Primaires démocrates: à nouveau favori, Biden s’installe dans un long duel avec Sanders

L’ancien vice-président américain Joe Biden est redevenu le favori des primaires démocrates à l’issue d’un « Super Tuesday » plein de surprises qui a bouleversé la donne en l’installant dans un duel de longue haleine avec le socialiste Bernie Sanders.

« On ne l’appelle pas +Super Tuesday+ pour rien! », s’est exclamé mardi soir depuis Los Angeles, en Californie, un Joe Biden visiblement revigoré après avoir remporté au moins neuf des 14 Etats en jeu lors de cette journée électorale déterminante.

Promettant d’être celui qui affrontera Donald Trump lors de la présidentielle de novembre, il s’est présenté comme un futur président capable de se « battre », mais aussi de « panser les plaies » des Etats-Unis, meurtris selon lui par « la haine et la division » semées par le milliardaire républicain.

L’ex-bras droit de Barack Obama, 77 ans, a créé la surprise en décrochant la victoire au Texas et en écrasant la concurrence en Virginie et en Caroline du Nord — soit, pour la seule journée de mardi, trois des quatre Etats qui fournissent les plus gros contingents de délégués pour la convention démocrate qui décernera, en juillet, l’investiture dans la course à la Maison Blanche.

Il a aussi gagné dans l’Alabama, l’Oklahoma, le Tennessee, l’Arkansas, le Minnesota et le Massachusetts. Il réalise ainsi un grand chelem dans les Etats du sud du pays et confirme être le champion des Afro-Américains, un électorat-clé côté démocrate.

– « Confiance absolue » chez « Bernie » –

En face, Bernie Sanders, considéré comme le favori depuis son démarrage en fanfare dans ces primaires, ne s’avoue pas vaincu. Il semblait bien placé pour remporter le plus gros Etat du « super mardi », la Californie, avec une avance de neuf points après dépouillement de 80% des bureaux de vote.

Il a aussi engrangé son petit Etat du Vermont et celui de l’Utah.

Les deux candidats étaient toujours au coude-à-coude mercredi matin dans le Maine mercredi matin.

« Je vous le dis avec une confiance absolue: nous allons emporter la primaire démocrate et nous allons battre le président le plus dangereux de l’histoire de ce pays », a lancé mardi soir « Bernie » devant une foule enthousiaste de son fief du Vermont.

Joe Biden revient de loin.

Longtemps ultra favori, il avait encaissé de piteux résultats lors des premiers scrutins en février, handicapé par une campagne terne et des dons parcimonieux.

Mais le vote de samedi en Caroline du Sud lui a permis de faire mentir les pronostics, qui le vouaient à une mort politique quasi-certaine: en s’imposant très largement dans cet Etat du Sud grâce au vote afro-américain, il a enclenché une dynamique nouvelle.

Et il a bénéficié ces derniers jours du désistement en sa faveur de deux autres candidats modérés: le jeune Pete Buttigieg, révélation de ces primaires, et la sénatrice du Minnesota Amy Klobuchar, qui lui a vraisemblablement permis de remporter cet Etat du Midwest où il n’avait quasiment pas fait campagne.

– Deux autres mardis électoraux –

Longtemps éparpillé avec de multiples candidatures, le camp modéré est donc désormais uni derrière Joe Biden pour faire barrage à Bernie Sanders.

Ses idées très à gauche pour les Etats-Unis, comme une assurance-maladie publique universelle, se sont peu à peu imposées dans l’électorat démocrate, mais la « révolution » prônée par le sénateur de 78 ans inquiète toujours une partie de l’establishment du parti.

Comme en 2016 face à Hillary Clinton, la chasse aux délégués pourrait donc durer.

Après mardi, selon les médias américains, Joe Biden, bien qu’en tête, ne dispose que d’environ 380 délégués, contre 315 à Bernie Sanders.

Or, il en faut 1.991 pour s’assurer l’investiture: le chemin est encore long. Il passera dès mardi prochain par six nouveaux Etats (Washington, Idaho, Michigan, Missouri, Mississippi et Dakota du Nord), puis, le 17 mars, par la Floride, l’Arizona, l’Ohio et l’Illinois.

Rien ne dit qu’un candidat aura une majorité absolue après ces scrutins, mais Joe Biden est désormais en position de force.

D’autant que l’autre candidat qui espérait porter les couleurs centristes est le grand perdant du « Super Tuesday ». Le milliardaire Michael Bloomberg, qui s’est lancé très tard dans la course mais avait investi sans compter son immense fortune personnelle pour percer.

Il n’a réalisé mardi que des résultats médiocres et devrait sortir de cette journée décisive avec très peu de délégués.

Selon plusieurs médias américains, il devait « réévaluer » mercredi l’avenir de sa campagne.

L’autre revers cruel est celui essuyé par la sénatrice progressiste Elizabeth Warren, qui a passé une très mauvaise soirée, perdant même dans son fief du Massachusetts.

Si elle n’a pas encore annoncé son retrait, son rêve de devenir la première présidente des Etats-Unis semble s’être définitivement envolé.

