OMC : Ngozi Okonjo-Iweala déjà à l’épreuve

La nouvelle directrice de l’Organisation Mondiale du Commerce (OMC) a pris ses fonctions ce 1er mars pour un mandat de quatre ans.Une journée historique pour la Nigériane, devenue la première femme et la première Africaine à diriger l’Organisation Mondiale du Commerce (OMC). Pour sa prise de fonction, ce lundi à Genève (Suisse), l’ancienne ministre des Finances du Nigeria a placé sa journée sous le signe de l’écoute.

Le successeur du Brésilien Roberto Azevedo, qui a quitté ses fonctions en août un an avant la fin de son mandat, aura comme premier chantier de nommer ses quatre nouveaux directeurs adjoints. Ces derniers auront pour mission de l’aider à redynamiser le mécanisme de négociation de l’organisation. « Je viens à Genève avec une nouvelle paire d’yeux pour jeter un nouveau regard », a dit récemment la nouvelle patronne de l’organisation dont l’élection avait été entérinée par consensus le 15 février par les 164 pays membres.

Bataille des superpuissances

Le deuxième chantier, et non moins important, concerne les réformes dans une institution minée par les conflits entre grandes puissances. Le combat s’annonce rude entre les Etats-Unis, l’Union européenne (UE) et la Chine. Les pays industrialisés n’admettent plus le statut de pays en développement de la Chine qui lui donne de nombreux avantages.

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Loin de cette bataille, l’Afrique, dont est originaire l’ancienne Directrice de la Banque Mondiale, n’a pas tiré profit de la mondialisation des échanges au cours des dernières décennies. La part du continent dans le commerce mondial est passée de 4,8 % au début des années 1970 à 2,5 % aujourd’hui.

Toutefois, la mission urgente de la nouvelle cheffe de l’OMC sera de donner son impulsion au dossier urgent lié à la pandémie de la Covid-19. Une large coalition de pays demande une dérogation des règles sur la protection de la propriété intellectuelle afin de pouvoir produire les vaccins en masse.

Fondée en 1995, l’Organisation Mondiale du Commerce a depuis joué le rôle du gendarme mondial des échanges. Elle gère, notamment, les conflits entre pays par le biais de son tribunal.

Ethiopie : la FAO met en garde contre une nouvelle invasion acridienne

L’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), a averti mercredi l’Ethiopie, contre une nouvelle invasion de criquets pélerins à la suite des dernières pluies.Au cours des derniers jours, des pluies légères à modérées sont tombées dans le sud de l’Ethiopie, ce qui pourrait être suffisant pour permettre aux essaims présents dans le pays de mûrir et éventuellement de pondre des œufs, ce qui donnerait lieu à une autre génération de reproduction, a déclaré la FAO dans un communiqué.

Cependant, l’ampleur de la reproduction printanière devrait être limitée en raison des opérations de lutte en cours qui continuent de réduire le nombre d’essaims et la probabilité de mauvaises pluies printanières à partir du mois prochain, a-t-il ajouté.

Des essaims immatures persistent dans les régions d’Oromia (zones East Harerghe, Arsi, Borena) et SNNP (South Omo, Konso), notamment les zones sud de la vallée du Rift où plusieurs essaims ont été signalés, selon le même communiqué.

Selon la FAO, la situation actuelle dans la Corne de l’Afrique diffère considérablement de celle d’il y a un an, les essaims actuels étant de plus petite taille et d’un nombre plus limité.

La FAO a récemment déclaré que l’infestation de criquets pèlerins en Ethiopie s’était aggravée, malgré les opérations de lutte terrestre et aérienne en cours.

Il a indiqué que les œufs éclosent abondamment et forment des bandes larvaires dans la région éthiopienne de Somalie, en raison des fortes pluies de novembre de l’année dernière.

Les bandes larvaires enregistrées à ce jour ont couvert plus de 351 km2 et ont consommé au moins 1.755.000 tonnes de végétation verte par jour.

Le TPLF détruit le réseau électrique du Tigré

Une panne de courant s’est produite au Tigré après que des rebelles du Front de libération du peuple rebelle du Tigré (TPLF) ont détruit, ce jeudi, le réseau électrique de l’Etat, a indiqué l’Ethiopian Electric Power (EEP, publique).La panne d’électricité est le résultat d’attaques délibérées contre un grand réseau électrique qui fournit du courant à plusieurs villes, dont Alamata, Mehoni et Mekelle, a déclaré l’EEP dans un communiqué.

Le TPLF en déroute avait détruit le même réseau électrique en novembre 2020 alors que les troupes fédérales avançaient vers la capitale de l’Etat, Mekelle, la dernière destination pour mettre fin à ce que le gouvernement a décrit comme une « opération d’application de la loi » dans l’Etat.

L’EEP a déclaré qu’il était en train de réparer le réseau électrique endommagé pour restaurer le service d’électricité dans le Tigré.

La semaine dernière, l’EEP a déclaré que le TPLF avait causé plus de 240 millions de Birr de dommages sur les infrastructures électriques dans l’Etat régional du Tigré pendant l’opération pour le retour de la loi et de l’ordre.

Ethiopie : le chef rebelle du Tigré annonce la poursuite du conflit

Le conflit entre les troupes fédérales éthiopiennes et les combattants rebelles du Front populaire de libération du Tigré (TPLF), se poursuivra sur différents fronts, a déclaré l’un des dirigeants fugitifs du mouvement.Dans un entretien accordé mardi au Tigray Media House, Getachew Reda, ancien ministre des Communications du gouvernement fédéral, a déclaré qu’il y a eu dans ce conflit des pertes importantes des deux côtés, avec 100.000 victimes.

Il a déclaré que les forces fédérales et celles de leurs alliés érythréens ont subi davantage de pertes depuis que le conflit a éclaté en novembre de l’année dernière.

« Au moment où je vous parle, les combats se poursuivent et les forces ennemies sont en déroute sur différents fronts de guerre » a-t-il déclaré, ajoutant que les combattants du TPLF ont détruit deux régiments appartenant à l’ennemi il y a quelques jours.

Addis-Abeba s’est lancée dans ce qu’elle a qualifié d’opération de maintien de l’ordre en novembre, dont le Premier ministre Abiy Ahmed a déclaré le succès un mois plus tard, après que les troupes fédérales ont capturé la capitale régionale Mekelle aux mains des combattants du TPLF.

Cependant, en réponse aux affirmations d’Abiy, M. Reda a décrit cette opération comme un vœu pieux de la part du premier ministre éthiopien, car selon lui, le TPLF est loin d’être vaincu.

« Il ne s’est pas passé un seul jour sans que des milliers de jeunes gens ne soient tués dans des combats », a-t-il ajouté.

« En fait, plus de troupes fédérales ont été tuées depuis qu’Abiy a revendiqué la fin de la guerre. De très jeunes soldats Amhara âgés de 17 ans seulement ont été tués par des tirs de mortier des forces du TPLF », a affirmé Geda.

Il a accusé une brigade de l’armée érythréenne d’être entièrement engagée dans des activités de vol.

UA : Moussa Faki Mahamat rempile

Le président de la Commission de l’Union africaine (CUA) a été réélu, samedi soir, pour un mandat de quatre ans.Sans surprise, Moussa Faki Mahamat (60 ans) reste à son poste. Le diplomate tchadien, qui était l’unique candidat à sa succession, a recueilli 51 voix sur 54 votants lors d’une réunion à huis clos des chefs d’État et de gouvernement du continent. En outre, 3 abstentions sont à noter.

Cette élection s’est tenue à l’occasion de la 34e Session ordinaire de l’Assemblée des chefs d’État et de gouvernement de l’organisation panafricaine.

Après ce plébiscite, l’ancien ministre des Affaires étrangères du Tchad s’est dit « profondément honoré par le vote de confiance écrasant et historique des États membres de l’UA ».

Le poste de vice-président de la Commission, principal enjeu de ces joutes, est revenu à Monique Nsanzabaganwa. La Rwandaise a obtenu 42 voix, soit plus des deux tiers requis. Elle a devancé entre autres Hasna Barkat Daoud (Djibouti) et Pamela Kasabiiti Mbabazi (Ouganda) qui n’ont eu que 12 voix.

Le président rwandais, Paul Kagamé, a joué un rôle majeur dans la victoire de sa compatriote.

UA : Moussa Faki rempile pour un 2ème mandat

Le président sortant de la Commission de l’Union africaine (CUA), Moussa Faki Mahamat, a été réélu samedi pour un mandat de quatre ans, a annoncé sa porte-parole Ebba Kalondo.Lors du vote organisé samedi dans le cadre de la 34eme session ordinaire du Sommet de l’UA, le président de la Commission a recueilli 51 voix, a-t-elle précisé dans un tweet.

« Profondément honoré par ce vote de confiance historique et écrasant », a commenté peu après M. Faki sur le même réseau social, félicitant au passage Monique Nsanzabaganwa, vice-gouverneur de la Banque nationale du Rwanda, élue son adjointe à la tête de la Commission.

La nouvelle Commission de l’Union africaine qui sera issue du 34eme Sommet de l’Union devra parachever la réforme et s’atteler avec célérité à la mise en œuvre des projets phares de l’agenda 2063, avait affirmé dans la journée le Président de la Commission de l’UA.

