Algérie/corruption: peines sévères requises en appel contre d’ex- dirigeants

La justice algérienne a requis jeudi de lourdes peines de prison à l’encontre d’anciens hauts dirigeants politiques, dont deux ex-Premiers ministres, et d’hommes d’affaires jugés pour corruption par la cour d’appel d’Alger.

Au coeur de ce procès figurent un scandale majeur dans l’industrie du montage automobile et, au delà, le financement illégal de la campagne électorale pour le cinquième mandat présidentiel d’Abdelaziz Bouteflika, poussé en avril 2019 à la démission sous la pression d’un mouvement de contestation inédit dans le pays.

C’est la première fois depuis l’indépendance de l’Algérie en 1962 que sont jugés des dirigeants de ce rang. Il s’agit en outre du premier procès consécutif aux enquêtes lancées après la démission d’Abdelaziz Bouteflika.

Comme au procès en première instance en décembre, le procureur a réclamé 20 ans de prison ferme contre les deux principaux inculpés, Ahmed Ouyahia et Abdelmalek Sellal, ex-chefs de gouvernement de M. Bouteflika, ainsi qu’une peine de 15 ans de prison ferme contre deux ex-ministres de l’Industrie, Mahdjoub Bedda et Youcef Yousfi, selon un journaliste de l’AFP sur place.

Il a en outre requis 10 ans de prison ferme contre Ali Haddad, ex-président de la principale organisation patronale algérienne FCE et PDG du n°1 privé du BTP, considéré comme l’un des principaux financiers des dernières campagnes électorales de M. Bouteflika.

Et 10 ans contre deux autres hommes d’affaires, Ahmed Mazouz et l’ex-vice-président du FCE, Mohamed Baïri, tous deux propriétaires d’usines de montage de véhicules.

Le procureur a réclamé la confiscation de l’ensemble des biens des accusés, qui étaient présents au tribunal.

Depuis dimanche, au total une vingtaine de personnalités -ex-responsables politiques, puissants patrons et hauts fonctionnaires- sont jugées en appel.

Ces personnalités sont poursuivies pour le financement « occulte » de la dernière campagne électorale de M. Bouteflika, début 2019, et pour favoritisme dans l’industrie automobile via des partenariats entre marques étrangères et grands groupes algériens, souvent propriétés d’hommes d’affaires liés à l’entourage de l’ex-président.

Les groupes agréés par les autorités ont bénéficié d’importantes subventions et de substantiels avantages fiscaux, malgré un cahier des charges rarement respecté.

« Les usines de montage sont des ateliers de gonflage de pneus tandis que de simples commerçants sont devenus des industriels », a accusé le représentant du ministère public dans son réquisitoire.

En première instance, M. Ouyahia, 67 ans avait écopé de 15 ans de prison, et M. Sellal, 71 ans, de 12 ans. Mahdjoub Bedda et Youcef Yousfi avaient été condamnés à 10 ans d’emprisonnement et l’industriel Ali Haddad à sept ans.

Les principaux accusés ont rejeté les charge retenues contre eux.

Cinq accusés en fuite ont été condamnés par contumace et ne sont pas rejugés.

Gabon : Ali Akbar Onanga Y’Obegue regagne les rangs du PDG

Le président de la Commission permanente de discipline du Parti démocratique gabonais (PDG) a annoncé mercredi la réhabilitation de quatre militants qui avaient été exclus en 2019 pour indiscipline.

L’ancien membre du bureau politique et  députe du 1er siège du département de la Lekoni-Lekori, Ali Akbar Onanga vient d’être réhabilité dans son statut de militant du Parti démocratique gabonais (PDG) par le président du PDG, Ali Akbar Onanga. Cette décision intervient près de sept mois après l’exclusion de l’ancien ministre des rangs du parti dont il était l’une des têtes de prou dans sa localité.

Dans sa décision d’exclusion, le secrétariat exécutif du PDG reprochait au cadre une déclaration faite sur sa page Facebook, au lendemain de la tournée de l’ancien Directeur de cabinet, Brice Laccruche Alihanga, dans plusieurs villes de la province du Haut-Ogooué. Selon ladite décision, ces déclarations tendaient  ‘’ non seulement à semer de façon insidieuse la confusion et la discorde dans les esprits des militants du PDG. Mais aussi de nature à remettre en cause la teneur du message du distingué camarade président Ali Bongo Ondimda, traduit par le secrétaire général, Eric Dodo Bouguendza, a l’ensemble des militants lors de sa tournée nationale.’’

