La saison inaugurale de Ligue africaine de basket reportée à cause du coronarovirus

La saison inaugurale de la Ligue africaine de basket (BAL), qui devait débuter le 13 mars à Dakar, a été reportée à une date ultérieure en raison de la propagation du coronarovirus, a annoncé mardi la NBA, partenaire de cette nouvelle compétition.

« Suite à la recommandation du gouvernement sénégalais, concernant l’escalade des problèmes de santé liés au coronavirus, la saison inaugurale de la BAL est reportée », a indiqué son président, Amadou Gallo Fall, cité dans le communiqué de la NBA.

« Je suis déçu que nous ne soyons pas en mesure de donner le coup d’envoi de cette ligue historique comme prévu, mais nous nous réjouissons du lancement très attendu de la BAL à une date ultérieure », a-t-il ajouté, sans donner plus de précision.

Cette annonce intervient au lendemain de la confirmation par le Sénégal de son premier cas d’infection au nouveau coronavirus. L’Egypte, le Maroc et le Nigeria ont également enregistré leurs premiers cas ces derniers jours.

La saison régulière de la Ligue africaine de basket, qui bénéficie du concours de la Fédération internationale de basket (FIBA) et de la NBA, doit se dérouler, outre au Sénégal, également en Egypte, au Maroc, au Nigeria, mais également en Angola et en Tunisie. Le Rwanda accueillera les play-offs et les finales.

Douze clubs sont engagés: Zamalek (Egypte), l’Association Sportive de Salé (Maroc), Rivers Hoopers Basketball Club (Nigeria), l’Association Sportive des Douanes (Sénégal), le Clube Atlético Petroleos de Luanda (Angola), le Groupement Sportif des Pétroliers (Algérie), le club Forces Armées et Police Basketball (Cameroun), le club Gendarmerie Nationale Basketball Club (Madagascar), l’Association Sportive de la Police Nationale (Mali), Ferroviario de Maputo (Mozambique), l’Union Sportive Monastirienne (Tunisie) et les Patriots de Kigali (Rwanda).

Happy hours, croquettes et politique, la super beuverie du « Super Tuesday »

Les yeux rivés sur les chaînes d’information en continu, les clients de ce bar de Washington proche du Capitole, des assistants parlementaires, consultants ou lobbyistes souvent accros à la politique, font du « Super Tuesday » une orgie de cocktails, de friture et de résultats électoraux.

Un isoloir au rideau rouge et blanc comme les bandes du drapeau américain permet de voter en toute discrétion pour les offres spéciales du menu. A saisir ce mardi: une réduction de deux dollars sur les plateaux de « tater tots », des croquettes de pommes de terre frites, et deux cocktails pour le prix d’un après 17H00.

Assises devant l’écran géant installé sur la terrasse en cette douce soirée d’hiver, Maggie Kiney et Libby King, deux consultantes en affaires publiques, attendent fébrilement que tombent les premières estimations du « Super Tuesday », une journée toujours cruciale aux Etats-Unis dans la course à l’investiture pour l’élection présidentielle.

« C’est une occasion incroyable de voir le processus démocratique en action », s’enthousiasme Libby, 26 ans, en vidant le pichet de bière qu’elles partagent.

« Le parti démocrate est à un tournant. Les enjeux sont énormes », renchérit Maggie, 33 ans, dont la soirée s’annonce chargée. « On boit, on mange des ailes de poulet et on surveille Twitter de près ».

Jusqu’à la fermeture des bureaux de vote à l’autre bout du pays, en Californie? « Peut-être pas, il faut bien aller travailler demain matin ».

– Super Boozeday –

Ouvert en 1995 à quelques encablures de l’imposant Capitole, siège du Congrès américain, l’Union Pub est vite devenu à Washington une adresse incontournable pour les « junkies » de la politique.

A l’automne dernier, alors que la capitale américaine était entièrement suspendue au parcours de son équipe de baseball, les Nationals, le bar était peut-être le seul dans la ville à brancher ses télés sur un débat entre prétendants démocrates à la Maison Blanche plutôt que les play-offs du championnat.

Ses gérants ont donc décidé, pour le 25e anniversaire de l’établissement, d’organiser une série de soirées à thème sur la campagne présidentielle.