«La session de cette assemblée aura la particularité historique d’élire le leadership de la Commission. Ainsi refondée, la nouvelle Commission, devra parachever la réforme, répondre sans tarder aux attentes pressentes des Etats et s’atteler avec célérité à la mise en œuvre des projets phares de l’agenda 2063», a souligné Moussa Faki Mahamat lors de la séance d’ouverture par visioconférence de la 34eme session ordinaire du Sommet de l’UA.

Revenant sur son mandat à la tête de la Commission qui arrive à terme, M. Faki Mahamat a relevé que toute son action au cours de ces quatre dernières années a été guidée par le souci du renforcement de l’Union africaine dans ses structures internes et dans sa présence sur la scène internationale.

UA : le bilan de Moussa Faki Mahamat en question

Le Tchadien boucle quatre années de présidence de la Commission de l’Union africaine (CUA) durant lesquelles il a presque fait l’unanimité.En janvier 2017, il a fallu pas moins de sept tours de scrutin à Moussa Faki Mahamat pour accéder au poste de président de la Commission de l’UA. Quatre ans plus tard, il est sur un boulevard pour décrocher un second mandat. En grande partie grâce à son bilan globalement jugé positif.

« Si le président Faki (60 ans) se représente, c’est qu’il bénéficie du soutien de la majorité des chefs d’Etat et de gouvernement. Il a des relations avec les véritables décideurs de l’Union africaine. Sur ce terrain-là, le soutien du président Idriss Deby Itno est un élément important », décrypte Gilles Yabi, fondateur du think-thank Wathi.

Parmi les missions assignées à ce diplomate lors de son élection, figurait la réforme institutionnelle de l’organisation panafricaine sous la présidence Paul Kagamé, président du Rwanda. Cette réforme visait à rendre l’UA moins bureaucratique et plus efficace dans sa gestion.

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Durant son premier mandat, des progrès ont été accomplis avec notamment la restructuration de la Commission, l’institution d’un Sommet de coordination en lieu et place de deux sommets par an, la répartition des tâches entre la Commission et les Communautés Economiques Régionales (CER), le financement de l’organisation et la mise en œuvre des réformes budgétaires.

Au plan sécuritaire, l’Union africaine s’est impliquée dans la résolution de nombreuses crises en Somalie, au Soudan du Sud, en République centrafricaine et au Soudan etc.

L’Organisation a adopté une résolution au Sommet de Nouakchott relative au conflit du Sahara Occidental. Celle-ci a consacré sa volonté d’apporter aux efforts des Nations unies un soutien actif pour une solution juste et équitable à ce lancinant différend.

Toutefois, la création de la Zone de libre-échange continentale africaine (Zlecaf) en mars 2018 à Kigali (Rwanda), son lancement en juin 2019 à Niamey (Niger), la nomination de son Secrétaire Général et son installation à Accra (Ghana) en août 2020, représentent un point positif majeur dans le bilan de Moussa Faki Mahamat.

« On sait très bien que dans notre continent, le vrai problème ce n’est pas d’avoir des chartes ou des documents, c’est plutôt la mise en œuvre effective dans les Etats qui pose problème. Malgré tout, il faut saluer que ce processus laborieux soit allé à son terme », indique M. Yabi.

En janvier 2018, l’adoption du Protocole relatif à la libre circulation des personnes, au droit de résidence et au droit d’établissement ainsi que l’instauration d’un passeport panafricain en février 2019 ont constitué une étape importante vers une plus grande intégration africaine.

A ces succès, s’ajoute le lancement en janvier 2018 du Marché unique de transport aérien africain (Mutaa), initiative dénommée « ciel ouvert de l’Afrique » qui concourt à la création d’un marché unique et unifié, grâce à la libéralisation de l’espace aérien du continent.

Toutefois, l’autonomie financière de l’organisation garantissant sa souveraineté politique risque de plomber certaines missions essentielles. « La plupart des États membres ne paient pas à temps », note un rapport publié en juillet 2018 lors du Sommet de Nouakchott (Mauritanie) et cela a « un impact négatif sur la mise en œuvre des programmes et l’exécution des budgets ».

Au plan politique, l’Union africaine a manqué d’harmonie pendant la dernière élection présidentielle en République démocratique du Congo (RDC). Certains chefs d’Etat ont félicité le nouveau président Félix Tshisekedi alors que le président de la Commission a, dans un communiqué, mis en doute les résultats du scrutin.

Le représentant légal de l’Union africaine et l’Ordonnateur principal du budget de la Commission est encore vu par des présidents comme une sorte de secrétariat chargé d’exécuter ce dont ils décident.

Avec un champ d’action limité, la Commission de l’Union africaine a eu du mal à mettre en œuvre son programme « Faire taire les armes » en 2020. Si elle compte désormais apporter des « solutions africaines » aux conflits sur le continent, la CUA a été mise à l’écart par les puissances occidentales en Libye.

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En termes de gouvernance démocratique, l’Union africaine a souvent montré une impuissance. « Le continent s’est doté d’une charte sur les élections et la gouvernance mais beaucoup de chefs d’Etat ne respectent pas l’esprit et la lettre de (ce texte) comme le principe de la limitation des mandats », souligne Gilles Yabi.

Ce dernier soutient que « le président de la Commission est conscient de la difficulté pour l’Union africaine d’aller au-delà des préconisations et des propositions ». Néanmoins, l’analyste politique pense que l’ancien Premier ministre tchadien aura plus de marge de manœuvre.

« On attend de lui une volonté plus affirmée pour mettre les pieds dans le plat par rapport à la limitation des mandats et du refus de l’alternance y compris au Tchad où il a été ministre des Affaires Etrangères. Dans ce pays, il n’y a pas d’alternance depuis trois décennies », signale le fondateur de Wathi.

La 34e Session ordinaire de l’Assemblée des chefs d’Etat et de gouvernement de l’Union africaine (UA) se tient les 7 et 8 février 2021 à Addis Abeba (Ethiopie) sous le thème « Arts, culture et patrimoine : un levier pour construire l’Afrique que nous voulons ».

UA : quelles priorités pour le nouveau mandat de Faki ?

Candidat pour un second mandat en tant que président de la Commission de l’Union africaine (UA), Moussa Faki Mahamat se fixe huit objectifs majeurs.L’ancien chef de la diplomatie tchadienne se dirige vers un ultime mandat à la tête de l’organisation continentale. Dans un programme d’une trentaine de pages, Moussa Faki Mahamat détaille sa vision pour les quatre prochaines années.

« Je ne saurais promettre ce que je sais au-delà de mes capacités et de mes pouvoirs. Je ne saurais, non plus, céder à la dispersion et à une boulimie politique vaine, non crédible et inappropriée. Aussi, je me propose de centrer les efforts sur des priorités en harmonie avec l’Agenda 2063. Ma volonté est de m’investir, avec la future Commission, à faire progresser de façon significative notre projet panafricaniste en me concentrant sur des domaines prioritaires ayant une vocation continentale », a-t-il promis.

Le président de la Commission de l’Union africaine (UA) veut inscrire son action dans un « cadre programmatique rigoureux » auquel il tiendra dans la mesure de ses possibilités. Élu pour la première fois en 2017, M. Mahamat affirme que l’ampleur déconcertante des demandes et les contraintes imposées par la limitation des ressources imposent des choix parfois douloureux.

Malgré tout, sa première priorité est de parachever la réforme institutionnelle et de renforcer le leadership de la Commission. Pour ce faire, l’Union africaine projette de construire un système de financement soutenable, de renforcer le mécanisme de mise en œuvre et de suivi de la réforme mais aussi l’unité et la cohésion des départements.

Le deuxième volet consiste à accroître la transparence administrative et financière. Dans le projet de construction d’« une institution bien gouvernée, il est primordial de continuer à consolider les cadres et les systèmes de gouvernance afin de renforcer la responsabilité redditionnelle dans toutes les sphères de l’administration et des finances », s’engage l’ex-Premier ministre du Tchad.

Dans le but de matérialiser ce point, tous les départements et bureaux seront instruits de s’inspirer des performances axées sur les résultats et de la gestion prudente des ressources, conformément aux règles, règlements et politiques établis en la matière.

Des efforts particuliers seront portés sur la réduction, voire la suppression, des goulots d’étranglement qui affectent considérablement les résultats. Davantage de mesures administratives et disciplinaires seront prises en tant que de besoin pour améliorer le fonctionnement de la Commission et de ses organes. A cet effet, les recommandations et résultats des audits externes connaitront une mise en œuvre diligente.

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La troisième priorité pour Faki, c’est de « faire taire les armes » à l’échelle du continent. « Le prochain mandat pourrait être un échec si nous ne parvenons pas à réduire substantiellement le bruit des armes dans les pays en proie aux crises et conflits armés », indique-t-il.

Ce faisant, il entend éradiquer le terrorisme dans le Sahel, la région du Lac Tchad, au Mozambique, en Tanzanie et en Somalie, consolider la paix en République centrafricaine, au Soudan du Sud, en Libye, au Soudan et apporter la contribution de l’Afrique à la solution du conflit au Sahara Occidental.