Migrants: Erdogan pose ses conditions à l’Europe, heurts frontaliers

Le président turc Recep Tayyip Erdogan a affirmé mercredi qu’une résolution de la crise migratoire passait par un soutien européen à Ankara en Syrie, au moment où de nouveaux heurts ont éclaté entre réfugiés et policiers à la frontière grecque.

Selon les autorités turques, un migrant a été tué et cinq ont été blessés par des « tirs à balles réelles » des forces grecques alors qu’ils tentaient de franchir la frontière. Athènes a « catégoriquement démenti » avoir tiré contre des migrants.

Des dizaines de milliers de personnes ont afflué vers la Grèce depuis que M. Erdogan a ordonné vendredi l’ouverture des frontières de son pays, réveillant en Europe la peur d’une crise migratoire similaire à celle de 2015.

Face à ce nouvel afflux, plusieurs dirigeants européens ont dénoncé un « chantage » d’Ankara qui, aux termes d’un accord conclu avec Bruxelles en 2016, s’était engagé à lutter contre les passages illégaux en échange notamment d’une aide financière.

« Si les pays européens veulent régler le problème, alors ils doivent apporter leur soutien aux solutions politiques et humanitaires turques en Syrie », a cependant déclaré mercredi M. Erdogan lors d’un discours à Ankara.

– Blessures –

Sur le terrain, de nouvelles échauffourées ont éclaté au poste-frontière de Pazarkule (Kastanies, côté grec). Des migrants ont lancé des pierres en direction des forces de sécurité grecques qui ont riposté en faisant usage de gaz lacrymogènes.

Plusieurs ambulances turques sont arrivées sirènes hurlantes dans le secteur après ces violences.

Le gouvernorat d’Edirne (nord-ouest de la Turquie) a affirmé dans un communiqué que six migrants qui tentaient de traverser à Pazarkule avaient été blessés par des tirs grecs. L’un d’eux a succombé à ses blessures à la poitrine, selon cette source.

Un photographe de l’AFP a vu un migrant blessé à la jambe par des tirs en provenance du côté grec après avoir tenté avec un groupe de réfugiés de découper le grillage frontalier.

Des tirs en l’air dont l’origine ne pouvait être déterminée, des cris, des sirènes de police pouvaient être entendus. De la fumée se dégageait d’un gros feu.

Dans une vidéo fournie à l’AFP par le gouvernement grec, on voit des policiers turcs en train de tirer des grenades lacrymogènes contre les policiers grecs au poste-frontière.

Depuis l’ouverture des frontières par Ankara, quelque 1.720 migrants ont rejoint les îles de la mer Égée, selon Athènes, s’ajoutant aux 38.000 exilés déjà présents sur ces territoires grecs.

– Négociations à Ankara –

Dans son discours mercredi, M. Erdogan a accusé les Européens de « piétiner » les droits humains en « battant, coulant les embarcations et même en tirant » sur les migrants qui cherchent à se rendre en Europe.

Alarmée par l’afflux de migrants, l’Union européenne a dépêché son chef de la diplomatie Josep Borrell et le président du Conseil européen Charles Michel à Ankara, où ils ont été reçus mercredi par M. Erdogan.

La veille, plusieurs hauts responsables européens s’étaient rendus en Grèce pour exprimer leur soutien et promettre « toute l’aide nécessaire » à Athènes.

« Ceux qui cherchent à tester l’unité de l’Europe seront déçus », avais mis en garde la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen.

La décision prise par Ankara d’ouvrir ses frontières intervient au moment où la Turquie cherche à obtenir un appui occidental en Syrie, où elle mène une offensive et où elle est confrontée à un afflux de déplacés.

L’offensive que mène depuis décembre le régime à Idleb, dernier bastion rebelle et jihadiste dans le nord-ouest de la Syrie, a en effet provoqué une catastrophe humanitaire, avec près d’un million de personnes déplacées vers la frontière turque.

– Trêve en Syrie? –

Ankara, qui accueille déjà 3,6 millions de Syriens sur son sol, réclame depuis plusieurs mois la création d’une « zone de sécurité » dans le nord de la Syrie pour y installer les personnes déplacées.

Après plusieurs semaines d’escalade des tensions dans cette région, Ankara a déclenché la semaine dernière une offensive contre le régime.

Le ministère turc de la Défense a annoncé mercredi la mort de deux nouveaux soldats dans des tirs du régime, portant à près de 40 les pertes depuis la semaine dernière à Idleb.

La Turquie, qui a abattu mardi un avion du régime, le troisième depuis dimanche, a multiplié ces derniers jours les frappes de drones. Neuf combattants pro-régime ont été tués mercredi dans une attaque de drone, selon l’Observatoire syrien des droits de l’Homme, une ONG.

Ces affrontements se produisent à la veille d’une rencontre cruciale à Moscou entre M. Erdogan et le président russe Vladimir Poutine, dont le pays appuie militairement le régime de Bachar al-Assad.

Le président turc a indiqué mercredi qu’il espérait arracher « un cessez-le-feu le plus rapidement possible » lors de ce sommet.