Les festivités ont commencé début février pour le premier vote de la primaire démocrate dans l’Iowa — avec quelques spécialités du coin, « corn dogs » (beignets de saucisses) et « deep-fried Oreos » (des biscuits au chocolat… frits) — et se poursuivront jusqu’aux conventions estivales des deux grands partis.

Sous le regard approbateur d’Abraham Lincoln, esquissé sur un mur avec une bière à la main, le bar propose pour ce « Super Tuesday » une journée spéciale « Super Boozeday » (super beuverie), un marathon éthylo-électoral.

« Le téléphone n’arrête pas de sonner depuis ce matin, les gens veulent savoir si on montre les directs », souffle un barman entre deux commandes, alors que débarquent en masse des jeunes bien apprêtés.

– « Biden à la rigueur » –

« C’est un endroit à part », confirme l’un d’eux, stagiaire au Congrès de 26 ans, qui préfère ne pas dire son nom afin de ne pas engager la personne auprès de laquelle il travaille.

« Les résultats de ce soir seront une rampe de lancement pour les mois à venir, qui auront un impact (avec la présidentielle) non seulement sur les Etats-Unis, mais sur le reste du monde », se contente-t-il d’analyser dans son costume-cravate, sans donner de préférence pour les candidats en lice.

Liz Amber, 21 ans, penchait elle plutôt pour Pete Buttigieg avant que le trentenaire, révélation du début de campagne côté démocrate, ne la quitte brusquement dimanche pour se ranger derrière l’ancien vice-président Joe Biden, candidat modéré le mieux placé pour battre Bernie Sanders, au programme très à gauche.

« J’ai du mal à me décider du coup, personne ne m’enthousiasme vraiment », témoigne la jeune femme en attendant ses amis. « Biden à la rigueur… »

Et Sanders? « Je ne suis pas socialiste. C’est quelqu’un de très polarisant, un révolutionnaire beaucoup trop à gauche », tranche-t-elle.

Sous perfusion des « breaking news » de CNN pendant que tombent goutte-à-goutte, au fil des fuseaux horaires, les résultats des 14 Etats votant mardi à travers le pays, les clients finiront la soirée par un quiz spécial « Super Tuesday ». Jusqu’à plus soif, mais sans jamais être saoulés de politique.

Primaire démocrate: à Los Angeles, les fans d’Elizabeth Warren ne désarment pas

Elizabeth Warren a beau être en difficulté dans la primaire démocrate, cela n’a pas empêché ses fans inconditionnels de donner mardi leur bulletin à la seule femme ayant encore une chance, à leurs yeux, de peser dans l’élection présidentielle face au président Donald Trump.

« C’était vraiment super de voter pour elle aujourd’hui. Je sais que ça n’a pas l’air de bien se présenter, mais j’ai encore confiance », déclare à l’AFP Tricia Reilly, 41 ans, malgré le fait que la sénatrice du Massachusetts n’est encore jamais arrivée à se placer dans le duo de tête depuis le début des primaires du parti démocrate.

« J’aimerais que ma mère puisse vivre assez longtemps pour voir ça. Avec cette ambiance et particulièrement en réaction à Trump, choisir une femme serait quelque chose de fort », ajoute, à sa sortie du bureau de vote, cette rédactrice spécialisée dans la pop culture qui arbore un pull bleu floqué du slogan de Mme Warren.

ELizabeth Warren était en tête de plusieurs sondages jusqu’en octobre dernier mais n’a cessé de perdre du terrain depuis le début des primaires le mois dernier.

Après le retrait, tôt dans la course à l’investiture, de l’élue de Californie Kamala Harris, celui lundi de la modérée Amy Klobuchar et alors que Tulsi Gabbard reste une candidate ultra-minoritaire, Mme Warren fait figure du dernier espoir féminin pour de nombreux habitants de Los Angeles.

« Je cherche une femme forte capable d’incarner les valeurs des femmes », assure Danielle, 31 ans, employée d’une ONG.

« C’est la plus brillante. Tant qu’elle restera sur mon bulletin, je voterai pour elle », ajoute Mitchell Stubbs, 59 ans, qui votait à Playa Del Rey, près de Los Angeles.

Certains partisans de Mme Warren estiment que même si elle ne décroche pas l’investiture démocrate, les votes qu’elle aura récoltés dans les quatorze Etats votant pour ce « Super Tuesday », lui permettront de continuer à peser dans la campagne et à promouvoir ses idées.