« Développer l’alerte précoce et la prévention, promouvoir la médiation africaine, raffermir le principe de la solution des problèmes africains par les africains, respecter les principes démocratiques et les droits de l’Homme devraient être, entre autres, les instruments de cette priorité », se persuade le président de la Commission de l’UA.

En outre, le Tchadien veut, grâce à son quatrième objectif, « conduire à bon port certains projets intégrateurs » en poursuivant quatre grands projets. Le succès de la Zone de libre-échange continentale africaine (Zlecaf) se situe au premier rang de ceux-ci.

Pour donner corps à ce vœu cher, Moussa Faki Mahamat va s’employer à « mobiliser les ressources nécessaires aux appuis au Secrétariat de la Zlecaf pour une mise en œuvre méthodique, progressive mais ferme de ce projet stratégique de notre continent ».

Dans le même ordre d’idées, il déclare : « La question des infrastructures me mobilise tout particulièrement. Je ferais tout pour que ce mandat connaisse le lancement effectif de l’un, au moins, de nos grands projets continentaux d’infrastructures : chemin de fer intégrateur ? Barrage d’approvisionnement hydroélectrique ? Ring road d’union et d’ouverture de l’Afrique au monde ? Cité de la jeunesse et de la révolution numérique ? »

A en croire l’ancien président du Conseil économique et social tchadien, la priorisation de l’un de ces projets sera jugée en fonction de la pertinence, de la faisabilité et des capacités de mobilisation des ressources.

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Dans le développement de sa cinquième priorité, le patron de la Commission de l’UA dit vouloir « faire reculer la pauvreté, se battre pour l’autosuffisance alimentaire, la résilience à travers un nouvel essor de l’agriculture et de l’économie bleue, la protection de l’environnement ».

Tandis que les femmes et les jeunes sont visés dans la sixième priorité avec notamment l’opérationnalisation des politiques en leur faveur. L’avant-dernière priorité consiste à « impulser la pensée africaine sur les déterminants patents des crises ».

Ce point renvoie à quatre thématiques importantes au sujet desquelles il s’efforcera de faire progresser la pensée africaine au sein des principaux centres des décideurs continentaux.

La question du constitutionnalisme et de l’Etat de droit y figure en bonne place. Parce que de nombreuses crises politiques graves résultent d’attitudes discutables vis-à-vis des fondements de nos Etats.

De l’avis de Moussa Faki Mahamat, « l’irrespect de notre constitutionnalisme s’invite comme déterminant récurrent de nos crises. Nous ne pouvons rester longtemps silencieux au regard de ce sujet. Il ne s’agit pas de mettre en cause la valeur du principe fondamental du libre choix de chaque peuple, de chaque Etat, d’adopter le système constitutionnel qui lui est propre. Il s’agit de renforcer le plaidoyer pour que les Etats membres respectent de tels choix une fois adoptés et devenus le fondement du pouvoir et de sa dévolution pacifique dans tel ou tel Etat membre de notre organisation ».

Enfin, le diplomate tchadien, conscient que « la coopération et la solidarité internationales sont irremplaçables » dans un « monde à la fois multiple et un », ambitionne de « ressourcer nos partenariats stratégiques ».

« L’Afrique et l’Asie, l’Afrique et l’Europe, l’Afrique et l’Amérique, comment ne pas être fier que notre continent soit aujourd’hui au centre de ces immenses ensembles géostratégiques ? En définitive pourtant, nous ne jouirons pleinement de ce statut qu’à la condition de nous affirmer, sans complexe ni ombrage, dans notre propre être, notre personnalité, notre identité, sur une base de totale égalité avec les autres », conclut le président de la Commission de l’UA.

La vice-présidence, principal enjeu des élections de l’UA

La réélection de l’actuel président de la Commission de l’Union africaine, Moussa Faki Mahamat, ne sera qu’une simple formalité.Seul candidat à sa succession, le Tchadien devrait rempiler pour un second mandat. Mais la bataille pour la vice-présidence s’annonce âpre. En effet, six candidats dont cinq femmes concourent pour un siège.

Avec trois postulants, l’Afrique de l’est est la zone la plus représentée. Elle est suivie de l’Afrique de l’ouest avec deux candidates. L’Afrique australe, quant à elle, vient en dernière position avec une représentante.

Le Maghreb ne présente pas de candidat. Tout comme l’Afrique centrale d’où est originaire Moussa Faki Mahamat. Car le président de la Commission de l’Union africaine (CUA) et son second ne peuvent pas provenir de la même aire géographique.

Mais quel rôle joue le vice-président de la Commission ? Ce dernier, s’il est moins médiatisé que le président, est tout de même un maillon important du Secrétariat de l’Union africaine. En effet, il assiste le président dans l’exercice de ses fonctions afin de garantir le bon fonctionnement de la Commission. En outre, le numéro 2 de la CUA est chargé de l’administration et des finances.

La personne qui occupe ce poste est élue par la Conférence des chefs d’Etat pour un mandat de quatre ans, renouvelable une fois. Le scrutin se fait par vote secret et à la majorité des deux tiers des États membres ayant le droit de vote.

Awale Ali Kullane est l’un de ceux qui se soumettront à cet exercice à l’occasion de la 34e Session ordinaire de l’Assemblée des chefs d’Etat et de gouvernement de l’UA. Cette rencontre se tient les 6 et 7 février dans la capitale éthiopienne.

L’actuel ambassadeur de la Somalie à Pékin (Chine) décline son programme en sept points : une prospérité inclusive et durable ; une Afrique intégrée et mondiale ; démocratie, droits de l’Homme et Etat de droit ; paix et sécurité ; identité culturelle, patrimoine et valeurs ; un développement axé sur les populations et une Afrique résiliente et influente.

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Toutefois, le diplomate somalien a peu de chance de l’emporter. En vertu du système de parité des genres instauré en 2018 par l’UA, le président de la CUA et son adjoint doivent être de sexes différents.

La Rwandaise Monique Nsanzabaganwa est l’une des trois femmes de l’Afrique de l’est à briguer ce fauteuil. Si elle triomphe, cet économiste promet d’« assurer la mise en œuvre, l’efficacité et la responsabilité de la CUA pour réaliser l’Afrique que nous voulons ».

Hasna Barkat Daoud, de Djibouti, est aussi en lice. En cas de succès, elle s’engage « à faire en sorte que le travail de suivi et de coordination soit réalisé pour l’atteinte effective des objectifs du président dans l’exercice de son mandat ».

En outre, l’Afrique orientale mise sur Pamela Kasabiiti Mbabazi. A 52 ans, l’Ougandaise estime que sa vision d’une « Afrique transformatrice d’une société à prédominance paysannerie à un continent moderne et socio-économiquement transformé » est ancrée dans la vision et la mission de l’Union africaine. Elle a notamment l’intention de mener des politiques qui « exploitent la jeunesse africaine et la riche base de ressources de l’Afrique de manière durable ».

Fatoumata Jallow Tambajang participe également à ce rendez-vous électoral. Au-delà de sa détermination à promouvoir le développement humain durable, la Gambienne affirme « être disposée à aider le président de la CUA (pour) que l’organisation soit continuellement préparée à faire face à des défis financiers et administratifs inattendus ainsi qu’à des menaces politiques, économiques et sociales ».

L’actuel vice-président de la Commission de l’UA est le Ghanéen Kwesi Quartey. Sa compatriote Martha Ama Akyaa Pobee veut marcher sur ses pas. Dans sa future mission, elle envisage « de soutenir le président et les parties prenantes concernées, de favoriser la collaboration et un esprit de coopération entre les organes et le personnel de l’Union africaine afin d’accélérer la mise en place d’une Commission axée sur les performances, capable, compétente, équilibrée, dotée de ressources suffisantes et efficace pour l’Afrique que nous voulons ».

Quid des commissaires ?

Au total, 25 candidats issus de 18 pays sont concernés par cette élection. Certains tenteront de rempiler là où d’autres veulent intégrer pour la première fois l’organe exécutif de l’UA. Parmi les six postes en jeu, celui de commissaire aux Affaires politiques, Paix et Sécurité vaut son pesant d’or.

Fruit de la fusion de deux départements, cette fonction est convoitée par l’actuelle titulaire aux Affaires politiques, la Burkinabè Minate Samate Cessouma, le Nigérian Bankole Adegboyega Adeoye et les diplomates sud-africain et tanzanien Jeremiah Nyamane Mamabolo et Liberata Rutageruka Mulamula.

Du fait de sa puissante diplomatie et de sa place de première économie du continent, le Nigeria est en pole position selon plusieurs observateurs. L’heureux élu succédera à l’Algérien, Smail Chergui, qui boucle son second mandat à la tête du département Paix et Sécurité.

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Quatre candidats se disputent le poste de commissaire à l’Agriculture. Le siège de commissaire pour l’Economie, le Commerce et l’Industrie est lorgné par cinq hommes. Le commissariat à l’Education et aux Sciences sera dirigé par un représentant de l’Afrique australe ou orientale. Le candidat ayant la faveur des pronostics serait Molapo Qhobela de l’Afrique du Sud.