Le conflit en Syrie a fait plus de 380.000 morts depuis 2011.

burs-gkg/ezz/lpt

Le coronavirus en France: 4 morts, plus de 200 cas, 5 foyers

Quatre personnes porteuses du nouveau coronavirus sont décédées pour le moment en France, où ont été identifiés à ce jour 212 cas confirmés répartis majoritairement autour de quelques foyers, dont le principal dans l’Oise.

– Quatre morts –

+ Après plusieurs jours en réanimation à l’hôpital Bichat à Paris, un touriste chinois de 81 ans est mort le 14 février. Son décès a été le tout premier officiellement enregistré en Europe.

Arrivé en France le 23 janvier, cet homme originaire de la province de Hubei avait, dans un premier temps, consulté les urgences sans être repéré comme un cas suspect car il ne correspondait pas aux critères. Il avait de la fièvre mais ni toux ni signe respiratoire et ne venait pas de Wuhan, épicentre de l’épidémie, mais d’une ville située à 400 km au nord. Il a ensuite développé des problèmes respiratoires qui ont motivé un changement de son classement et le test s’est révélé positif le 28 janvier.

+ Un enseignant de 60 ans d’un collège de Crépy-en-Valois dans l’Oise est décédé dans la nuit du 25 au 26 février à l’hôpital de la Pitié-Salpétrière à Paris. Il était alors le premier Français décédé en lien avec le nouveau coronavirus. Il n’avait pas voyagé dans une zone touchée par le virus.

+ La troisième victime est une femme de 89 ans dont le décès a été annoncé le 2 mars. Elle a été « testée en post-mortem à l’hôpital de Compiègne »,et « avait d’autres pathologies », selon le directeur général de la Santé Jérôme Salomon. Elle était aussi originaire de l’Oise (de Crépy-en-Valois).

+ Un homme de 92 ans, qui faisait partie du regroupement de cas du Morbihan est décédé mardi 3 mars à l’hôpital de Vannes.

– Cinq regroupements de cas –

Selon Santé Publique France, 12 régions françaises comptent au moins un cas (11 en métropole + la Guadeloupe), mais la situation est très contrastée.

Les zones où circule le virus, dans lesquelles la « chaîne de transmission » est connue pour « 3 cas sur 4 », « sont bien identifiées », a souligné mardi le Pr Salomon.

+ L’Oise est le département le plus touché, avec au moins 91 cas confirmés, dont deux des quatre décédés. Les rassemblements sont interdits sur tout le département. Selon les autorités, les investigations sont toujours en cours pour déterminer l’origine de la contamination.

Neuf communes « cluster » sont visées par des mesures de restrictions, notamment la fermeture des établissements scolaires: Crépy-en-Valois, Vaumoise, Lamorlaye, Lagny-le-Sec, Creil, Montataire, Villers-Saint-Paul, Nogent-sur-Oise et la Croix-Saint-Ouen.

+ La commune de La Balme-de-Sillingy en Haute-Savoie a désormais dépassé les 20 cas confirmés. Sur les premiers cas annoncés dans cette commune, un homme revenait d’un déplacement en Lombardie, un des foyers de l’épidémie en Italie.

+ Dans le Morbihan, 13 cas ont pour l’instant été confirmés et un de ces patients est décédé. Trois communes sont particulièrement touchées: Crac’h, Auray et Carnac.

+ Le dernier foyer identifié mardi regroupe dix cas, parmi des personnes ayant participé en février à un rassemblement organisé par une église évangélique à Mulhouse.

+ D’autre part, onze cas ont été confirmés parmi les participants à un voyage touristique en Egypte début février.

– Hospitalisations –

Selon le Pr Salomon, la « quasi totalité » des patients contaminés sont hospitalisés, mais pas nécessairement dans le département où ils vivent.

Dix d’entre eux sont dans un état grave en réanimation, mais la plupart des autres patients sont hospitalisés simplement pour isolement, et cette situation pourrait changer si l’épidémie continue à se propager.

« 80% des cas sont bénins, il n’y a pas beaucoup de sens, si dans les prochains jours il y a beaucoup de cas, à ce que les cas soient systématiquement hospitalisés alors qu’ils ont des symptômes très mineurs », a indiqué mardi le Pr Salomon. « Ils pourraient parfaitement bénéficier d’un maintien à domicile ».

Dans cette optique, il va falloir organiser le travail « entre l’hôpital et la médecine de ville » pour identifier les patients qui « vont assez bien » pour rester chez eux et ceux qui doivent « bénéficier d’une hospitalisation (personnes fragiles, âgées ou à risques particuliers) », a-t-il ajouté, précisant que cette organisation serait « déclinée selon les spécificités des territoires ».

– Douze guérisons –

Douze personnes contaminées avant la brusque accélération de l’épidémie la semaine dernière sont guéries.

Il s’agit de la fille de 50 ans du touriste chinois décédé et d’un couple de trentenaires chinois qui avaient fait partie des premiers cas annoncés le 24 janvier. Mi-février, un homme d’origine chinoise de 48 ans, passé par Wuhan, a pu sortir à son tour après 22 jours d’hospitalisation à Bordeaux.