« Les gens disent +Oh, je ne sais pas si elle peut gagner alors je vais voter pour quelqu’un d’autre+. Mais si tous ceux qui ont dit ça avaient voté pour elle, elle aurait encore ses chances », s’agace Tiffany Fordham, consultante de 41 ans.

Certains électeurs disent pourtant avoir fait un choix de raison, délaissant Elizabeth Warren pour le « socialiste » autoproclamé Bernie Sanders ou son adversaire modéré Joe Biden.

« Je prévoyais de voter pour Mme Warren et ma fille a voté pour elle. Mais après le retrait de Pete Buttigieg et d’Amy Klobuchar, j’ai décidé de voter pour Joe Biden, mon second choix », explique Michael Mayhew, 57 ans, qui travaille dans le cinéma.

Comme beaucoup d’autres Californiens, Michael Mayhew votera à l’issue des primaires pour le candidat démocrate, quel qu’il soit, afin de vaincre Donald Trump.

« En novembre, je ferai ce qui sera nécessaire. Aujourd’hui, je vote avec mon coeur », lance Tricia Reilly.

USA: 23 morts dans de violentes tornades dans le Tennessee

Au moins 23 personnes sont mortes lorsque de violentes tornades ont frappé le Tennessee, notamment la région de Nashville, la capitale de la musique country aux Etats-Unis, provoquant mardi de nombreux dégâts.

Le président Donald Trump, qui a dit prier « pour tous ceux affectés par les tornades dévastatrices », a annoncé qu’il se rendrait dans cet Etat du sud-est du pays vendredi.

Les tornades ont frappé dans la nuit de lundi à mardi, quelques heures avant l’ouverture des bureaux de vote pour le « Super Tuesday », étape déterminante des primaires démocrates concernant 14 Etats américains, dont le Tennessee.

Les secours s’activaient toujours à la recherche de rescapés et de personnes disparues, a affirmé mardi à l’AFP un responsable de l’Agence de gestion des urgences du Tennessee (TEMA). Le bilan des tempêtes, jusqu’ici de 23 personnes décédées, risque donc de s’alourdir.

– Maisons éventrées –

Les tornades « ont traversé le Tennessee, endommageant gravement des bâtiments, des routes, des ponts » dans plusieurs comtés, selon TEMA.

Toits effondrés, fenêtres brisées: le centre-ville de « Music City », comme est surnommée Nashville, passage obligé pour les amateurs de country avec ses bars, ses concerts et son ambiance festive, a été touché. Des débris jonchaient plusieurs rues, selon les images diffusées par les médias locaux, et une quarantaine de bâtiments ont été détruits d’après les autorités.

Partout où les tornades sont passées, des arbres et des poteaux électriques ont été arrachés et des maisons éventrées.

« Je crois que j’ai de la chance d’être vivant et je dois encore digérer » ce qui s’est passé, a dit à la télévision locale WTVF un résident dont la voiture a été écrasée par un panneau.

Plusieurs hangars de l’aéroport John Tune à Nashville ont été détruits. Des images de la police de la ville montraient des avions endommagés, quasiment encastrés les uns dans les autres, et de la tôle sur les pistes.

Les coupures de courant affectaient plus de 70.000 clients mardi selon TEMA, et les écoles publiques de Nashville ont annoncé qu’elles resteraient fermées mercredi.

« Nashville souffre, et notre communauté a été dévastée », a tweeté le maire, John Cooper.

Il y a un an jour pour jour, de puissantes tornades avaient fait au moins 23 morts et causé d’importants dégâts matériels dans l’Etat de l’Alabama, dans le sud du pays.

– Jour de scrutin –

En raison des tornades dans le Tennessee, les bureaux de vote pour le « Super Tuesday » démocrate ont ouvert une heure plus tard que prévu dans les zones affectées.

Mais « la grande majorité des lieux (dédiés) sont ouverts et fonctionnent normalement », a indiqué le gouvernement local.

« J’ai mal au coeur pour les victimes et leurs familles. Courage, Nashville », a tweeté la sénatrice démocrate Elizabeth Warren, tandis que Mike Bloomberg, autre candidat à l’investiture démocrate, disait observer les évènements « le coeur lourd ».

La superstar de la pop Taylor Swift, qui a fait du Tennessee son Etat d’adoption, a dit dans un tweet envoyer « son amour et ses prières » à toutes les personnes affectées.