Le Zimbabwéen Amos Marawa, le Kényan Cyrus Njiru, la Rwandaise Coletha Uwineza Ruhamya et l’Égyptienne Amani Abou-Zeid sont en compétition pour le poste de commissaire à l’Énergie et aux Infrastructures.

L’Ivoirien Justin N’Guessan Koffi pourrait aux commandes du département de la Santé, des Affaires humanitaires et du Développement. Le Kényan Ahmed Ezra Ogwell Ouma et la Mauritanienne Aicha Vall Verges sont aussi engagés dans la compétition.

Pour les postes de commissaires, seuls 29 % du total des candidats sont des femmes. C’est-à-dire huit postulants parmi les vingt-cinq de la liste définitive.

L’Ethiopie déjoue un attentat contre l’ambassade des Emirats arabes

Les forces de sécurité éthiopiennes ont déjoué une attaque terroriste planifiée contre l’ambassade des Emirats arabes unis (EAU) à Addis-Abeba, a déclaré le Service national de renseignement et de sécurité (NISS).Selon un communiqué publié mercredi par les services de sécurité, 15 suspects ont été arrêtés alors qu’ils envisageaient de mener l’attaque contre l’ambassade, sur ordre de groupes terroristes étrangers.

L’attaque visait principalement à infliger d’énormes pertes en vies humaines et à endommager des propriétés, ainsi qu’à nuire à la bonne image d’Addis-Abeba, qui est le siège de missions diplomatiques africaines et internationales, a déclaré le NISS.

Les suspects ont été arrêtés dans le cadre d’une opération conjointe menée par les services de sécurité, la Commission fédérale de la police et d’autres organes de sécurité, a-t-il indiqué.

Selon le même communiqué, plusieurs armes à feu, des explosifs et divers documents ont également été saisis au cours de l’opération.

Le communiqué indique en outre que le NISS, en collaboration avec son homologue soudanais, a réussi à démanteler les réseaux de groupes terroristes et a déjoué l’attaque planifiée contre l’ambassade des Emirats arabes unis à Khartoum la capitale du Soudan,

Le cerveau du complot déjoué serait un résident suédois, Ahmed Ismaïl, qui a été arrêté par les forces de sécurité suédoises, a-t-il déclaré, ajoutant que l’Ethiopie et la Suède avaient collaboré en échangeant des informations.

Covid-19: l’Ethiopie lance la campagne «No Mask No Service»

L’Ethiopie a officiellement lancé la campagne nationale « No Mask No Service » (le masque ou rien) dans le cadre d’efforts visant à lutter contre la pandémie de coronavirus dans le pays.Cette mesure, qui sera effective dès mardi dans toutes les écoles du pays, est jugée d’une importance capitale pour freiner la propagation du virus dans les écoles et protéger ainsi le processus d’enseignement et d’apprentissage des perturbations dues à cette pandémie.

À cette occasion, les élèves sont invités à respecter la mesure de port de masque en dehors des écoles afin de protéger la communauté.

Le ministre d’état à l’Education, Haregua Mamo, a déclaré que la communauté avait fait preuve de négligence à l’égard des mesures contre la pandémie, car la propagation du virus s’intensifie de manière alarmante, et a appelé la communauté à s’en tenir aux gestes barrières.

Le ministère a indiqué que 106 nouveaux cas ont été enregistrés au cours des dernières 24 heures, ce qui porte le nombre de décès à 122.968 à l’échelle nationale.

L’Ethiopie, deuxième pays le plus peuplée d’Afrique, est l’un des pays les plus touchés par la Covid-19 en Afrique, après l’Afrique du Sud, le Maroc, la Tunisie et l’Egypte.

Le pays a jusqu’à présent enregistré le plus grand nombre de cas Covid-19 positifs dans la région de l’Afrique de l’Est.

Différend frontalier : l’Ethiopie exige le retrait des troupes soudanaises

Le Soudan devrait retirer ses troupes d’un territoire contesté près de la frontière commune avec l’Ethiopie avant les pourparlers proposés, a déclaré, mercredi, le ministère éthiopien des Affaires étrangères.Dina Mufti, porte-parole du ministère, a confié aux journalistes que « les dirigeants soudanais battent les tambours de guerre et l’armée soudanaise continue de piller et de déplacer les agriculteurs éthiopiens ».

Selon Mufti, l’Ethiopie pense toujours que le problème peut être résolu à l’amiable grâce à des pourparlers.

Cependant, a-t-il précisé, « avant le début de toute négociation, l’Ethiopie demande au Soudan d’évacuer ses troupes des zones qu’elles occupent depuis le 6 novembre 2020 ».

Il a affirmé que des agriculteurs éthiopiens avaient été expulsés de leurs régions en raison de l’occupation présumée.

Les tensions entre Addis-Abeba et Khartoum se seraient exacerbées hier mardi après que l’armée soudanaise est entrée à l’ouest de la région éthiopienne de Gondar, près de la frontière.

La zone frontalière est contestée depuis plus d’un siècle, avec un certain nombre de tentatives infructueuses pour parvenir à un accord sur l’emplacement exact de la ligne de démarcation.

Des traités ont été conclus en 1902 et 1907 entre l’Ethiopie et la Grande-Bretagne pour définir la frontière. Mais l’Ethiopie a longtemps affirmé qu’en réalité, certaines parties des terres cédées au Soudan lui appartenaient.

Ces tensions frontalières surviennent à un moment où l’Ethiopie, le Soudan et l’Egypte tentent également de résoudre la question du Grand barrage de la Renaissance éthiopienne (GERD) en cours de construction sur le fleuve Nil.

Addis-Abeba dément toute tentative d’assassinat contre le Pm

Le bureau du Premier ministre éthiopien a démenti dimanche les rumeurs circulant sur les réseaux sociaux selon lesquelles le Premier ministre Abiy Ahmed a échappé à un assassinat.« Le Premier ministre Abiy Ahmed est en service, en sécurité et en bonne santé », a déclaré la Primature dans un communiqué publié ce week-end.

Selon des rumeurs sur les réseaux sociaux, Abiy serait parti se soigner après avoir été blessé par balles. Le Premier ministre aurait été agressé après avoir eu une discussion avec le chef du Bureau national du renseignement et de la sécurité.

« Nous demandons au public de rester vigilant face aux fausses informations circulant au sujet de la santé et du bien-être du Premier ministre Abiy Ahmed sur les réseaux sociaux », a-t-il ajouté.

Depuis le début de la semaine dernière, cependant, le Premier ministre n’est pas apparu et de nombreuses personnes se sont déclarées préoccupées par sa disparition à la télévision.

Les dizaines de responsables qui auraient coordonné l’attaque ont été arrêtés, selon la rumeur. La réaction des médias sociaux à cette rumeur a été mitigée et la majorité des utilisateurs espère que la rumeur soit fausse.

Le Premier ministre Abiy Ahmed était actif sur les réseaux sociaux ; il partageait et mettait régulièrement à jour ses fans, sauf ces derniers jours. Abiy Ahmed est le 4ème Premier ministre de la République fédérale démocratique d’Ethiopie depuis le 2 avril 2018.

Ethiopie : des armes de guerre découvertes au Tigré

Beaucoup d’armes de guerre ont été découvertes au Tigré.La 4ème division mécanisée des forces de défense éthiopiennes a découvert 51 roquettes et missiles cachés par le Front de libération du peuple du Tigré (TPLF) dans une jungle près d’une ville de la région du Tigré.

Tous sont des missiles et des roquettes air-sol. Ils ont été placés à proximité de camions-citernes et d’acétylène. S’ils avaient explosé, ils auraient pu tout détruire, y compris l’aéroport voisin, a déclaré lundi le chef du commandement nord de l’armée de l’air éthiopienne, le colonel Wendu Kindu.

Au début du mois dernier, les forces de défense éthiopiennes avaient pris le contrôle de plusieurs roquettes et missiles à Mekele, capitale du Tigré, après avoir déclaré la victoire sur les forces du TPLF.

Le TPLF a bombardé trois fois des villes éthiopiennes et érythréennes par des roquettes sans causer de graves dommages.

L’ancien président de la région du Tigré, Debretsion Gebremichael, qui reste toujours introuvable, avait confirmé des frappes de missiles visant l’aéroport de la capitale érythréenne, Asmara, le qualifiant de « cible légitime ».

Dans un message écrit, Debretsion a déclaré que le TPLF combattait 16 divisions érythréennes, sans en apporter de preuve. Des responsables du TPLF avaient également accusé l’Erythrée d’aider le Premier ministre éthiopien, Abiy Ahmed dans le conflit avec le Tigré.

Selon lui, la recherche de chefs fugitifs du TPLF et la recherche de plus de missiles et de roquettes sont en bonne voie.

Pour rappel, l’armée éthiopienne a découvert 22 réservoirs de carburant qui ont été enterrés par les rebelles TPLF près de Mekele.

Ethiopie : des armes de guerre découvertes au Tigré

Beaucoup d’armes de guerre ont été découvertes au Tigré.La 4ème division mécanisée des forces de défense éthiopiennes a découvert 51 roquettes et missiles cachés par le Front de libération du peuple du Tigré (TPLF) dans une jungle près d’une ville de la région du Tigré.