Comme il fallait s’y attendre, le processus légal prévu en cas d’exclusion avait aussitôt entrainé la perte de son statut de député à la suite d’une décision de la Cour constitutionnelle qui avait préalablement été saisie par le bureau de l’Assemblée nationale pour constater la vacance du 1er siège du département de la Lekoni-Lekori.

Alors que l’élection législative partielle consécutive a cette exclusion est prévue dans les jours avenirs, les observateurs s’accordent déjà à dire que Ali Akbar Onanga reste la cartouche gagnante du PDG sur le 1er siège du département de la Lekoni-Lekori.

Si la décision d’exclusion du député Ali Akbar Onanga est celle qui avait fait mouche au sein de l’opinion, notons que d’autres militants exclus en 2019 ont également été réhabilités. Il s’agit de Clarisse Aboulou ep. Zombi du 2e arr. de la commune de Moanda ; Appolinaire Mounanga du département de l’Ofooue-Onoye dans l’Ogooue-lolo et Patrick Moudounga du département d’Etimboue dans la province de l’Ogooué-Maritime.

Source: gabonactu

 

Le président ivoirien Alassane Ouattara va passer la main

Le président ivoirien Alassane Ouattara, qui entretenait depuis des mois le mystère sur son éventuelle candidature à un troisième mandat, a créé la surprise jeudi en annonçant qu’il ne se présenterait pas à l’élection présidentielle en octobre 2020.

« Je vous annonce solennellement que j’ai décidé de ne pas être candidat à la présidentielle du 31 octobre 2020 et de transférer le pouvoir à une jeune génération », a-t-il lancé devant les parlementaires du Sénat et de l’Assemblée nationale réunis en Congrès extraordinaire.

Elus et observateurs attendaient une annonce sur la révision constitutionnelle promise depuis des mois et qui générait rumeurs et fantasmes. Finalement, cette révision ne comporte que des points mineurs (nomination du vice-président après l’élection et non un ticket pour le scrutin, aménagements juridiques…).

Mais le président a profité du cadre symbolique de Yamoussoukro et de la réunion de deux chambres pour une annonce qui a pris tout le monde de court, dans un continent où de nombreux présidents s’accrochent au pouvoir le plus longtemps possible.

La Guinée, pays voisin, est ainsi secouée par des violences, autour de la volonté prêtée au président Alpha Condé de briguer un troisième mandat à la fin de l’année.

La Constitution ivoirienne n’autorise que deux mandats, mais M. Ouattara, 78 ans, élu en 2010, puis réélu en 2015, estimait avoir le droit de se représenter en raison du changement de Constitution en 2016, ce que contestait l’opposition.

Le débat est désormais clos. L’annonce faite au terme d’un discours d’une trentaine de minutes a été accueillie par un tonnerre d’applaudissements de la part des élus mais aussi de centaines d’élèves et étudiants invités au Congrès.

« Prési! Prési! Merci! Merci! », ont scandé des jeunes.

– L’opposition satisfaite –

« On est content qu’il laisse la place à la jeune génération. C’est un homme de parole. Je suis fier de mon président même si je ne suis pas un de ses partisans », a affirmé Daouda Bakayoko, élève-maître au Cafop (équivalent de l’Ecole Normale) de Yamoussoukro.

L’annonce d’Alassane Ouattara a été saluée dans les rangs de l’opposition.

« C’est une bonne décision qui permet au président Ouattara de sortir la tête haute de sa carrière politique. C’est un acte important qui permet d’apaiser l’environnement, de clarifier le jeu politique et d’offrir l’opportunité à la nouvelle génération de faire ses preuves », a ainsi affirmé l’opposant Pascal Affi Nguessan, ancien Premier ministre de Laurent Gbagbo.

« Le message est aussi adressé à tous les hommes politiques de sa génération. Il appartient à chaque leader politique et surtout ceux de sa génération de se déterminer. C’est un défi qu’il leur a lancé et j’espère qu’ils seront à la hauteur », a poursuivi M. Nguessan, ne cachant pas « espérer être celui qui va prendre la relève ».

Depuis la mort du « père fondateur » de la Côte d’Ivoire Felix Houphouet Boigny en 1993, la vie politique était dominé par le trio de rivaux: Alassane Ouattara, Henri Konan Bédié (président 1993-1999) et Laurent Gbagbo (2000-2010).

Henri Konan Bédié, qui aura 86 ans lors du scrutin n’a pas écarté l’idée de se présenter. Et le destin de Laurent Gbagbo, qui en aura 75, est lié à la décision de la Cour pénale internationale qui doit statuer sur son sort.