Et l’un des grands noms d’Hollywood, Reese Witherspoon, qui a grandi à Nashville, a dit avoir « le coeur brisé ». « Je prie pour les familles qui ont perdu des êtres chers. Restez à l’abri s’il vous plaît », a tweeté l’actrice, qui a appelé son troisième enfant Tennessee.

Afghanistan: Trump s’entretient avec un dirigeant taliban et se dit confiant

Le président des Etats-Unis Donald Trump s’est entretenu mardi par téléphone avec le chef politique des talibans, évoquant une « longue » et « bonne » conversation, quelques jours après la signature d’un accord historique devant aboutir au retrait des troupes américaines d’Afghanistan.

Cet échange direct entre le locataire de la Maison Blanche et le mollah Abdul Ghani Baradar intervient alors que les insurgés ont repris leur offensive contre les forces afghanes.

Ces attaques contre des bases militaires, intervenues à l’issue de neuf jours de trêve partielle, suscitent des interrogations sur la stratégie des talibans et leur volonté réelle de discuter avec le gouvernement de Kaboul.

S’il est resté évasif sur le fond, le président américain a affiché son optimisme sur la suite du processus. « Nous avons eu une très bonne conversation », a-t-il déclaré depuis les jardins de la Maison Blanche.

Interrogé sur le fait de savoir si cet échange téléphonique avec le mollah Baradar, principal négociateur du processus de Doha, était le premier, M. Trump a refusé de se prononcer mais insisté sur la teneur positive de leur conversation.

« Ma relation avec le mollah est très bonne », a-t-il affirmé. « Ils veulent mettre fin à la violence », a-t-il poursuivi.

« Je pense que nous avons tous un intérêt commun », a-t-il encore dit, se félicitant une nouvelle fois de l’accord conclu à Doha. « Nous sommes là-bas depuis 20 ans. D’autres présidents ont essayé et ils n’ont pas réussi à obtenir ce type d’accord ».

– Libération de 5.000 prisonniers? –

La diminution des combats avait été imposée par Washington aux insurgés en tant que préalable à un accord signé samedi à Doha, dans lequel les Etats-Unis se sont engagés à un retrait complet des troupes étrangères d’Afghanistan dans les 14 mois en échange de garanties des rebelles.

Parmi celles-ci, les talibans ont accepté de participer à un dialogue inter-afghan avec le gouvernement afghan, son opposition et la société civile afin de tenter de s’entendre sur l’avenir du pays. Ces pourparlers doivent démarrer le 10 mars.

Selon un communiqué publié par les insurgés, M. Baradar a demandé à M. Trump de « prendre des mesures claires » concernant le retrait des troupes étrangères d’Afghanistan.

Le Pentagone a reconnu lundi qu’il ne s’attendait par à arrêt total des violences. « Je mets en garde les gens qui pensent qu’il y aura une cessation absolue des violences en Afghanistan », a déclaré le général Mark Milley, après un attentat ayant fait trois morts dans l’est du pays.

Autre complication, le président afghan a rejeté dimanche l’un des principaux points de l’accord signé samedi à Doha par Washington et les insurgés: la libération de jusqu’à 5.000 prisonniers talibans en échange de celle de jusqu’à 1.000 membres des forces afghanes détenus par les rebelles.

Dans son échange avec M. Trump, M. Baradar a, selon la transcription du groupe, demandé à Trump de « ne laisser personne prendre des mesures qui enfreignent les termes de l’accord ».

Les talibans font désormais de cette mesure un préalable à tout démarrage des discussions inter-afghanes, a déclaré mardi à l’AFP Suhail Shaheen, porte-parole du groupe.

Togo: les résultats officiels confirment la réélection de Faure Gnassingbé avec 70% des voix

La Cour constitutionnelle togolaise a déclaré mardi le président sortant Faure Gnassingbé officiellement réélu pour un quatrième mandat de cinq ans, avec un peu plus de 70% des voix, rejetant le recours d’un opposant qui conteste un scrutin entaché de graves irrégularités.

M. Gnassingbé a obtenu 70,78% des suffrages exprimés, contre 19,46% pour l’opposant et ancien Premier ministre Agbéyomé Kodjo, selon les résultats définitifs de l’élection présidentielle du 22 février proclamés par la Cour constitutionnelle.