A Paris, un médecin libéral, contaminé par un patient chinois reparti ensuite pour Taïwan, où il a déclaré la maladie, a pu quitter l’hôpital guéri, tout comme une franco-chinoise de 33 ans revenue de Chine le 7 février.

Six Britanniques, dont un enfant, avaient été contaminés par un compatriote de retour de Singapour qu’ils avaient côtoyé dans un chalet des Contamines-Montjoie (Haute-Savoie) où il avait séjourné quelques jours fin janvier avant de repartir dans son pays. Ils sont tous ressortis de l’hôpital.

Algérie: ouverture du procès d’une figure populaire du « Hirak »

Le procès de l’opposant Karim Tabbou, figure de proue du mouvement de contestation qui secoue l’Algérie depuis plus d’un an, s’est ouvert mercredi matin à Alger.

Chef d’un petit parti d’opposition non enregistré, l’Union démocratique et sociale (UDS), M. Tabbou, 46 ans, est notamment « accusé d’incitation à la violence » et est en détention provisoire depuis fin septembre.

Il est devenu l’une des figures les plus populaires du « Hirak », le mouvement de protestation antirégime, et son portrait est régulièrement brandi lors des manifestations hebdomadaires.

Selon des journalistes sur place, la police a tenté de disperser un rassemblement de soutien organisé devant le tribunal de Sidi M’hamed, où se tient ce procès, et a procédé à plusieurs interpellations.

Avant de fonder l’UDS, M. Tabbou avait été de 2007 à 2011 premier secrétaire du Front des forces socialistes (FFS), plus ancien parti d’opposition d’Algérie.

Si le Hirak n’a pas de structure formelle, Karim Tabbou en est l’un des visages et l’une des voix.

Placé en détention une première fois le 12 septembre 2019 après avoir été inculpé « d’atteinte au moral de l’armée » par un tribunal de Tipaza, à l’ouest d’Alger, il avait été remis en liberté le 25 septembre. A nouveau arrêté dès le lendemain, il a été inculpé cette fois d' »incitation à la violence » et une nouvelle fois incarcéré.

Plusieurs dizaines de personnes restent poursuivies et en détention dans le cadre du « Hirak », selon les organisations de défense des droits humains, leur nombre précis étant difficile à établir en raison des remises en liberté et des interpellations qui se succèdent concomitamment.

Après 55 ans d’enquête sur la mort de Ben Barka, toujours les mêmes questions

Pour Maurice Buttin, la disparition de Mehdi Ben Barka est « l’affaire de toute une vie ». A 91 ans, cet avocat saisit toutes les occasions pour poser inlassablement les mêmes questions, sans réponse depuis l’enlèvement du célèbre opposant marocain, le 29 octobre 1965 à Paris.

« Qui a tué ? Qu’est devenu le corps ? Mon combat, c’est d’apporter ces réponses à la famille », explique à l’AFP celui qui représente la famille Ben Barka depuis 55 ans.

« C’est un combat de justice et de vérité », dit avec force cet homme engagé qui connaît sur le bout des doigts l’histoire du Maroc où il a grandi et fait ses premières plaidoiries en défendant des militants nationalistes.

Au moment de sa disparition, le principal opposant d’Hassan II (1961-1999), chef de l’opposition socialiste et figure de l’Internationale socialiste, vivait en exil, frappé par deux condamnations à mort par contumace au Maroc.

Le militant de 45 ans a été vu pour la dernière fois devant un drugstore du boulevard Saint-Germain à Paris où il avait été attiré sous prétexte d’un rendez-vous pour un film sur la décolonisation.

– « Toujours rien » –

En 1966 et 1967, les procès-fleuve en présence de plus de 200 témoins ont permis d’établir que son enlèvement avait été planifié par les services secrets marocains du +Cab 1+ avec la complicité de policiers et de truands français. Les principaux suspects, jugés par contumace, ont échappé à la justice. La famille a déposé une nouvelle plainte en 1975.

Les dix juges d’instruction successifs de la plus longue enquête jamais menée en France n’ont pas réussi à lever la chape de plomb qui entoure cette affaire d’Etat. Et la famille Ben Barka s’interroge encore sur les responsabilités de la France et du Maroc ou même d’Israël et des Etats-Unis.

Pendant des années, Maurice Buttin a « fait toutes les bibliothèques et épluché les archives des uns et des autres » en quête du moindre indice. Il ne lâche pas, même si « après 55 ans d’enquête, on ne sait toujours rien sur ce qui s’est passé ».

Infatigable, cet homme robuste au front couronné de cheveux blancs s’est déplacé fin février à Rabat pour marquer le centenaire de la naissance du militant internationaliste. Au programme, conférence de presse et dédicace de son livre « Ben Barka, Hassan II, De Gaulle, ce que je sais d’eux ».

Plusieurs hypothèses macabres entourent le destin de Ben Barka: coulé dans du béton près d’une autoroute. Découpé en morceaux, dissous dans une cuve d’acide, jeté dans la chaux. Enterré en région parisienne sous la mosquée d’Evry.