– « Entre tristesse et respect » –

Au Parti démocratique de Côte d’Ivoire(PDCI) de Konan Bédié on se dit aussi satisfait: « Le président a libéré toute le monde. Il faut savoir faire la passe », a affirmé la députée Véronique Aka.

Le climat politique est tendu en Côte d’Ivoire avant la présidentielle d’octobre. Elle se tiendra dix ans après la crise post-électorale de 2010-2011, née du refus du président en place, Laurent Gbagbo, de reconnaître sa défaite électorale face à Alassane Ouattara, qui avait fait 3.000 morts.

Pour le moment, l’ancien Premier ministre Guillaume Soro, 47 ans, ex-chef de la rébellion pro-Ouattara, mais devenu un de ses adversaires, est le seul à s’être déclaré candidat à la présidentielle. Accusé de complot, sous le coup d’un mandat d’arrêt en Côte d’Ivoire, il vit actuellement en France.

Dans le camp du président, certains qui espéraient voir Alassane Ouattara briguer un troisième mandat pleuraient ouvertement dans l’immense hall de la Fondation Houphouet-Boigny.

Le ministre Mamadou Touré, porte-parole adjoint du gouvernement s’est dit « partagé entre tristesse et respect ».

« Alassane Ouattara c’est 25 années de notre histoire, un combat difficile avec des militants tués, des moments forts, la victoire en 2010. Ouattara, c’est des performances économiques et sociales et beaucoup avaient le sentiment qu’il devait parachever le travail », a-t-il estimé.

« C’est une décision personnelle que nous respectons », a-t-il toutefois ajouté. « C’est aussi une leçon pour l’ensemble de la classe politique ivoirienne: il faut savoir céder la place. Et c’est un message qui fera écho sur le continent africain ».

Le président ivoirien Alassane Ouattara ne briguera pas un troisième mandat

Le président ivoirien Alassane Ouattara, qui entretenait depuis des mois le mystère sur son éventuelle candidature à un troisième mandat, a annoncé jeudi à Yamoussoukro qu’il ne se présenterait pas à l’élection présidentielle en octobre 2020.

« Je vous annonce solennellement que j’ai décidé de ne pas être candidat à la présidentielle du 31 octobre 2020 et de transférer le pouvoir à une jeune génération », a-t-il lancé devant les parlementaires du Sénat et de l’Assemblée nationale réunis en Congrès extraordinaire.

Cette annonce faite au terme d’un discours d’une trentaine de minutes a été accueillie par un tonnerre d’applaudissements de la part des élus mais aussi de centaines d’élèves et étudiants invités au Congrès.

« Prési! Prési! Merci! Merci! », ont scandé des jeunes.

La Constitution ivoirienne n’autorise que deux mandats, mais M. Ouattara, 78 ans, élu en 2010, puis réélu en 2015, estimait avoir le droit de se représenter en raison du changement de Constitution en 2016, ce que contestait l’opposition.

– L’opposition satisfaite –

« On est content qu’il laisse la place à la jeune génération. C’est un homme de parole. Je suis fier de mon président même si je ne suis pas un de ses partisans. Je suis fier qu’on fasse confiance à la jeunesse », a affirmé Daouda Bakayoko, élève-maître au Cafop (équivalent de l’Ecole Normale) de Yamoussoukro.

La décision d’Alassane Ouattara a été saluée dans les rangs de l’opposition.

« C’est une bonne décision qui permet au président Ouattara de sortir la tête haute de sa carrière politique. C’est un acte important qui permet d’apaiser l’environnement, de clarifier le jeu politique et d’offrir l’opportunité à la nouvelle génération de faire ses preuves », a ainsi affirmé l’opposant Pascal Affi Nguessan, ancien Premier ministre de Laurent Gbagbo.

« Le message est aussi adressé à tous les hommes politiques de sa génération. Il appartient à chaque leader politique et surtout ceux de sa génération de se déterminer. C’est un défi qu’il leur a lancé et j’espère qu’ils seront à la hauteur », a poursuivi M. Nguessan, ne cachant pas « espérer être celui qui va prendre la relève ».

L’ancien président Henri Konan Bédié, qui aura 86 ans lors du scrutin n’a pas écarté l’idée de se présenter. Et le destin de Laurent Gbagbo, qui en aura 75, est lié à la décision de la Cour pénale internationale qui doit statuer sur son sort.