Tous sont des missiles et des roquettes air-sol. Ils ont été placés à proximité de camions-citernes et d’acétylène. S’ils avaient explosé, ils auraient pu tout détruire, y compris l’aéroport voisin, a déclaré lundi le chef du commandement nord de l’armée de l’air éthiopienne, le colonel Wendu Kindu.

Au début du mois dernier, les forces de défense éthiopiennes avaient pris le contrôle de plusieurs roquettes et missiles à Mekele, capitale du Tigré, après avoir déclaré la victoire sur les forces du TPLF.

Le TPLF a bombardé trois fois des villes éthiopiennes et érythréennes par des roquettes sans causer de graves dommages.

L’ancien président de la région du Tigré, Debretsion Gebremichael, qui reste toujours introuvable, avait confirmé des frappes de missiles visant l’aéroport de la capitale érythréenne, Asmara, le qualifiant de « cible légitime ».

Dans un message écrit, Debretsion a déclaré que le TPLF combattait 16 divisions érythréennes, sans en apporter de preuve. Des responsables du TPLF avaient également accusé l’Erythrée d’aider le Premier ministre éthiopien, Abiy Ahmed dans le conflit avec le Tigré.

Selon lui, la recherche de chefs fugitifs du TPLF et la recherche de plus de missiles et de roquettes sont en bonne voie.

Pour rappel, l’armée éthiopienne a découvert 22 réservoirs de carburant qui ont été enterrés par les rebelles TPLF près de Mekele.

Addis-Abeba dément la rumeur de la tentative d’assassinat de Abiy Ahmed

Le bureau du Premier ministre éthiopien a démenti dimanche les rumeurs circulant sur les réseaux sociaux selon lesquelles le Premier ministre Abiy Ahmed a échappé à un assassinat.« Le Premier ministre Abiy Ahmed est en service, en sécurité et en bonne santé », a déclaré la Primature dans un communiqué publié ce week-end.

Selon des rumeurs sur les réseaux sociaux, Abiy serait parti se soigner après avoir été blessé par balles. Le Premier ministre aurait été agressé après avoir eu une discussion avec le chef du Bureau national du renseignement et de la sécurité.

« Nous demandons au public de rester vigilant face aux fausses informations circulant au sujet de la santé et du bien-être du Premier ministre Abiy Ahmed sur les réseaux sociaux », a-t-il ajouté.

Depuis le début de la semaine dernière, cependant, le Premier ministre n’est pas apparu et de nombreuses personnes se sont déclarées préoccupées par sa disparition à la télévision.

Les dizaines de responsables qui auraient coordonné l’attaque ont été arrêtés, selon la rumeur. La réaction des médias sociaux à cette rumeur a été mitigée et la majorité des utilisateurs espère que la rumeur soit fausse.

Le Premier ministre Abiy Ahmed était actif sur les réseaux sociaux ; il partageait et mettait régulièrement à jour ses fans, sauf ces derniers jours. Abiy Ahmed est le 4ème Premier ministre de la République fédérale démocratique d’Ethiopie depuis le 2 avril 2018.

UA : Moussa Faki annonce sa candidature pour un second mandat

Le président de la Commission de l’Union africaine (CUA), Moussa Faki Mahamat, a annoncé sa candidature pour un second mandat à la tête de l’organisation panafricaine.Faki Mahamat, dont le mandat arrive à échéance dans deux mois, a publié, dimanche, sa vision pour un nouveau mandat 2021-2024 dans laquelle il a décliné ses priorités et le bilan écoulé.

« Le mandat qui m’a été confié le 17 Janvier 2017 arrive, à grands pas, à terme. J’en ferais un bilan exhaustif à l’Assemblée lors du prochain sommet de notre Union prévu les 6 et 7 février 2021. En décidant de me présenter pour un second mandat, j’obéis à la tradition qui veut que tout candidat porte à l’attention du public ses priorités du mandat pour lequel il sollicite les suffrages », a souligné le président de la Commission.

Depuis son élection en 2017, Moussa Faki Mahamat constate que « le monde s’est profondément complexifié et ses perspectives largement obscurcies », et cite « la pandémie du Covid-19, la contraction des ressources, la multiplication des périls globaux, les égoïsmes nationaux et le déclin du multilatéralisme qui ont entravé la marche du continent ».

Le président de la Commission a déploré « le relâchement des chaînes de solidarité, l’affaissement des valeurs humanistes de générosité, de respect de l’autre, le recul de la spiritualité et la prégnance des considérations matérielles et mercantiles qui ont aggravé les difficultés objectives de l’existence en Afrique, comme dans le reste du monde ».

L’Afrique est un continent très jeune, indique-t-il, notant que sa croissance démographique est prodigieuse: « la jeunesse africaine y représente 60% de la population. Toute démarche en faveur de l’Afrique doit s’ancrer sur cette donnée cardinale ».

« A l’évidence, le contexte africain a connu pendant le mandat de nombreux changements positifs tant au niveau du développement économique et social de nos Etats pris individuellement qu’au plan global », a-t-il encore souligné.

La BAD et la BEI d’accord pour accélérer le développement en Afrique

La Banque africaine de développement (BAD) et la Banque européenne d’investissement (BEI) ont signé un plan d’action conjoint de partenariat pour parvenir à un développement accéléré sur le continent africain.L’accord a été signé par Bajabulile Swazi Tshabalala, premier vice-président par intérim de la BAD, et Thomas Östros, vice-président de la BEI, au cours d’une cérémonie virtuelle à laquelle ont assisté plus de 100 parties prenantes de toute l’Afrique et de l’Europe, indique-t-on.

Selon le communiqué de presse de la BAD publié jeudi, le plan d’action conjoint a été élaboré à la suite d’une réunion entre une délégation de la Banque européenne d’investissement et de la Banque africaine de développement en février 2020.

Ce plan d’action devrait également mettre en avant leur coopération renforcée et leurs priorités de développement mutuelles et ainsi mettre l’accent sur la stimulation des investissements des secteurs public et privé en Afrique, précise le communiqué.

L’accord conjoint permet aux deux institutions de développer une réserve commune de projets bancables autour de thèmes clés complémentaires auxquels chaque institution apporterait son avantage global.

En conséquence, les institutions travaillent ensemble sur l’action climatique et la durabilité environnementale, l’investissement transformateur à grande échelle dans des infrastructures de qualité, les infrastructures et services des technologies de l’information et de la communication (TIC), l’inclusion financière dans une perspective de genre visant à l’autonomisation des filles et des femmes, l’éducation et la formation et le secteur de la santé.

Cette signature intervient dans le contexte de la pandémie de Covid-19 qui accroît la pauvreté sur le continent africain et menace les marchés et les moyens de subsistance, ce qui rend l’action encore plus urgente.

« Il est crucial qu’un plus grand nombre de banques de développement multinationales et d’autres institutions de financement du développement s’engagent à collaborer plus étroitement et plus fortement, comme le montre ce plan d’action conjoint entre la BAD et la BEI, afin de soutenir plus efficacement nos pays membres régionaux en ces temps troubles », a déclaré Bajabulile Swazi Tshabalala, vice-président principal par intérim de la BAD.

M. Tshabalala a ajouté que « la croissance économique durable et la sécurité dans les régions confrontées à des défis particuliers, telles que le Sahel et la Corne de l’Afrique, sont notre priorité absolue ».

Le vice-président de la BEI chargé des investissements européens, Thomas Östros, a pour sa part déclaré que le partenariat est crucial pour les activités et l’impact de la BEI, et que ce partenariat avec Africa’s Bank est crucial pour l’Afrique.

« Le plan d’action signé aujourd’hui avec la Banque africaine de développement démontre la ferme volonté de la Banque européenne d’investissement, la Banque de l’UE, de réaliser des investissements qui font une réelle différence pour l’Afrique. Le renforcement de notre travail avec la Banque africaine de développement, la banque multilatérale de développement de l’Afrique, est une priorité stratégique pour la BEI et l’Europe », a précisé le vice-président.

Covid-19 : l’Afrique face à une seconde vague

Ces dernières semaines, le virus se dissémine à une vitesse exponentielle sur le continent noir où la courbe des décès ne cesse de grimper.Pour la première fois depuis le début de la pandémie, l’Afrique est devenue selon l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS), le 8 janvier dernier, la deuxième région du monde où la progression du coronavirus est la plus rapide (+ 19 %).  Seule l’Amérique du Nord la devance.

De septembre 2020 au 21 janvier 2021, le continent est passé de 1,4 à 3,3 millions de cas recensés. Sur la même période, près de 50.000 décès supplémentaires ont été dénombrés.

La situation en Afrique du Sud est l’un des signes que le coronavirus prend des proportions importantes sur le continent noir. Si la nation arc-en-ciel a annoncé moins de 5000 cas un jour de novembre, la barre des 20.000 infections a été franchie en une journée, le 8 janvier dernier.

Il y a moins de deux mois, le Rwanda avait rouvert ses écoles mais il a dû à nouveau les refermer. Plusieurs autres pays ont également décrété l’état d’urgence ou proroger celui déjà en vigueur.

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Cette nouvelle donne confirme les prédictions du directeur du Centre africain de contrôle et de prévention des maladies (Africa CDC), Dr John Nkengasong. En effet, ce dernier affirmait, le 17 décembre dernier, qu’après les fêtes de fin d’année, le taux de contamination allait dépasser celui atteint lors du pic de l’épidémie en juillet-août 2020.