Le journaliste français Joseph Tual qui a enquêté pendant plus de 30 ans sur l’affaire soutient que sa tête a été rapatriée au Maroc, présentée au roi Hassan II et enfouie dans une ancienne prison secrète de Rabat.

Le journaliste israélien Ronin Bergman, auteur d’un livre-enquête sur les opérations du Mossad, assure pour sa part que les services secrets israéliens ont, à la demande des Marocains, aidé les tueurs à se débarrasser du corps.

Pour Me Buttin, le roi Hassan II a donné l’ordre de ramener de force l’opposant au Maroc, après une vaine tentative pour le faire rentrer de plein gré.

« Il n’a pas donné l’ordre de le tuer, mais il est tout de même coupable de sa mort, provoquée par une bavure de ses ravisseurs », avance-t-il.

Pour lui, l’enquête est restée bloquée parce qu’au Maroc, « le statut de droit divin (du roi) rend impossible toute forme de critique ».

– « Rabat sait » –

« Seul Rabat sait la vérité, mais ceux qui savent refusent de parler », regrette-t-il. Et avec le temps, « presque tous ceux qui ont été impliqués dans l’enlèvement sont morts ».

Restent encore, selon lui, un agent français, Antoine Lopez, « qui a perdu la tête » et « deux Marocains qui vivent à Rabat » en toute tranquillité.

Miloud Tounsi, soupçonné d’être l’agent du Cab 1 opérant sous l’identité de Larbi Chtouki pour coordonner l’opération, et le général Hosni Benslimane, ancien chef de la gendarmerie royale qui officiait à l’époque au cabinet du ministre de l’Intérieur Mohamed Oufkir, n’ont jamais été inquiétés par les mandats d’arrêt lancés contre eux en 2007 par la justice française.

Côté français, aucun dossier, y compris ceux déclassifiés, « ne contient de réponse sur les circonstances de la disparition du corps et du décès », selon Me Buttin. Mais les documents pas encore déclassifiés « pourraient permettre de connaître le niveau des complicités » en France, selon lui.

« Tant que Dieu me prête vie, je continue », explique l’avocat avec un grand sourire. Retraité depuis 15 ans, il ne plaide plus mais reste actif sur ce dossier « par fidélité » pour la famille, par « idéal de justice ».

Après 55 ans d’enquête sur la mort de Ben Barka, toujours les mêmes questions

Pour Maurice Buttin, la disparition de Mehdi Ben Barka est « l’affaire de toute une vie ». A 91 ans, cet avocat saisit toutes les occasions pour poser inlassablement les mêmes questions, sans réponse depuis l’enlèvement du célèbre opposant marocain, le 29 octobre 1965 à Paris.

« Qui a tué ? Qu’est devenu le corps ? Mon combat, c’est d’apporter ces réponses à la famille », explique à l’AFP celui qui représente la famille Ben Barka depuis 55 ans.

« C’est un combat de justice et de vérité », dit avec force cet homme engagé qui connaît sur le bout des doigts l’histoire du Maroc où il a grandi et fait ses premières plaidoiries en défendant des militants nationalistes.

Au moment de sa disparition, le principal opposant d’Hassan II (1961-1999), chef de l’opposition socialiste et figure de l’Internationale socialiste, vivait en exil, frappé par deux condamnations à mort par contumace au Maroc.

Le militant de 45 ans a été vu pour la dernière fois devant un drugstore du boulevard Saint-Germain à Paris où il avait été attiré sous prétexte d’un rendez-vous pour un film sur la décolonisation.

– « Toujours rien » –

En 1966 et 1967, les procès-fleuve en présence de plus de 200 témoins ont permis d’établir que son enlèvement avait été planifié par les services secrets marocains du +Cab 1+ avec la complicité de policiers et de truands français. Les principaux suspects, jugés par contumace, ont échappé à la justice. La famille a déposé une nouvelle plainte en 1975.

Les dix juges d’instruction successifs de la plus longue enquête jamais menée en France n’ont pas réussi à lever la chape de plomb qui entoure cette affaire d’Etat. Et la famille Ben Barka s’interroge encore sur les responsabilités de la France et du Maroc ou même d’Israël et des Etats-Unis.

Pendant des années, Maurice Buttin a « fait toutes les bibliothèques et épluché les archives des uns et des autres » en quête du moindre indice. Il ne lâche pas, même si « après 55 ans d’enquête, on ne sait toujours rien sur ce qui s’est passé ».

Infatigable, cet homme robuste au front couronné de cheveux blancs s’est déplacé fin février à Rabat pour marquer le centenaire de la naissance du militant internationaliste. Au programme, conférence de presse et dédicace de son livre « Ben Barka, Hassan II, De Gaulle, ce que je sais d’eux ».

Plusieurs hypothèses macabres entourent le destin de Ben Barka: coulé dans du béton près d’une autoroute. Découpé en morceaux, dissous dans une cuve d’acide, jeté dans la chaux. Enterré en région parisienne sous la mosquée d’Evry.