Le climat politique est tendu en Côte d’Ivoire avant la présidentielle d’octobre. Elle se tiendra dix ans après la crise post-électorale de 2010-2011, née du refus du président en place, Laurent Gbagbo, de reconnaître sa défaite électorale face à Alassane Ouattara, qui avait fait 3.000 morts.

– « Entre tristesse et respect » –

Les élections municipales et régionales de 2018 ont été marquées par de nombreuses violences et des fraudes.

Pour le moment, l’ancien Premier ministre Guillaume Soro, 47 ans, ex-chef de la rébellion pro-Ouattara, mais devenu un de ses adversaires, est le seul à s’être déclaré candidat à la présidentielle. Accusé de complot, sous le coup d’un mandat d’arrêt en Côte d’Ivoire, il vit actuellement en France.

Dans le camp du président, certains qui espéraient voir Alassane Ouattara briguer un troisième mandat ont fait part d’une certaine déception, comme le ministre Mamadou Touré, porte-parole adjoint du gouvernement, « partagé entre tristesse et respect ».

« Alassane Ouattara c’est 25 années de notre histoire, un combat difficile avec des militants tués, des moments forts, la victoire en 2010. Ouattara, c’est des performances économiques et sociales et beaucoup avaient le sentiment qu’il devait parachever le travail », a-t-il ainsi estimé.

« C’est une décision personnelle que nous respectons », a-t-il toutefois ajouté. « C’est aussi une leçon pour l’ensemble de la classe politique ivoirienne: il faut savoir céder la place. Et c’est un message qui fera écho sur le continent africain », a-t-il conclu.

Egypte: la plus vieille pyramide encore debout rouvre après rénovation

La pyramide du pharaon Djoser à Saqqara, vieille de 4.700 ans et considérée comme la plus ancienne encore visible en Egypte, a rouvert au public jeudi au sud du Caire après plusieurs années de rénovation, a constaté une journaliste de l’AFP.

« Nous rouvrons aujourd’hui, après sa restauration, la plus ancienne pyramide encore debout en Egypte », a déclaré, lors d’une cérémonie jeudi au pied de la célèbre pyramide à degrés, le ministre des Antiquités et du Tourisme Khaled el-Enany.

Il s’agit également du « premier édifice entièrement construit en pierre du monde », selon le ministre.

Le projet de rénovation de ce monument avait débuté en 2006 avant d’être interrompu « pour des raisons sécuritaires » liées à la révolte populaire de 2011. Il avait repris en 2013, selon Ayman Gamal Eddine, responsable du projet au ministère des Antiquités.

Le coût total des travaux de restauration s’élève à 104 millions de livres égyptiennes, soit six millions d’euros, selon le gouvernement égyptien.

Située à 20 km au sud du Caire, la pyramide domine une vaste nécropole dans la région de Memphis, première capitale égyptienne.

Haut d’environ 60 mètres et doté de six étages, ce monument a été construit vers 2.700 avant J.-C. par le célèbre architecte Imhotep, au-dessus d’une cavité profonde de 28 mètres abritant une tombe de granit rose.

« Les premiers à s’être intéressés à la préservation la pyramide étaient les dirigeants de la 26e dynastie » au VIIe et VIe siècles avant notre ère, a indiqué à l’AFP M. Gamal Eddine, montrant aux premiers visiteurs les poutres en bois millénaires qui soutiennent, par endroits, le plafond de l’édifice.

Les travaux avaient été rendus nécessaires après qu’un séisme eut endommagé considérablement l’intérieur de la pyramide en 1992.

En 2014, une polémique avait éclaté lorsque des médias égyptiens avaient fait état d’informations selon lesquelles la pyramide de Djoser avait été détériorée par les travaux de rénovation.

Des ONG égyptiennes avaient alors critiqué ces travaux, estimant qu’ils altéraient l’aspect originel du monument.

« Jusqu’en 2015, les experts de l’Unesco ont présenté des rapports critiques du projet de restauration, nous avons depuis repris les travaux conformément aux normes de l’Unesco. En 2018, l’Unesco nous a présenté des rapports positifs », a assuré jeudi M. Enany.

– Attirer les touristes –

Le site, inscrit au patrimoine mondial de l’Unesco depuis 1979, constitue la première nécropole familiale d’Egypte, une pratique introduite par le pharaon Djoser.

Sur cette même nécropole de Saqqara, les autorités égyptiennes avaient dévoilé en avril 2019 une tombe ornée de reliefs colorés et d’inscriptions bien préservées, appartenant à un noble de la Ve dynastie (entre 2.500 et 2.300 avant J.-C.).