Mais qu’est ce qui explique cette seconde vague de la Covid aussi soudaine que dévastatrice ? La réponse du directeur du CDC est sans équivoque : « Quand vous levez les mesures de santé publique rapidement et sans contrôle, le virus revient à la charge ».

Dans certains pays, la tendance baissière avait poussé les gouvernants à desserrer l’étau autour des restrictions de liberté pour juguler la circulation du virus. Des décisions ayant provoqué un relâchement des populations. Au Sénégal, par exemple,  le port du masque n’était plus respecté même s’il était obligatoire dans les lieux de rassemblement et les transports en commun.

« En Guinée, les populations vivent dans une indifférence totale. Pour eux, c’est comme si le coronavirus n’existait plus », confiaient certaines personnes interrogées dans ce pays ouest-africain.

Pourtant, « les mesures préventives doivent être renforcées afin de limiter les risques d’infections durant la période des fêtes, mais aussi contenir à long terme la propagation de la Covid. Le relâchement n’a pas sa place dans le combat contre cette pandémie », prévenait le coordinateur du programme d’immunisation et du développement des vaccins au bureau régional de l’OMS pour l’Afrique, Dr Richard Mihigo.

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Sur toute l’étendue du continent, le respect des directives sanitaires n’est pas une priorité pour des millions d’individus plongés dans la pauvreté. Un boulevard pour le virus qui a muté notamment en Afrique du Sud, pays le plus touché.

La Covid-19 est apparue en Afrique il y a maintenant dix mois. A en croire le directeur de l’Africa CDC, John Nkengasong, elle est « mieux préparée qu’avant pour combattre la seconde vague ». Et en attendant l’arrivée des vaccins, son organisation invite les Etats à davantage dépister en utilisant les tests antigéniques. Ces derniers devraient permettre une accélération des tests qui restent encore faibles sur le continent.

UA: Début à Addis-Abeba des travaux de la 41ème session du COREP

Le Comité des Représentants permanents de l’Union africaine (COREP) a débuté mercredi par visioconférence les travaux de sa 41eme session ordinaire, en prélude au Sommet de l’UA prévu les 6 et 7 février prochain.Cette session, de deux jours, se penchera sur l’examen de l’ordre du jour de la 38eme session ordinaire du Conseil exécutif de l’UA (3 et 4 février) et de la 34eme session ordinaire du Sommet des Chefs d’Etat et de gouvernement de l’Union placé cette année sous le thème : «Arts, Culture et Patrimoine: des leviers pour construire l’Afrique que nous voulons».

Cette 41ème session du COREP devra examiner également les projets de décisions du Conseil exécutif de l’Union, les rapports des Sous-comités sur la réforme des structures, la supervision et la coordination générales des questions budgétaires, financières et administratives sur le plan de transition et la stratégie de financement de la nouvelle structure départementale de l’Union africaine.

Au menu de cette session figurent également l’examen des rapports des sous-comités sur la coopération multilatérale, les réfugiés, les rapatriés et les personnes déplacées et le Fonds spécial d’assistance d’urgence pour la lutte contre la sécheresse et la famine.

Les criquets pèlerins poursuivent leur migration en Afrique de l’Est (FAO)

Des essaims de criquets immatures continuent de migrer vers le sud à partir de différentes zones de reproduction en Afrique de l’Est, a annoncé mardi l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO).Dans son rapport sur la situation relative aux criquets pèlerins, la FAO a évoqué la migration d’essaims immatures de l’est de l’Ethiopie et du centre de la Somalie vers le sud de l’Ethiopie et le nord du Kenya.

Elle a également indiqué que quelques essaims immatures avaient récemment atteint le district de Mwanga dans le nord-est de la Tanzanie.

« Au Kenya, des essaims immatures continuent d’arriver et de se propager dans tout le nord. Jusqu’à présent, des essaims sont présents dans les quatre comtés de Wajir, Garissa, Marsabit et, plus récemment, Isiolo », a déclaré la FAO.

« La reproduction se poursuit et des bandes larvaires sont présentes dans le sud-est du Kenya près de Taita Taveta et le long de la côte ».

En Ethiopie, selon la FAO, des essaims immatures se sont concentrés le long de la parrtie est des hauts plateaux de la région de Harar dans la région d’Oromia, en route vers les régions du sud du pays, notamment les régions du sud de la région de la vallée du Rift.

La mise à jour de la situation a aussi indiqué qu’il y avait des mouvements transfrontaliers de criquets dans les zones autour du nord-ouest de la Somalie et le long de la frontière sud avec le Kenya.

L’agence des Nations Unies a appelé tous les pays à maintenir les opérations d’enquête et de contrôle nécessaires pour réduire la migration et la reproduction.

Il a également averti que des conditions sèches dans certaines zones où les essaims arrivent pourraient faciliter leur propagation dans le sud de l’Éthiopie et le nord du Kenya.

Il existe un risque modéré que quelques essaims atteignent le centre du Kenya et peut-être le sud-ouest ainsi que le nord-est de la Tanzanie, l’est de l’Ouganda et le sud-est du Soudan du Sud en janvier, selon la FAO.

« Une fois que les essaims arrivent dans les zones favorables, ils vont mûrir et pondre des œufs qui vont éclore et provoquer la formation de bandes larvaires en février et mars », a ajouté la FAO, qui réaffirme son engagement à prendre des mesures de contrôle qui, selon elle, devraient se poursuivre dans tous les pays touchés en Afrique de l’Est.

L’année dernière a été témoin de la plus grave épidémie de criquets pèlerins ces dernières années ; elle s’est propagée à travers l’Afrique de l’Est, posant une menace sans précédent sur la sécurité alimentaire.

Barrage sur le Nil : l’Ethiopie accuse ses voisins de freiner les négociations

L’Ethiopie a accusé le Soudan et l’Egypte de freiner délibérément l’avancement des négociations trilatérales sur le Grand barrage de la Renaissance éthiopienne (GERD) en cours de construction sur le Nil.Le porte-parole du ministère éthiopien des Affaires étrangères, l’ambassadeur Dina, a déclaré que les deux pays suivent un système leur permettant de porter les questions relatives au GERD devant le Conseil de sécurité des Nations unies s’ils le peuvent, ou d’attendre le remplacement de l’actuel président de l’Union africaine.

Dimanche dernier, le Soudan a exprimé des réserves quant à sa participation aux discussions virtuelles qui devaient se tenir ce week-end sur le remplissage et l’exploitation du barrage, selon le ministère éthiopien de l’Eau, de l’Irrigation et de l’Energie.

Le ministère a déclaré que le Soudan a soumis une demande aux trois pays de tenir une réunion avec les experts et les observateurs de l’UA, rejetant les pourparlers trilatéraux avec l’Ethiopie et l’Egypte.

L’Ethiopie et l’Egypte ont accepté les pourparlers bilatéraux avec les experts et les observateurs de l’UA, conformément à la demande de Khartoum.

Cependant, le Soudan a proposé une idée différente dimanche dernier et a annoncé sa décision de ne pas tenir de discussions bilatérales sauf si l’autorité des experts et des observateurs de l’UA est clairement définie et préparée conjointement par les trois pays.

Le ministère soudanais des Ressources en eau et de l’Irrigation a déclaré la semaine dernière que Khartoum que les négociations devraient avoir lieu avec la médiation de l’Union africaine.

En conséquence, les pourparlers virtuels qui devaient avoir lieu dimanche dernier entre les responsables d’Ethiopie, d’Egypte et du Soudan pour résoudre les différends relatifs au remplissage et au fonctionnement du GERD n’ont pas eu lieu.

Le GERD, un barrage hydroélectrique de 145 mètres de haut, dont la construction est achevée à 75%, est source de graves tensions entre les trois pays au cours des sept dernières années. Les précédents échecs des pourparlers n’ont fait qu’accroître les tensions.

Alors que l’Ethiopie poursuit la construction de ce qu’elle décrit comme un projet stratégique national, la question est de savoir « quand » et non « si » le GERD entrera en service.

Khartoum devrait se ranger du côté d’Addis-Abeba pendant ces pourparlers afin de garantir des conditions favorables sur sa propre source d’approvisionnement en eau.

Une fois les pourparlers terminés, Addis-Abeba prévoit que le GERD lui donnera un poids géopolitique important sur ses voisins en aval, renforçant ainsi son influence dans la région.

Éthiopie: 15 officiers déserteurs de l’armée fédérale tués

Quinze officiers déserteurs de l’armée éthiopienne sont tués au front.Ces officiers, dont deux généraux à la retraite, avaient fait défection de l’armée fédérale pour rejoindre le Front de libération du peuple du Tigré (TPLF).

Le chef du Département de déploiement des forces de défense, le général de brigade Tesfaye Aylew, a déclaré que les personnes qui auraient été tuées sont le général de division Ibrahim Abduljelil, ancien chef du département logistique, et le général de brigade Gebrekidan Gebremariam, ancien chef de l’endoctrinement des forces de défense, d’anciens officiers de haut rang et de deux officiers de ligne et l’ancien commissaire adjoint de la police de la région du Tigré.