L’ex-chef de file de l’opposition historique Jean Pierre Fabre, président de l’Alliance nationale pour le changement (ANC), n’a recueilli que 4,68% des voix.

« Ayant obtenu la majorité absolue des suffrages exprimés au premier tour du scrutin, Monsieur Faure Gnassingbé doit être déclaré élu président de la République », a annoncé Aboudou Assouma, le président de la Cour constitutionnelle.

La Cour constitutionnelle a également annulé le recours de M. Kodjo, président du Mouvement patriotique pour la démocratie et le développement (MPDD), déposé la semaine dernière, pour « défaut de preuves susceptibles d’étayer ses allégations ».

« Je conteste de toutes les forces ces résultats. Je considère que je suis le vainqueur légitime de cette élection. Je continuerai à réclamer ma victoire », a affirmé à l’AFP le candidat malheureux, qui s’était déclaré vainqueur avant la proclamation des résultats provisoires.

Dans son recours déposé devant la Cour, l’opposant dénonçait de « graves irrégularités », notamment des bourrages d’urnes, l’usage abusif des bulletins pré-votés, la falsification des résultats et le renvoi de ces délégués des bureaux de vote.

Les évêques du Togo, soutiens du MPDD, ont dénoncé lundi le manque de « transparence » et d' »équité » de ce scrutin présidentiel.

Cette élection s’est globalement déroulée « dans un climat relativement apaisé. Mais pour ce qui concerne la transparence et l’équité du scrutin, on ne peut en dire autant », ont affirmé les évêques dans un communiqué.

Ni la France, ancienne puissance coloniale et allié historique de la famille Gnassingbé, au pouvoir depuis plus d’un demi-siècle, ni l’Union européenne n’ont fait de commentaire à la suite de cette dernière élection présidentielle.

De leur côté, les Etats-Unis se sont dit « préoccupés par les efforts d’observation limités » et invitait la Commission électorale à publier « les résultats bureau de vote par bureau de vote » pour plus de transparence.

M. Gnassingbé, arrivé au pouvoir en 2005 après le décès de son père, le général Gnassingbé Eyadéma, qui avait lui-même dirigé le Togo pendant 38 ans, a été réélu depuis lors de scrutins tous contestés par l’opposition.

A Lesbos, les ONG prises pour cibles par des groupes « fascistes »

Plusieurs ONG ont annoncé mardi avoir suspendu leur travail auprès des réfugiés, après la multiplication d’attaques et de menaces sur l’île grecque de Lesbos, où des dizaines de migrants, arrivés en masse ces derniers jours, se trouvaient sans toit sur le port de Mytilène.

Proche des côtes turques, Lesbos a vu une recrudescence des arrivées de migrants depuis que la Turquie a ouvert ses frontières en fin de semaine dernière. Quelque 1.720 migrants ont rejoint les îles de la mer Égée en quatre jours, de source gouvernementale, s’ajoutant au 38.000 exilés déjà présents sur ces territoires grecs.

La tension est montée d’un cran sur l’île de Lesbos, où la situation a déjà atteint un point de rupture avec plus de 19.000 personnes vivant dans des conditions misérables dans un camp prévu pour moins de 3.000 personnes.

Exaspérés de porter le fardeau d’un système d’asile européen qu’ils jugent défaillant, les insulaires protestent contre l’arrivée de nouveaux exilés et réclament la décongestion de leur île.

Le mécontentement s’est transformé en violence ces derniers jours, ciblant notamment des travailleurs sociaux et perturbant leur capacité à aider les réfugiés, selon plusieurs ONG basées sur l’île.

« Quand la nuit tombe, il y a sans arrêt des attaques contre des membres d’ONG, des personnes venues ici en tant que bénévoles », a indiqué Douglas Herman, co-fondateur de l’organisation Refocus, qui donne des cours aux réfugiés.

– Les bénévoles quittent l’île –

La police, taxée d’inaction dans ces incidents, a ouvert une enquête après « plusieurs dénonciations d’attaques envers des individus et des voitures » sur l’île, a-t-on appris de source policière.

« La plupart des organisations ont décidé de suspendre leurs opérations, certaines indéfiniment. Plusieurs ONG ont demandé à leurs équipes de quitter l’île », a expliqué M. Herman à l’AFP, ajoutant que les six membres de son équipe étaient sur le départ.

La violence est le fait de mobilisations « fascistes », a-t-il fustigé, décrivant des routes coupées à travers l’île, avec des attaques ou des menaces d’automobilistes.