Ces dernières années, les autorités ont considérablement renforcé leur communication autour des découvertes archéologiques dans l’espoir d’attirer de nouveau les touristes qui ont déserté l’Egypte en raison des troubles liés à la révolte de 2011.

Les sites archéologiques constituent pour l’Egypte un argument majeur face à la concurrence d’autres destinations touristiques, et dans ce contexte, M. el-Enany, ministre des Antiquités depuis 2016, a également obtenu en décembre dernier le porte-feuille du Tourisme.

« Nous travaillons dur à construire une nouvelle Egypte (…) et la restauration de notre patrimoine figure en tête de nos priorités », a souligné le Premier ministre Mostafa Madbouli, présent jeudi à la cérémonie, en rappelant les nombreux projets gigantesques lancés par son gouvernement.

Parmi eux, se trouvent la construction de la nouvelle capitale administrative et du Grand Musée Egyptien (GEM), tous deux censés être inaugurés fin 2020.

Coronavirus: huis clos pour tous les matches de foot au Maroc

Tous les matches de football, pour toutes les compétitions et toutes les catégories, se joueront désormais à huis clos de manière préventive en lien avec l’épidémie mondiale de nouveau coronavirus, a-t-on appris jeudi auprès de la Fédération royale marocaine (FRMF).

Cette décision vise à « veiller à la sécurité des joueurs, des entraîneurs et des supporteurs », selon un communiqué de la FRMF publié sur son site internet.

Le royaume, où le football est le sport numéro un, a fait état jeudi d’un deuxième cas confirmé de contamination.

Plusieurs manifestations publiques, comme le salon annuel de l’agriculture ou une compétition de judo, ont été annulées par précaution ces derniers jours.

De plus, les annulations liées au risque sanitaire commencent à peser sur le secteur touristique, selon la presse marocaine.

Les autorités s’efforcent dans le même temps de lutter contre la multiplication des « fake news » concernant l’épidémie sur les réseaux sociaux et plusieurs personnes ont été arrêtées à ce sujet ces derniers jours.

A la frontière gréco-turque, des citoyens patrouillent pour « éviter l’invasion » de migrants

A la nuit tombée, dans le village de Poros, dans le Nord-Est de la Grèce, les tracteurs sont à l’arrêt et les rues désertes. Sakis, vêtu d’un treillis militaire, se rend le long du fleuve Evros, à la frontière avec la Turquie, « pour défendre les portes de la Grèce et de l’Europe ».

Au bout de ce petit bourg agricole, le fleuve, relativement étroit, reste un point privilégié de passage des réfugiés entrant en Grèce. Depuis la décision de la Turquie d’ouvrir ses portes, le 28 février, policiers lourdement équipés, agriculteurs, éleveurs, chasseurs et pêcheurs bloquent tout accès.

Rassemblés autour d’un feu improvisé, ils veulent « éviter l’invasion », explique Sakis, un agriculteur de 38 ans. Fusil de chasse sur le dos, l’heure est venue de quadriller le secteur.

« J’ai très peu dormi depuis. Jour et nuit, je fais des rondes avec ma voiture sur le chemin longeant le fleuve pour observer si des barques tentent d’accoster sur le rivage grec », raconte-t-il, épuisé.

Dès qu’un migrant est repéré, la police ou l’armée est avertie et l’exilé est embarqué. Giokas Xanthos s’adonne à la pêche régulièrement sur l’Evros et connaît les points sensibles où les passeurs lâchent les migrants: « nous avons une connaissance parfaite du terrain qui peut être utile aux autorités ».

Encore hantée par la crise migratoire de 2015, la population locale sombre dans une rhétorique xénophobe, guerrière, et s’organise pour que les frontières grecques restent hermétiques.

« Avec un voisin comme la Turquie, nous vivons avec une menace permanente. Nous avons besoin d’une aide concrète de l’Europe et pas seulement de promesses », estime le maire de Poros, Athanassios Pemoussis, qui a appelé ses concitoyens à « soutenir les forces de l’ordre grecques dans un combat difficile ».

Depuis que le président turc Recep Tayyip Erdogan a ouvert les frontières de son pays, des dizaines de milliers de réfugiés ont afflué vers la Grèce. Au poste-frontière de Kastanies (Pazarkule côté grec), où les migrants sont massés dans la zone tampon, des échauffourées ont eu lieu ces derniers jours.

Ici, le patron du café « Jojo Wild Rose » assure qu’il n’y a pas de milice « car avec les barbelés ici les migrants ne peuvent pas passer ». Mais plus au sud, où des groupes de migrants tentent des incursions le long des 212 km de frontière souvent poreuse, les patrouilles sont constituées d' »anciens militaires à la retraite depuis plusieurs années », souligne-t-il.