Le journaliste français Joseph Tual qui a enquêté pendant plus de 30 ans sur l’affaire soutient que sa tête a été rapatriée au Maroc, présentée au roi Hassan II et enfouie dans une ancienne prison secrète de Rabat.

Le journaliste israélien Ronin Bergman, auteur d’un livre-enquête sur les opérations du Mossad, assure pour sa part que les services secrets israéliens ont, à la demande des Marocains, aidé les tueurs à se débarrasser du corps.

Pour Me Buttin, le roi Hassan II a donné l’ordre de ramener de force l’opposant au Maroc, après une vaine tentative pour le faire rentrer de plein gré.

« Il n’a pas donné l’ordre de le tuer, mais il est tout de même coupable de sa mort, provoquée par une bavure de ses ravisseurs », avance-t-il.

Pour lui, l’enquête est restée bloquée parce qu’au Maroc, « le statut de droit divin (du roi) rend impossible toute forme de critique ».

– « Rabat sait » –

« Seul Rabat sait la vérité, mais ceux qui savent refusent de parler », regrette-t-il. Et avec le temps, « presque tous ceux qui ont été impliqués dans l’enlèvement sont morts ».

Restent encore, selon lui, un agent français, Antoine Lopez, « qui a perdu la tête » et « deux Marocains qui vivent à Rabat » en toute tranquillité.

Miloud Tounsi, soupçonné d’être l’agent du Cab 1 opérant sous l’identité de Larbi Chtouki pour coordonner l’opération, et le général Hosni Benslimane, ancien chef de la gendarmerie royale qui officiait à l’époque au cabinet du ministre de l’Intérieur Mohamed Oufkir, n’ont jamais été inquiétés par les mandats d’arrêt lancés contre eux en 2007 par la justice française.

Côté français, aucun dossier, y compris ceux déclassifiés, « ne contient de réponse sur les circonstances de la disparition du corps et du décès », selon Me Buttin. Mais les documents pas encore déclassifiés « pourraient permettre de connaître le niveau des complicités » en France, selon lui.

« Tant que Dieu me prête vie, je continue », explique l’avocat avec un grand sourire. Retraité depuis 15 ans, il ne plaide plus mais reste actif sur ce dossier « par fidélité » pour la famille, par « idéal de justice ».

Afghanistan: frappe américaine et attaques des talibans, la paix s’éloigne

Le processus de paix en Afghanistan paraît chaque jour plus hypothétique, les Etats-Unis ayant annoncé mercredi une première frappe aérienne contre les talibans depuis l’accord de Doha alors que les insurgés ont tué au moins 20 soldats et policiers afghans.

Mardi, après « une très bonne conversation » avec le mollah Baradar, principal négociateur du processus de Doha, le président Donald Trump avait déduit que les talibans « veulent mettre fin à la violence ». Mais sur le terrain, la réalité semble toute autre.

Les insurgés n’ont cessé de multiplier les attaques contre les forces afghanes, depuis qu’ils ont mis fin lundi à une trêve partielle qui avait duré neuf jours.

Cette diminution des combats, exigée par Washington, leur a permis de signer un accord historique samedi à Doha, dans lequel Washington s’est engagé à retirer les troupes étrangères d’Afghanistan sous 14 mois, en échange du respect par les insurgés de certaines garanties, dont leur participation à un dialogue inter-afghan sur l’avenir du pays, censé démarrer le 10 mars.

En outre, « les dirigeants des talibans avaient promis à la communauté internationale qu’ils réduiraient la violence et non qu’ils augmenteraient les attaques », a pointé sur Twitter le colonel Sonny Leggett, porte-parole des forces américaines en Afghanistan.

Or la violence est encore montée d’un cran: au moins 20 policiers et soldats ont été tués lors d’attaques talibanes dans la nuit de mardi à mercredi.

« Des combattants talibans ont attaqué au moins trois avant-postes de l’armée dans le district d’Imam Sahib à Kunduz, tuant au moins dix soldats et quatre policiers », a indiqué Safiullah Amiri, membre du conseil provincial de Kunduz (Nord).

La police locale et un cadre du ministère de la Défense ont confirmé ce bilan.

Dans l’Oruzgan (Sud), « six policiers ont été tués et sept blessés » par les talibans à Tarinkot, a indiqué Zergai Ebadi, porte-parole du gouverneur de la province.

– ‘Défendre nos partenaires afghans’ –

Mardi déjà, un porte-parole du ministère afghan de l’Intérieur dénombrait 33 attaques talibanes contre les forces des sécurité afghanes dans 16 des 34 provinces du pays.

Le colonel Leggett a lui fait état, « sur la seule journée du 3 mars », de 43 attaques des talibans contre des points de contrôle des forces afghanes dans le Helmand, province du Sud considérée comme un des principaux fiefs des insurgés.

En retour, « les Etats-Unis ont conduit mercredi une frappe aérienne à Nahr-e Saraj, dans le Helmand, contre des combattants talibans qui attaquaient activement les forces de sécurité afghanes. C’était une frappe défensive », a tweeté le militaire américain.