« Des personnes avec des chaînes frappent les véhicules et essayent d’atteindre les personnes à l’intérieur avec des les bouts de verre cassés », a indiqué M. Herman.

Plusieurs membres de l’ONG néerlandaise Boat Refugee Foundation, qui dispense des soins médicaux dans le camp insalubre de Moria, ont été « attaqués » par des insulaires dimanche.

« Leurs voitures ont été frappées avec des barres de fer », a relaté un porte-parole à l’AFP, estimant que les assaillants étaient « un groupe d’extrême droite qui veut empêcher les ONG de faire leur travail à Lesbos et dissuader d’autres réfugiés d’arriver ».

Lundi soir, l’équipage du Mare Liberum, un bateau observatoire des droits de l’Homme qui navigue en mer Égée, a indiqué avoir été attaqué par « un groupe de fascistes », alors qu’il était amarré au port de l’île.

« Ils ont crié, nous ont menacés et ont balancé de l’essence sur notre pont! », a écrit l’organisation sur Twitter.

– Camp improvisé sur le port –

Adrian Kok, président de Connect by Music, qui dispense des cours de musique aux réfugiés, a informé l’AFP que tous leurs bénévoles expatriés étaient renvoyés à Athènes tandis que les locaux avaient cessé de travailler.

Faute de prise en charge, plusieurs dizaines de migrants arrivés ces derniers jours passeront une nouvelle nuit sur le port de Mytilène où un campement a été improvisé.

Des centaines de demandeurs d’asile hébergés au camp de Moria sont descendus sur le port après avoir entendu dire qu’un bateau emmènerait les migrants sans toit vers le continent. Ils ont été repoussés par la police et le navire n’est pas arrivé.

« Tous ceux qui débarquent sur les îles seront systématiquement envoyés sur le continent par des bateaux affrétés spécialement, avant d’être renvoyés dans leur pays », a déclaré Haralambos Athanasiou, député de la Nouvelle Démocratie pour Lesbos.

Tous les associations ne partent pas pour autant. « Nous n’avons pas l’intention de partir », a annoncé le coordinateur médical de Médecins du Monde à Lesbos, Dimitris Patestos, ajoutant qu’ils allaient « continuer d’aider des gens dans le besoin ».

Il y a « de la peur et de l’insécurité » au sein de l’équipe mais l’organisation n’a jamais eu de problèmes avec la communauté locale, a-t-il ajouté.

Barrage sur le Nil: l’Ethiopie fustige une médiation américaine « non-diplomatique »

L’Ethiopie a qualifié mardi de « non-diplomatiques » les efforts américains de médiation entre Addis Abeba et Le Caire au sujet de l’immense barrage éthiopien sur le Nil, mais s’est engagé à poursuivre les négociations.

Appelé à devenir la plus grande installation hydroélectrique d’Afrique, le Grand barrage de la Renaissance (Gerd) que l’Ethiopie construit sur le Nil Bleu (qui rejoint au Soudan le Nil Blanc pour former le Nil) est une source de forte tensions avec l’Egypte depuis 2011.

Après neuf années de blocage, les Etats-Unis sont intervenus dans les négociations à la demande du Caire, leur proche allié et, depuis novembre 2019, le Trésor américain parraine, avec la Banque mondiale des discussions entre Ethiopie, Egypte et Soudan, également situé en aval du barrage.

Fin février, le Trésor américain a affirmé dans un communiqué qu’un accord avait été trouvé et exhorté l’Ethiopie à le signer « le plus rapidement possible ».

Addis Abeba, qui n’avait pas voulu participer au dernier cycle de négociations en date, a ensuite exprimer sa « déception ».

Cependant, mardi, le ministre éthiopien des Affaires étrangères Gedu Andargachew a assuré au cours d’une conférence de presse que son pays poursuivrait les discussions sous parrainage américain, mais a averti Washington de ne pas précipiter le processus ou tenter d’influer sur le résultat.

« Nous considérons le récent communiqué américain non diplomatique », a déclaré M. Gedu. « Nous voulons que les Américains jouent un rôle constructif. Tout autre rôle est inacceptable (…) Si les Américains exercent des pressions, cela doit être sur toutes les parties, pas seulement sur nous ».