– « Nous sommes en zone de guerre » –

Depuis mardi, Dimitris Kolgionis, maire adjoint de Pherès, la commune de 5.000 habitants dont dépend Poros, a organisé des rotations pour surveiller la frontière: « 500 personnes ont répondu présentes et se relayent par tranches horaires ».

De 9H à 13H, mercredi, c’était au tour de Giorgos Ioumis, retraité, de participer à la patrouille citoyenne: « Toute la région de l’Evros est mobilisée. Nous sommes en zone de guerre et il faut défendre notre territoire ».

Kizialidis Kizialis, 60 ans, agriculteur de Poros, avoue « avoir peur des migrants » mais se félicite « du bon travail du gouvernement et de la police ».

A Poros, le passage semble désormais quasi-impossible. Athènes a doublé ses patrouilles sur toutes ses frontières terrestres et maritimes et demandé le déploiement des renforts de l’agence européenne des frontières Frontex.

Selon le gouvernement grec, près de 7.000 tentatives d’entrées illégales ont été empêchées en 24 heures dans la région et 24 migrants y ont été arrêtés, surtout orginaires d’Afghanistan et du Pakistan, entre mercredi matin et jeudi matin.

Lundi, une vingtaine de tracteurs avec des spots lumineux puissants s’est rendue près du fleuve pour éclairer l’autre côté et dissuader quiconque de passer en Grèce.

« Une démonstration de force qui a été efficace puisque plusieurs personnes ont été arrêtées », constate Athanassios Pemoussis. Des médias grecs rapportent également des arrestations musclées de migrants par des groupes de citoyens armés. « Nous avons des armes par protection », précise Sakis, « nous sommes décidés à garder nos frontières. Et si un accident doit arriver, il arrivera ! ».

« Mal du pays »: des Chinois tentent le retour à Wuhan

Dans l’immense gare déserte, un jeune couple descend du TGV pour retrouver Wuhan. Après plus de 40 jours de séparation, quelques rares Chinois retournent dans la ville à l’épicentre du nouveau coronavirus.La métropole du centre de la Chine est coupée du monde depuis le 23 janvier, plus d’un mois après l’apparition du virus sur un marché de la ville de 11 millions d’habitants.

Mais malgré la quarantaine, les trains ont continué à traverser le Hubei, la province dont Wuhan est la capitale. Et le ralentissement de l’épidémie ces dernières semaines permet à certains Wuhanais de tenter le retour chez eux.

« Il y a des gens qui arrivent de l’étranger et qui pourraient provoquer une nouvelle flambée de l’épidémie. Alors Wuhan va peut-être devenir l’endroit le plus sûr », se rassure Mme Zhao, qui s’apprête à descendre du TGV en gare de Wuhan avec son mari.

Lorsque la ville a été placée de facto en quarantaine, le couple séjournait chez des parents dans la lointaine province du Jilin (nord-est) à l’occasion des congés du Nouvel an chinois.

Depuis, Mme Zhao, 30 ans, et son mari s’inquiétaient pour leur famille restée à Wuhan et se heurtaient parfois à la peur des autres Chinois envers les personnes originaires du Hubei.

– Trois essais ratés –

Quant à leurs tentatives de retour, elles ont été mises en échec par les restrictions imposées aux transports publics dans tout le pays.

« On a essayé trois fois mais à chaque fois nos billets de train ont été annulés », témoigne-t-elle. « On ne pouvait plus rentrer ».

Pour limiter le risque de contagion, les chemins de fer ont drastiquement réduit le nombre de billets mis en vente. Le convoi qui traverse le Hubei est ainsi presque vide, avec quelques voyageurs entièrement revêtus d’une combinaison intégrale et de lunettes de protection, en plus du masque obligatoire.

En dépit de la quarantaine, les habitants du Hubei peuvent rentrer dans leur province aux termes d’un dispositif adopté le mois dernier — à condition qu’ils soient en bonne santé.

« Notre famille est à Wuhan. J’ai le mal du pays », explique à l’AFP Zhao Bojian, un garçon de 13 ans qui se prépare à descendre du train avec son père.

Père et fils se trouvaient au Japon quand leur ville s’est retrouvée bouclée. Ils ont ensuite attendu à Shanghai de voir comment la situation allait évoluer.