Sept autres dirigeants du TPLF ont également été arrêtés, dont l’ancien président et les vice-présidents de l’État régional du Tigré, Abay Weldu et le Dr Abrham Tekeste, respectivement, dans le cadre de ce que le gouvernement a appelé une « opération de maintien de l’ordre » menée par le gouvernement fédéral à Mekele.

Cette annonce intervient après que l’armée a déclaré vendredi dernier avoir capturé Sebhat Nega, membre fondateur du TPLF. Il a été transféré, le lendemain, dans la capitale Addis-Abeba, selon la télévision publique.

L’ancien président du TPLF capturé, Abay, a été président de la région de 2010 à 2018, et remplacé par le leader actuel du groupe, Debretsion Gebremichael.

Abay a été président du parti de 2012 à 2017, et a également été remplacé par Debretsion à ce poste.

Le gouvernement du Premier ministre Abiy Ahmed a déclaré la victoire dans son conflit avec le Front populaire de libération du Tigré (TPLF), un parti politique qui gouvernait auparavant la province semi-autonome.

Litige frontalier : L’Ethiopie demande le retrait des troupes soudanaises

L’Ethiopie a exigé que le Soudan retire ses forces d’un territoire contesté avant que les pourparlers visant à déterminer leur frontière commune de 744 km de long ne reprennent.Dans son point de presse bihebdomadaire de mardi, le porte-parole du ministère des Affaires étrangères éthiopien, Dina Mufti, a déclaré qu’Addis-Abeba avait la ferme volonté de résoudre leur conflit frontalier par des moyens pacifiques.

Addis-Abeba est convaincue qu’un conflit militaire ouvert ne serait pas une solution au différend.

Toutefois, le Mufti a déclaré que l’Ethiopie se réserve toujours le droit de défendre sa souveraineté lorsqu’elle est menacée par une force extérieure.

Les affrontements armés le long de la frontière entre le Soudan et l’Éthiopie sont le dernier rebondissement d’une histoire de rivalité entre les deux pays vieille de plusieurs décennies.

 Il est rare que les deux armées s’affrontent directement pour un territoire.

La zone contestée est connue sous le nom d’al-Fashaga, où le nord-ouest de la région d’Amhara en Éthiopie rencontre l’État soudanais de Gedaref, le grenier à blé.

Les escarmouches à la frontière ont éclaté alors que l’Éthiopie et le Soudan se préparaient à se rencontrer à Khartoum pour un deuxième cycle de pourparlers visant à résoudre le conflit.

L’Ethiopie lance un 2è satellite de télédétection

L’Ethiopie a lancé son deuxième satellite de télédétection dans l’espace, a annoncé mercredi son Institut des sciences et technologies spatiales.La mission principale du programme de satellites est de permettre aux ingénieurs et scientifiques éthiopiens d’avoir une expérience pratique et de démontrer la capacité de l’institut à intégrer localement des sous-systèmes de nano-satellites.

Nommé ET-SMART-RSS, le deuxième nano-satellite d’observation de la Terre a été conçu par des ingénieurs éthiopiens, en collaboration avec la société chinoise Smart Satellite Technology Corporation.

Il s’inscrit dans le cadre d’une initiative cofinancée par l’Ethiopie et la Chine.

Le Directeur général de l’institut, le Dr Solomon Bela, avait annoncé que le deuxième satellite éthiopien serait lancé le 20 décembre 2020 à partir du site de lancement chinois de l’engin spatial Taiyuan.

Le satellite a amélioré les fonctionnalités de résolution qui lui permettraient de capturer et d’envoyer des images de haute qualité à son centre de commande à Addis-Abeba, selon le Dr Solomon.

« La mission principale du deuxième satellite est la prévision des inondations et des catastrophes », a-t-il dit, ajoutant que « l’agriculture et l’environnement sont également ses missions secondaires ».

L’Ethiopie a lancé son premier satellite dans l’espace en décembre 2019, dans le cadre d’un effort visant à développer des programmes spatiaux et à encourager l’innovation scientifique.

L’UA soutient l’Ethiopie dans sa guerre au Tigré

Le Président de la Commission de l’Union africaine (CUA), Moussa Faki Mahamat, a qualifié l’offensive que le gouvernement éthiopien a appelé « Opération d’application de la loi » dans sa région du Tigré de « légitime ».Le Président de la Commission de l’UA s’exprimait lors du 38ème Sommet extraordinaire des chefs d’Etat et de Gouvernement de l’Autorité intergouvernementale pour le Développement (IGAD) qui s’est tenu dimanche à Djibouti.

A la fin du mois de novembre, le gouvernement éthiopien a revendiqué la victoire après avoir pris le contrôle de Mekele, la capitale régionale du Tigré, au terme de trois semaines de combats avec les forces du Front de libération du peuple du Tigré (TPLF) qui administre la région depuis près de 30 ans.

« En Ethiopie, le gouvernement fédéral a pris des mesures audacieuses pour préserver l’unité, la stabilité et le respect de l’ordre constitutionnel du pays », a déclaré Mahamat.

Des chefs d’Etat d’Ethiopie, du Kenya, de Somalie, du Soudan et de Djibouti – entre autres – étaient présents lors du sommet, et l’organe régional semble avoir soutenu l’opération militaire du gouvernement fédéral dans la région du Tigré.

Cependant, le Président de l’UA a déploré les défis humanitaires que l’opération d’application de la loi a causés et il a encouragé les membres de l’IGAD à aider l’Ethiopie à résoudre le problème.

Le Premier ministre éthiopien Abiy Ahmed a exprimé sa gratitude pour la clarté de l’IGAD concernant l’opération militaire éthiopienne dans le nord, qui aurait été achevée après la prise de Mekele, même si la chasse aux dirigeants du TPLF en fuite se poursuit.

« J’exprime ma plus profonde gratitude aux dirigeants de l’IGAD pour avoir compris et reconnu que nos mesures d’application de la loi sont légales et légitimes, ainsi que pour avoir exprimé notre engagement à soutenir l’Ethiopie », a écrit dimanche le Premier ministre Abiy Ahmed sur ses différents comptes sociaux.

L’Ethiopie a subi des pressions de la part de la communauté internationale, notamment des médias de l’Union européenne, pour qu’elle désamorce son opération militaire et autorise le travail humanitaire dans les zones où les gens ont désespérément besoin de secours.

Conflit au Tigré: 24,6 millions $ nécessaires pour les réfugiés (Pam)

Le Programme alimentaire mondial (Pam) des Nations Unies a besoin de 24,6 millions de dollars pour répondre aux besoins immédiats des réfugiés éthiopiens au Soudan.« Ce financement supplémentaire est essentiel pour garantir que les personnes souffrant d’insécurité alimentaire, les plus vulnérables, puissent recevoir un soutien continu au cours des six prochains mois », rapporte le Pam dans un communiqué de presse parvenu dimanche à APA.

L’agence onusienne doit faire face à un déficit de 153 millions de dollars au cours des six prochains mois pour son opération visant à répondre aux besoins alimentaires des plus vulnérables au Soudan. Sur ce total, 20 millions de dollars sont destinés à l’assistance alimentaire et nutritionnelle aux réfugiés éthiopiens qui arrivent, 3,8 millions de dollars à l’augmentation du nombre de vols des UNHAS vers l’est du Soudan, et 750 000 dollars à la réparation des routes afin de permettre aux intervenants d’atteindre les zones éloignées et inaccessibles où les réfugiés arrivent.

Le conflit qui s’est intensifié le 4 novembre dans la région du Tigré, en Éthiopie, a forcé plus de 30 000 éthiopiens à fuir en franchissant la frontière vers le Soudan.

« La situation humanitaire à la frontière entre l’Éthiopie et le Soudan se détériore rapidement et est extrêmement urgente. Le Pam joue un rôle essentiel en fournissant une assistance alimentaire et un soutien logistique aux côtés des agences des Nations Unies, du gouvernement soudanais et des partenaires locaux », a déclaré le Dr Hameed Nuru, représentant du Pam et Directeur pays au Soudan.

Il a ajouté que « tous les acteurs doivent se mobiliser pour répondre à cette situation désastreuse. Nous appelons les donateurs à la générosité, afin que nous puissions sauver des vies dans cette crise ». 

Le Pam fournit des repas chauds aux réfugiés qui arrivent dans les centres d’accueil. Lorsque les installations de cuisson ne sont pas disponibles, le Pam fournit des biscuits enrichis à haute teneur énergétique. Une fois que les réfugiés atteignent les camps après être passés par les centres d’accueil, ils reçoivent des rations comprenant des lentilles, du sorgho, de l’huile et du sel.

Il fournit également un soutien logistique à la communauté humanitaire en mettant en place des centres d’approvisionnement pour le stockage de la nourriture et d’autres assistances humanitaires vitales. Elle joue un rôle primordial dans le transport du personnel humanitaire vers les zones touchées grâce au Service aérien d’aide humanitaire des Nations Unies (UNHAS), dont il assure la gestion.