L’Ethiopie estime le Gerd essentiel pour son développement économique, alors que l’Egypte – dont l’irrigation et l’eau potable dépendent à 90% du Nil – le considère comme une menace vitale.

Le Caire s’inquiète de son impact sur le débit du fleuve, en premier lieu en cas de remplissage trop rapide du réservoir – qui peut contenir 74 milliards de m3 d’eau.

Selon le Trésor américain, ce remplissage « ne devrait pas avoir lieu sans accord » entre les trois pays, mais l’Ethiopie a affirmé qu’elle l’entamerait « en parallèle » à la construction du barrage, alors que la date de futures discussions reste indéterminée.

Mardi, le ministre éthiopien de l’Eau Seleshi Bekele a précisé à l’AFP que le remplissage du réservoir pourrait commencer au début de la prochaine saison des pluies, en juin.

Selon William Davison, analyste en charge de l’Ethiopie pour le centre de réflexion International Crisis Group (ICG), le communiqué américain sous-entend qu’un début de remplissage du réservoir sans accord « violerait le principe de droit international de ne pas causer de dommage significatif aux nations en aval ».

« L’Ethiopie est en désaccord avec ça et a raison d’être inquiète » mais « il n’est pas évident que les Etats-Unis ont l’intention de faire appliquer cette position et il est plus que probable que les négociations se poursuivent d’une façon ou d’une autre », a-t-il ajouté.

Face au coronavirus, le CIO répète sa confiance dans la « réussite » des JO de Tokyo

En pleine crise du coronavirus et à moins de cinq mois des Jeux olympiques de Tokyo-2020, le Comité olympique international (CIO), par la voix de son président Thomas Bach, s’est de nouveau voulu rassurant mardi, réitérant sa « confiance » dans des JO de Tokyo « réussis ».

Malgré un bilan de l’épidémie de coronavirus qui dépasse les 3.000 morts et l’annulation ou le report de nombreux événements sportifs internationaux, notamment en Asie, berceau du virus, le CIO n’évoque officiellement ni annulation, ni report, encore moins de plan-B.

Les JO-2020 sont programmés du 24 juillet au 9 août.

« Le CIO réaffirme son total engagement à assurer le succès des Jeux olympiques de Tokyo-2020 », a déclaré M. Bach, reprenant devant de nombreux médias et télévisions les termes d’un communiqué publié peu avant.

« Nous restons très confiants dans la réussite des JO de Tokyo », a ajouté le patron du CIO, en marge d’une réunion de deux jours de la Commission exécutive qui se refermera mercredi soir.

Le patron allemand de l’instance n’a répondu à aucune question et n’a absolument pas fait référence aux propos de la ministre japonaise des Jeux olympiques qui a indiqué mardi que le Japon risque d’être privé des JO s’il les reporte au-delà de l’année 2020 du fait de l’épidémie de coronavirus.

Seiko Hashimoto a précisé devant le Parlement qu’elle faisait référence au contrat conclu entre Tokyo, le Comité olympique japonais et le CIO. Elle a également précisé que fin mai serait crucial pour prendre une décision.

Vendredi déjà, M. Bach avait tenu le même discours rassurant auprès des médias japonais, en déclarant que le CIO « est totalement déterminé à la tenue de JO couronnés de succès à Tokyo ».

Un autre membre éminent du CIO, le Canadien Dick Pound, avait indiqué plus tôt à l’AFP que le CIO n’envisagerait pas de reporter ou d’annuler les JO de Tokyo tant que l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) ne l’aura pas invité à le faire.

– « test-events » à huis clos? –

Mais le temps presse. Sportifs comme fédérations internationales s’interrogent non seulement sur la tenue des JO mais aussi sur celle d’une quinzaine de « test-events » qui doivent encore se tenir au Japon avant l’ouverture des JO.

Ainsi, des « test-events » de gymnastique, natation, cyclisme ou encore voile sont-ils programmés. Et selon certaines fédérations, ces épreuves qui doivent encore distribuer des quotas qualificatifs pour les JO, pourraient se tenir à huis clos.

Interrogée par l’AFP, l’Union cycliste internationale (UCI) qui doit organiser au Japon des épreuves sur piste et de BMX avant les JO, a indiqué qu’elle « évalue la situation et prendra une décision très vite ».

S’adressant aux sportifs, M. Bach a ajouté que le CIO « encourage tous les athlètes à continuer à se préparer pour les JO de Tokyo-2020 ».