« On cherchait le moyen de rentrer. Nous sommes partis pendant très longtemps. Tout ce que je veux c’est rentrer à la maison », explique le garçon, alors que le Hubei rassemble pourtant la grande majorité des plus de 80.000 contaminations et 3.000 décès dénombrés en Chine.

– Discrimination anti-Hubei –

Dans le nord-est, Mme Zhao et son mari redoutaient les discriminations qui frappent parfois les personnes originaires du Hubei.

Ils ont été mis en quarantaine pendant 14 jours, soit la durée maximale supposée de la période d’incubation, et se sont vu interdire l’entrée de commerces.

« On comprenait pourquoi les gens réagissaient comme ça. Ils ont besoin de se protéger », déclare Mme Zhao au journaliste de l’AFP, alors que le personnel du train tente d’interrompre la conversation au motif que les voyageurs sont trop près l’un de l’autre.

Le couple va encore devoir attendre un peu avant de retrouver sa famille élargie: une nouvelle quarantaine de 14 jours l’attend à Wuhan.

Mme Zhao, qui travaille pour une fondation philanthropique, compte ensuite participer à l’effort d’approvisionnement du Hubei.

Son mari, dénommé Gao, se rassure en sachant que ses parents sont en bonne santé, mais le virus n’est pas loin: des amis de la famille ont été contaminés.

Mais d’après lui, d’autres habitants éparpillés aux quatre coins de la Chine s’apprêtent eux-aussi à rentrer au pays.

« On a passé le cap de la peur maximale », assure-t-il.

Soudan: l’épisode le plus sanglant de la contestation a résulté d’une attaque délibérée (ONG)

Au moins 241 personnes ont été tuées dans une attaque délibérée des forces de sécurité soudanaises contre un sit-in à Khartoum le 3 juin 2019, a affirmé jeudi l’ONG Physicians for Human Rights (PHR).

Cet épisode est le plus sanglant du mouvement de contestation du régime de l’ancien président Omar el-Béchir qui a duré cinq mois et fait plusieurs centaines de morts, selon divers bilans. Il s’est produit après le départ de M. Béchir en avril 2019.

Malgré la chute d’Omar el-Béchir écarté par les militaires, les Soudanais ont continué à manifester voyant dans son remplacement par un Conseil militaire un « coup d’Etat ».

Le 3 juin 2019, les forces de sécurité sont intervenues pour faire cesser le sit-in organisé devant le QG de l’armée à Khartoum. Après avoir attribué l’attaque à des « hommes en uniformes », les autorités ont fini par reconnaître qu’elle avait été menée par les forces de sécurité.

Elles ont toutefois affirmé que des manifestants ont été tués « par erreur ». Un comité de médecins, proche des manifestants a avancé un bilan de 127 morts mais les autorités n’ont parlé que de 71 tués.

Pour PHR, une ONG américaine documentant les graves violations des droits humains par le biais de la médecine notamment, il s’agit en réalité d’une série d' »attaques violentes et planifiées (des forces de l’ordre) contre les manifestants prodémocratiques ».

« Ces forces ont ciblé intentionnellement les travailleurs et les établissements de santé par le harcèlement, l’intimidation et la violence et ont soumis les manifestants, hommes et femmes, à des violences sexuelles et sexistes », a accusé l’ONG dans un communiqué accompagnant son rapport de 61 pages.

Le rapport de PHR, intitulé « Chaos et feu, une analyse du massacre du 3 juin 2019 à Khartoum » est basé sur des entretiens avec 30 survivants de l’attaque, des témoignages, des évaluations cliniques et l’analyse de milliers de photos et vidéos.

Ces éléments fournissent des « preuves irréfutables d’actes de violence inadmissibles contre les manifestants prodémocratie, notamment des exécutions extrajudiciaires et des actes de torture, un usage excessif de la force, des violences sexuelles et sexistes, et la disparition forcée de manifestants », a souligné PHR.

« Le massacre du 3 juin contre les civils soudanais des mains des forces de sécurité est une violation flagrante des droits humains », a déclaré Phelim Kine, directeur de la recherche et des enquêtes de PHR.

Une commission d’enquête soudanaise n’a toujours pas rendu ses conclusions définitives sur cet épisode sanglant de la contestation près de dix mois après les faits.

Les militaires se sont associés en août 2019 aux civils au Soudan pour former un Conseil souverain afin de superviser la transition vers un régime civil. Le premier gouvernement post-Béchir a prêté serment le 8 septembre.

Les crocodiles du Nil, animaux de compagnie des Nubiens d’Assouan

Sous le dôme d’une maison nubienne du village de Gharb Soheil, à 900 km au sud du Caire, Mamdouh Hassan cajole un bébé crocodile sous les yeux ébahis des touristes de passage.