« Nous sommes engagés pour la paix, mais nous avons la responsabilité de défendre nos partenaires afghans », a-t-il poursuivi pour justifier cette première frappe américaine depuis les accords de Doha, mais également leur « première frappe contre les talibans » depuis le début de la trêve partielle, il y a « 11 jours ».

Cette détérioration sécuritaire fait peser des craintes sur le dialogue inter-afghan, censé réunir talibans, gouvernement afghan, opposition et société civile. Des pourparlers historiques, les talibans refusant depuis 18 ans de reconnaître les autorités de Kaboul, qu’ils qualifient de « marionnette » des Etats-Unis.

Mais au-delà de la situation sécuritaire, d’autres obstacles s’annoncent: le président afghan Ashraf Ghani rejette l’un des principaux points de l’accord de Doha, la libération de jusqu’à 5.000 prisonniers talibans en échange de celle de jusqu’à 1.000 membres des forces afghanes aux mains des insurgés.

Selon les talibans, qui font désormais de cette mesure un préalable à tout démarrage des discussions inter-afghanes, le mollah Baradar a demandé à M. Trump de « ne laisser personne prendre des mesures qui enfreignent les termes de l’accord ».

Migrants: heurts à la frontière turco-grecque

Des heurts se sont produits mercredi à la frontière turco-grecque, faisant au moins un blessé parmi les migrants, selon des correspondants de l’AFP.

Près du poste-frontière de Pazarkule (Kastanies, côté grec) un migrant a été blessé à la jambe par des tirs en provenance du côté grec après avoir tenté avec un groupe de réfugiés de découper le grillage dressé à la frontière pour pénétrer en territoire grec, a constaté un photographe de l’AFP.

Des échauffourées ont suivi cet incident au cours desquelles des migrants ont lancé des pierres en direction des forces de sécurité grecques qui ont riposté en faisant usage de gaz lacrymogènes.

Plusieurs ambulances turques sont arrivées dans le secteur à la suite de ces heurts.

Dans une vidéo fournie à l’AFP par le gouvernement grec, on voit des policiers turcs en train de tirer des grenades lacrymogènes contre les policiers grecs au poste-frontière.

Selon des correspondants de l’AFP présents côté turc de la frontière à Kastanies, des colonnes de de migrants de la zone tampon se sont approchés mercredi matin des fils barbelés.

Des tirs en l’air dont l’origine ne pouvait être déterminée, des cris, des sirènes de police pouvaient être entendus. De la fumée se dégageait d’un gros feu.

Des cordons de policiers casqués et lourdement équipés se tenaient prêts côtés grec, selon la même source.

La Turquie, qui tente d’obtenir davantage de soutien occidental en Syrie face au régime syrien et son allié russe, a ouvert vendredi sa frontière avec la Grèce pour laisser passer vers l’Europe les migrants se trouvant déjà sur son territoire.

Après cette annonce, plusieurs milliers de personnes ont afflué au point de passage de Pazarkule. Plusieurs canots pneumatiques transportant des migrants sont en outre arrivés sur les îles égéennes de Lesbos, Chios et Samos.

Entre samedi et lundi soir, « 24.203 tentatives d’entrées illégales ont été évitées, 183 personnes ont été arrêtées », selon le gouvernement grec.

Au Pakistan, la pire invasion de criquets depuis près de 30 ans

Dans la région de Pipli Pahar (Est), le fracas d’ustensiles en métal vient briser la sérénité des champs de blé. A l’origine du tintamarre, des paysans tentent d’effrayer des criquets pèlerins, dont c’est la pire invasion au Pakistan depuis près de 30 ans.

Chaque jour, au lever du soleil, des nuages de pesticides obscurcissent l’air. Les villageois ramassent alors des pelletées d’insectes morts, qu’ils remettent à des fonctionnaires contre une récompense de 20 roupies pakistanaises (12 centimes d’euros) par kilo.

« Je n’avais pas vu une telle invasion de toute ma carrière », s’effraie Shehbaz Akhtar, un fonctionnaire chargé de l’éradication des criquets dans la province du Pendjab, le grenier à céréales du Pakistan.

Le Pakistan connaît sa pire attaque de criquets pèlerins depuis 27 ans, ont déclaré des responsables fédéraux et locaux à l’AFP.

D’après l’ONU, fortes pluies et cyclones ont déclenché une multiplication « sans précédent » des populations de criquets l’an passé dans la péninsule arabique.

Les essaims ont ensuite quitté le désert du Baloutchistan (Sud-Ouest), près de la frontière iranienne, où ils se reproduisent habituellement, pour s’abattre sur le Pendjab et le Sindh (Sud).

Les criquets pèlerins avaient déjà fait de lourds dégâts dans le nord-ouest de Inde, voisin du Pakistan, ces derniers mois. Une année de conditions climatiques extrêmes les ont également vu dévaster une dizaine de pays d’Afrique de l’Est cette année.

Au Pakistan, aucune donnée officielle ne permet de savoir combien de terres ont été touchées ni combien ils menacent la sécurité alimentaire ou même l’économie du pays, dont l’agriculture pèse 20% du PIB.