Ce dernier a également rappelé qu’un groupe de travail avait été constitué à la mi-février, comprenant le CIO, le Comité d’organisation des JO de Tokyo-2020, la ville de Tokyo, le gouvernement nippon et l’Organisation mondiale de la Santé (OMS).

« Le CIO apprécie et soutient les mesures prises, qui constituent une part importante du plan de Tokyo pour accueillir des Jeux sûrs et sans danger », a souligné l’instance.

« Nous poursuivrons cette consultation régulière avec le groupe de travail afin de pouvoir répondre à tout nouveau développement », a ajouté M. Bach.

– Tokyo par visioconférence –

Les conséquences de la crise du coronavirus doivent de nouveau être abordées mercredi dans le rapport que dresseront par visioconférence le Comité d’organisation des JO de Tokyo et le président de la Commission de coordination, l’Australien John Coates.

Les JO de Paris sont également au programme, la Commission exécutive devant formellement valider mardi après-midi le choix de Tahiti pour le surf et du site de la Concorde à Paris pour plusieurs sports urbains.

Tony Estanguet, président du Comité d’organisation de Paris-2024, attendu initialement à Lausanne, a finalement été invité à s’exprimer par visioconférence depuis Paris. Dans le contexte de la crise du coronavirus, cette décision « s’inscrit dans le cadre des recommandations du CIO de limiter les déplacements », a indiqué l’instance à l’AFP.

USA: au moins 19 morts dans de violentes tornades dans le Tennessee

Au moins 19 personnes sont mortes lorsque de violentes tornades ont frappé le Tennessee, notamment la région de Nashville, la capitale de la musique country aux Etats-Unis, provoquant de nombreux dégâts et privant des dizaines de milliers de personnes de courant.

Les secours s’activaient toujours à la recherche de rescapés et de personnes disparues, a affirmé mardi à l’AFP un responsable de l’Agence de gestion des urgences du Tennessee (TEMA). Le bilan des tempêtes qui ont frappé cet Etat du sud-est du pays dans la nuit risque donc de s’alourdir.

Des tornades « ont traversé le Tennessee, endommageant gravement des bâtiments, des routes, des ponts » dans plusieurs comtés, selon TEMA.

Toits effondrés, fenêtres brisées: le centre-ville de « Music City », comme est surnommée Nashville, passage obligé pour les amateurs de country, a été touché. Morceaux de tôle et débris jonchaient plusieurs rues, selon les images diffusées sur les médias locaux. Une quarantaine de bâtiments ont été détruits, d’après les autorités.

Partout où les tornades sont passées, des arbres et des poteaux électriques ont été arrachés et des maisons éventrées.

« Je crois que j’ai de la chance d’être vivant et je dois encore digérer » ce qui s’est passé, a dit à la télévision locale WTVF un résident dont la voiture a été écrasée par un panneau.

Les coupures de courant affectaient 47.000 clients mardi matin, selon Nashville Electric.

« Nashville souffre, et notre communauté a été dévastée », a tweeté le maire, John Cooper.

« Dans les heures à venir, nous allons continuer à déployer des équipes de recherche et de secours, à ouvrir des abris à travers l’Etat et à envoyer du personnel d’urgence aux communautés les plus durement frappées », a dit sur Twitter le gouverneur Bill Lee.

– Jour de scrutin –

Ces tornades ont frappé quelques heures avant l’ouverture des bureaux de vote dans 14 Etats américains dont le Tennessee pour le « Super Tuesday », étape déterminante des primaires démocrates aux Etats-Unis.

Les bureaux ont ouvert une heure plus tard que prévu dans les zones affectées, selon un responsable local.

D’après le maire John Cooper, une quinzaine de bureaux de vote, soit moins de 10% du total, ont été affectés par la tempête.

« J’ai mal au coeur pour les victimes et leurs familles. Courage, Nashville », a tweeté la sénatrice démocrate Elizabeth Warren, tandis que Mike Bloomberg, autre candidat à l’investiture démocrate, disait observer les évènements « le coeur lourd ».

La star hollywoodienne Reese Witherspoon, qui a grandi à Nashville, a elle dit avoir « le coeur brisé ». « Je prie pour les familles qui ont perdu des êtres chers. Restez à l’abri s’il vous plaît », a tweeté l’actrice, dont le troisième enfant s’appelle Tennessee.