu de ses tribulations managériales et financières. En redressement judiciaire depuis février 2018, l’entreprise est sur le point de recouvrer sa santé financière grâce au travail sans relâche de ses administrateurs actuels, au grand bonheur des actionnaires, cadres et employés de cette société spécialisée dans la logistique pétrolière, les opérations portuaires, le levage et la manutention.

Il reste cependant que cette embellie se heurte à certains traquenards. Tout laisse penser en effet qu’une main noire voudrait empêcher la société maroco-gabonaise basée à Port-Gentil de reprendre du poil de la bête. En témoigne la campagne acerbe dont Satram fait actuellement l’objet et qui a pris des proportions inquiétantes depuis la survenue des problèmes de santé d’Ali Bongo, actuellement en convalescence à Rabat… au Maroc. Nombreux accusent en effet le Maroc et tout ce qui s’y rapporte de vouloir faire main basse sur le Gabon. Symbole fort de la coopération Gabon-Maroc, Satram fait naturellement les frais de cette déplorable campagne. Les détracteurs de Satram vont jusqu’à menacer les responsables Marocains de la société. En témoigne une bande-son relayée par le média en ligne Afriquenation.info.

 «Ils n’ont qu’à se ramener ici à la direction générale. Aujourd’hui, nous allons manger du marocain. Il paraît que la viande marocaine est bonne. Ramenez-vous les gars, quelque chose va arriver. Quelqu’un va mourir aujourd’hui», peut-on entendre dans la bande-son en question. Aucune indication n’est donnée sur l’auteur de ces propos inqualifiables. Un différend entre l’auteur de ces propos et Satram ne saurait pourtant justifier de tels propos.

Tous ces éléments laissent penser que derrière cette campagne de dénigrement se terre une entité sans scrupules, aidée par une poignée de hauts fonctionnaires gabonais. Afriquenation.info croit savoir que des «”mafieux” corses interviennent à tous les niveaux de l’État pour discréditer les dirigeants de Satram (…) et se présenter dans les coulisses du ministre de la Justice et ses collaborateurs comme un “cheval blanc corse“.» Le site d’information va plus loin, révélant que selon les services secrets français ayant informé les Marocains, «les corses ont besoin d’une machine de blanchiment d’argent puissante», vu que «l’étau se resserre sur leurs activités avec les nouvelles lois sur le blanchiment». Opérant dans la logistique, Satram est la structure la mieux indiquée. «La mafia a déjà nommé la compagne Algérienne de Tarik Jakhoukh comme directeur», annonce le journal en ligne. Fils déshérité de Lahcen Jakhoukh, défunt fondateur du groupe Satram, celui-ci serait l’époux de ladite Algérienne, au demeurant «belle-sœur de Jean Baptiste Tomi, fils de Michel et dirigeant actuel du groupe Corse», précise Afriquenation.info.

Des rumeurs insistantes rapportent en tout cas que la mafia corse souhaite faire basse «sur le groupe (Satram, ndlr) et son instrument de travail». Ceci expliquerait-il les obstacles dressés sur la voie du redressement judiciaire de l’entreprise ? On note, par exemple, que Satram a été contraint de payer 2 milliards de francs à l’État gabonais, au motif que la société a trempé dans des malversations financières dans le cadre des fêtes tournantes (lire «Les vérités de Mustapha Aziz»). Dans le même temps, l’ancien directeur de Satram Ait Ben Ali, présenté comme le «champion des détournements», a dernièrement recouvré la liberté. Ce dernier avait été placé sous mandat de dépôt en février 2017 dans le cadre d’une opération «mains propres» lancée par Ali Bongo. Une succession d’éléments intervenus durant la convalescence du président gabonais.

«Les dirigeants et actionnaires de Satram ont saisi les hautes sphères du pouvoir dans les deux pays en criant au scandale. Des enquêtes ont été diligentées par le Maroc et le Gabon. Des voix aussi au Gabon s’élèvent pour dénoncer ce hold-up sur une société citoyenne qui honore les deux pays et qu’on cherche à liquider en l’absence du chef de l’Etat (Ali Bongo, ndlr)», relaie afriquenation.info. Une sombre affaire dans laquelle l’intervention des autorités compétentes est vivement souhaitée, dans un contexte où le Gabon est très mauvais élève en matière de protection des investisseurs et du climat des affaires, notamment.



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