– ‘Vaincre’ les criquets –

Les autorités, qui affirment procéder à des enquêtes locales dont beaucoup sont encore en cours, ont déclaré une urgence nationale. Une « opération de combat » a été lancée pour « vaincre » les criquets, affirme Shehbaz Akhtar.

« Nous pulvérisons deux fois par jour ici », acquiesce Fayyaz Azeem, juché sur un tracteur, un masque sur le visage et les mains gantées, pour épandre des pesticides, une fois à l’aube et une autre fois le soir.

Mais la méthode est lente, face à des essaims pouvant parcourir 150 km quotidiennement. Souvent, lorsque les criquets sont tués dans un champ, ils ont déjà détruit le suivant. Les produits chimiques sont en outre si forts qu’ils rendent les céréales inconsommables ensuite.

L’ami et voisin chinois a proposé son aide face au fléau, envoyant des équipes d’experts pour évaluer la crise, se réjouit Muhammad Hashim Popalzai, secrétaire au ministère de la sécurité alimentaire, interrogé par l’AFP.

Sur la base de leur recommandations, Pékin pourrait proposer la pulvérisation aérienne – une méthode beaucoup plus rapide et efficace. Le Pakistan pourrait également importer des pesticides de Chine.

– Vigilance –

L’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), s’implique également, selon M. Popalzai, permettant la tenue de réunions entre Inde et Pakistan, deux puissances nucléaires aux relations exécrables, pour empêcher les essaims de se propager.

Mais pour beaucoup, le mal est déjà fait. Une catastrophe quand « nos moyens de subsistance dépendent des récoltes », déplore Muhammad Ismaeel Wattoo, un autre agriculteur touché par le fléau à Pipli Pahar.

Dans la province du Sindh, les responsables craignent l’impact des criquets sur la production de coton, qui atteint son maximum pendant l’été. D’après la Chambre d’agriculture du Sindh, environ 40% de toutes les cultures ont été détruites « à Karachi et dans les environs ».

Zafar Hayyat, le président du Bureau des agriculteurs du Pakistan, impute la faute aux autorités. La dernière invasion de cette ampleur date d’il y a si longtemps que « le gouvernement n’était plus vigilant », regrette-t-il.

Les autorités doivent en outre rester sur le qui-vive car « après la saison de reproduction, il y a un risque que les essaims reviennent en juin », avertit-il.

Mais pour certains à Pipli Pahar, les efforts déjà déployés ont été trop faibles, ou trop tardifs. Assise au coin d’un champ de blé avec sa vache, Rafiya Bibi observe les nuages de pesticides qui l’entourent.

Les criquets ont déjà détruit ses cultures de colza, de tournesol, de piments et de tabac, qu’elle avait payées avec un prêt de 45.000 roupies (260 euros) du gouvernement, une fortune en milieu rural.

Sans récolte, elle craint de ne pas pouvoir rembourser son prêt. Et soupire: « tout ce qu’il me reste, c’est pleurer. »

Gabon : les acteurs politiques optent pour le respect de la Constitution

Le président du Conseil national de la démocratie (CND), Me Séraphin Ndaot Rembogo a procédé mardi à la clôture des assises de la première session ordinaire de l’Institution qui ont permis d’esquisser des pistes de solution consensuelle tendant à améliorer le système démocratique national.

Avec pour ordre du jour les questions cruciales visant à revitaliser le Conseil national de la Démocratie, et a consolider la démocratie en gestation, la rentrée solennelle de l’Institution  s’est tenue dans un climat bon enfant. Au terme d’une semaine de débats animés et âpres,les acteurs politiques (majorité et opposition)   sont parvenus à faire une série d’avis et de recommandations visant à améliorer le système démocratique par nature perfectible.

Heinz Essonghe, président du Bloc des patriotes unis (BPU), parti de l’opposition s’est réjoui du déroulement des travaux qui ont été l’occasion de mettre l’équilibre sur plusieurs questions primordiales qui  font débat sur la place publique, telle que celle relative au mandat des sénateurs.

« Nous avons travaillé du 25 février au 3 mars, donc nous avons pris une semaine pour discuter de plusieurs questions inhérente à la vie politique de notre pays. Et des questions phares comme le mandat du Sénat. Une des résolutions fortes qui va être prise, c’est de demander au gouvernement de respecter la loi. La constitution est claire là-dessus, ils doivent se référer à la norme constitutionnelle afin que les choses se passent dans les normes », a confié M. Essonghe

Le président Séraphin Ndaot a pour sa part, félicité ses collègues pour leur volonté de parvenir à un climat apaisé au sein de l’Institution partant de la vie politique du pays.

« Qu’il s’agisse de la mise en œuvre des recommandations et avis, de la valorisation des outils et moyens qui améliorent le fonctionnement du Conseil national de la Démocratie, vos réflexions se sont résolument et constamment orientées vers la satisfaction des besoins et des attentes de la classe politique et contribueront efficacement à la lutte contre les crises multiformes récurrentes que connait notre pays », a déclaré Me Ndaot Rembogo.

La synthèse des recommandations de cette session ordinaire sera notifiée sous forme d’avis aux pouvoirs publics conformément à la loi.

Source: gabonactu