Dans cette petite localité plantée sur les rives du Nil, il n’est pas rare que les habitants élèvent des crocodiles chez eux, à l’instar de M. Hassan, âgé de 45 ans.

Chez les Nubiens, l’élevage des reptiles du fleuve égyptien est une tradition ancienne: les hommes les apprivoisent et aiment à les exhiber aux curieux « en signe de force », assure Abdel Hakim Abdo, un habitant du village âgé de 37 ans.

Principale minorité ethnique d’Egypte, les Nubiens ont leurs racines dans le sud du pays et le nord du Soudan actuels.

Mais aujourd’hui, leurs terres ancestrales sont en grande partie submergées par les eaux du lac Nasser, issu de la construction du Haut barrage d’Assouan (sud), inauguré en 1971.

Avec près de 90% de leurs terres inondées, un grand nombre de Nubiens ont dû quitter les rives fertiles du Nil pour les campagnes arides du Sud, les grandes villes d’Egypte ou du Golfe.

– Les anges du Nil –

Pour la civilisation nubienne, qui remonte à près de 7.000 ans, le fleuve sacré représentait la vie.

Jusqu’au début du 20e siècle, plusieurs rites sociaux nubiens –dont le mariage– s’articulaient autour du Nil.

« Le Nil fait partie de l’identité des Nubiens (…) Toutes les créatures qui y vivent sont considérées comme des anges », assure M. Abdo, assis au bord du fleuve millénaire.

Héritier de cette tradition, Gharb Soheil la fait perdurer à travers l’élevage de crocodiles et vit des revenus du tourisme que cette pratique a générés.

A l’entrée de certaines maisons blanches et bleues bordant les ruelles étroites du village, trônent des crocodiles empaillés, indiquant que ces foyers accueillent des alligators.

« Je vous présente Francesca (…) Je l’élève depuis sa naissance » dit M. Hassan, désignant un reptile d’environ 1,50 m de long, qui se prélasse dans un bassin à ses pieds.

Bien que M. Hassan vende également des objets d’artisanat nubien, les touristes qui lui rendent visite n’ont d’yeux que pour Francesca, qui doit son nom à des visiteurs italiens.

Qu’ils soient Egyptiens ou étrangers, les curieux ne cessent d’affluer pour observer de près les bêtes apprivoisées et se photographier à leurs côtés.

Et si les plus âgés de ces prédateurs peuvent dépasser les sept mètres de long, M. Hassan se veut rassurant. « Ils grandissent à nos côtés. Nous les nourrissons et prenons soin d’eux. Naturellement, avec le temps, ils perdent leur férocité. »

« Je suis venu passer les vacances scolaires ici pour que les enfants puissent voir de vrais crocodiles », affirme Hani, un père de famille égyptien âgé de 35 ans.

Pour se procurer ces animaux emblématiques, les éleveurs suivent les femelles au sud du barrage d’Assouan et procèdent à la collecte de leurs oeufs, raconte M. Hassan, qui a appris le métier avec son père, il y a plus de 20 ans.

A l’époque, ce dernier était l’un des premiers du village à se lancer dans l’élevage de crocodiles à des fins touristiques, affirme son fils.

– « Lui, c’est Franco » –

En Egypte, les Nubiens n’ont pas le monopole de l’amour de ces reptiles. Au temps des pharaons, le crocodile était érigé au rang de divinité: Sobek, dieu reptile, protégeait les humains des crues et autres dangers du Nil.

Le temple de Sobek, situé à Kom Ombo, à 40 km au nord d’Assouan, abrite toute sorte de représentations de reptiles, des gravures et plusieurs spécimens d’animaux empaillés.

L’empaillage perdure jusqu’à aujourd’hui en Egypte. Une pratique dont s’enorgueillissent les habitants de Gharb Soheil, qui empaillent certains des crocodiles domestiqués après leur mort.

D’après M. Hassan, l’opération prend entre deux jours et un mois selon la taille et l’âge de l’animal.

« Lui c’est Franco, il est mort il y a un mois », dit-il, portant à bout de bras l’animal empaillé.

Les reptiles sont d’abord vidés de leurs entrailles, puis leur enveloppe est fourrée de paille ou de sciure de bois, avant de les figer dans la position choisie par leur propriétaire.

« Même si nous savons que leur cuir vaut son pesant d’or, nous ne souhaitons pas vendre la peau de nos crocodiles », souligne M. Hassan.

« Nous en sommes fiers. »