Ethiopie : le conflit au Tigré crée une crise humanitaire

Le conflit entre le gouvernement fédéral éthiopien et la région semi-autonome du Tigré (nord) plonge les habitants dans une crise humanitaire.L’Ethiopie semble se diriger vers une grave crise humanitaire. Depuis le déclenchement le 4 novembre d’un conflit armé dans l’Etat semi-autonome du Tigré, plusieurs personnes sont prises au piège par les combats entre l’armée loyale et les insurgés du Front de libération du peuple du Tigré (TPLF). Près de 40.000 parmi elles ont déjà fui les combats pour se réfugier vers le Soudan voisin. 

Cette situation aggrave davantage le risque humanitaire dans la région. Les effets de plusieurs mois de sécheresse et d’une invasion acridienne en Afrique de l’Est ont rendu la vie très dure pour la nouvelle vague de réfugiés. 

Déjà, les agences de secours humanitaire s’efforcent de fournir une aide à quelque 178.000 personnes qui ont fui la répression politique, la pauvreté et la conscription militaire forcée en Erythrée, l’un des Etats les plus reclus du monde. Elles vivaient dans quatre camps à l’intérieur du Tigré, à savoir Mai-Aini, Adi Harush, Hitsats et Shemelba. 

Le Tigré est un des dix États semi-autonomes qui forment la fédération éthiopienne. Cette région montagneuse se situe au nord de l’Ethiopie et compte environ cinq millions d’habitants. Près de 500.000 habitants peuplent sa capitale Mekele. 

Le conflit actuel est issu de la rébellion du TPLF à l’encontre du gouvernement fédéral du Premier ministre Abiy Ahmed. La volonté de ce dernier de mettre fin courant 2019 au système politique ethnocentré en vigueur depuis 1994 provoque l’affaiblissement par le gouvernement éthiopien de la position de l’ethnie Tigréenne, dirigée par le TPLF. 

Cette situation amène le front à refuser son intégration politique au sein du Parti de la prospérité d’Abiy Ahmed, à conduire des élections séparées, puis à entrer en rébellion ouverte en novembre 2020. 

L’Erythrée dans tout ça… 

Aujourd’hui, le Tigré ressemble à une zone de guerre où des poches sporadiques de troupes du TPLF résistent encore aux envahisseurs que sont les forces fédérales éthiopiennes. En plus de bloquer l’accès des travailleurs humanitaires à ces camps, les deux parties belligérantes ont été accusées d’avoir commis des atrocités sur des civils innocents. Le gouvernement éthiopien a partiellement reconnu sa responsabilité. 

Des incidents ont été signalés au niveau des frontières. Les gardes éthiopiens ont empêché des personnes terrifiées par les combats de fuir vers le Soudan, ce qui a contribué à l’augmentation du nombre de déplacés à l’intérieur du pays. 

Par ailleurs, l’Erythrée, ex-voisin ennemi de l’Ethiopie, a rejoint dernièrement les combats aux côtés des forces fédérales. Son premier fait d’armes est d’avoir contribué à la dissuasion des Tigréens ordinaires qui voulaient partir. 

Le Premier ministre éthiopien Abiy Ahmed a annoncé en fin novembre que l’armée avait pris le « contrôle » de Mekele, la capitale du Tigré. Il s’agit selon lui de l’accomplissement de la « phase finale » de l’opération militaire démarrée le 4 novembre. Mais toutes les batailles ne sont pas encore gagnées tant l’insurrection semble longue. 

De nombreuses organisations humanitaires, faisant dans l’alerte, rapportent que l’insécurité alimentaire a fini d’assaillir les réfugiés. L’Agence des Nations Unies pour les réfugiés (HCR) a livré en octobre des vivres, des médicaments et d’autres rations à des camps au Tigré. Cependant, elle déplore le fait que les belligérants lui aient refusé la poursuite des actions humanitaires auprès d’autres personnes qui ont désespérément besoin d’aide. 

L’ONU estime que deux millions de personnes, dont des déplacés, ont besoin urgemment d’assistance dans cette région, sans oublier les territoires voisins. De nombreux Tigréens qui avaient fui vers le Soudan sont repartis blessés par les tirs croisés ou par le paludisme, et sont actuellement soignés dans des camps. 

Séparations sociales 

Million, une femme de 24 ans enceinte de neuf mois, est parmi ces patients suivis dans l’un des camps par le Comité international de la Croix-Rouge (CICR). La vie dans cet endroit est comme un « trou noir » où on lui a dit de rester parce que le bébé peut venir d’un moment à l’autre, décrit-elle. 

A l’instar de dizaines de milliers de Tigréens, Million a fui la capitale Mekele quand les troupes fédérales avançaient vers la ville en début décembre. Elle a laissé derrière elle son mari sans savoir où il se trouvait. 

Naga, un réfugié de 30 ans, a raconté au CICR comment des hommes armés étaient arrivés dans son champ de sorgho, dans la localité de Humera au Tigré. Ils ont ouvert le feu sur lui alors qu’il était sur le point de commencer ses récoltes. Il n’a toutefois pas été en mesure d’identifier les assaillants. 

Avec son épouse et sa jeune fille, Yavish a réussi à s’enfuir sur une charrette tirée par un âne. Arrivés à la frontière soudanaise, ils ont pu accéder aux soins de la Croix-Rouge locale. 

Dans la ville soudanaise de Hamdayet, séparée de l’Ethiopie par le fleuve, les réfugiés font face à la réalité des camps accueillant des civils en fuite. Trouver de l’eau et des installations sanitaires est devenue une corvée quotidienne pour eux. 

Par ailleurs, les communications téléphoniques et Internet sont toujours coupés au Tigré. Malgré leur dévouement, les travailleurs humanitaires ne cachent pas leur crainte pour cette région qui est au bord de l’une de ses pires catastrophes. 

D’ores et déjà, le Secrétaire général des Nations Unies, Antonio Guterres, a appelé au rétablissement rapide de la loi et de l’ordre dans la région. Il faut à tout prix éviter la catastrophe humanitaire qui pourrait briser la conscience du monde, a mis en garde le diplomate.

Crise au Tigré: des secours pas comme les autres

Les travailleurs humanitaires deviennent parfois des cibles dans le conflit au Tigré, au nord de l’Ethiopie.Le gouvernement fédéral éthiopien combat depuis le mois dernier le Front de libération des Peuples du Tigré (TPLF). Au même moment, des agents humanitaires vivent le calvaire dans la région septentrionale semi-autonome. Ils sont souvent pris pour cibles, quatre d’entre eux ayant déjà été tués. 

Le Conseil danois pour les réfugiés (RDC) a confirmé tardivement trois de ces drames, soit le 11 décembre 2020, sur son site internet. Il se dit « attristé » par le meurtre de ces« collègues » « qui travaillaient comme gardes dans l’un de nos sites de projet ». 

Cet organisme n’a toutefois pas donné de précisions sur l’emplacement où s’est produit l’incident, le site du projet et les circonstances des drames. 

Les familles des victimes présumées ne sont pas informées en raison du « manque de communication et de l’insécurité persistante dans la région », explique le RDC. Il n’a pas communiqué non plus sur les nationalités des victimes ou leurs origines, appelant en outre au respect du « droit international humanitaire, notamment la protection des civils et des travailleurs humanitaires ». 

Par ailleurs, le Comité international de secours (IRC) a signalé qu’un de ses membres avait été tué dans le camp de réfugiés de Hitsats à Shire, dans la province éthiopienne du Tigré. Tout comme dans le cas du rapport du Conseil danois pour les réfugiés (RDC), le nom de la victime et la date de sa mort ne sont pas précisés. 

Exempts de reproches ? 

Amnesty International a publié un communiqué affirmant que « les autorités éthiopiennes doivent permettre à l’aide humanitaire internationale d’atteindre sans entraves les camps de réfugiés dans l’Etat du Tigré ». 

En revanche, le ministère éthiopien de la Paix a appelé les travailleurs humanitaires opérant dans la région agitée du Tigré à suivre les directives sécuritaires données par le gouvernement. 

Suite à un incident survenu le 6 décembre 2020, des membres du personnel des Nations Unies (ONU) ont violé les points de contrôle de sécurité dans l’Etat régional du Tigré, déplore le ministère dans un communiqué. 

Malgré les avertissements et les appels répétés des responsables de la sécurité, le document souligne qu’un convoi transportant un personnel onusien a franchi les points de contrôle en violation de l’accord conclu entre le gouvernement et l’ONU sur l’accès humanitaire. 

« Conformément à l’accord, il est important que tous les travailleurs humanitaires suivent les directives de sécurité énoncées par le gouvernement éthiopien », souligne le ministère. 

Catherine Sozi, Représentante résidente des Nations Unies et Coordonnatrice humanitaire pour l’Ethiopie, a présenté ses excuses au gouvernement éthiopien à la suite de l’incident. Saluant cet acte de l’organisme international, le gouvernement l’a ensuite invitée à mettre en place des mécanismes pour empêcher des violations similaires à l’avenir. 

La tension est encore vive au Tigré, État semi-autonome du nord de l’Ethiopie entré depuis début novembre en conflit avec le gouvernement fédéral. Il y a environ trois semaines pourtant, le Premier ministre Abiy Ahmed annonçait la fin heureuse de ce qu’il a présenté au monde comme une courte opération chirurgicale d’ordre public de l’armée nationale. 

Statu quo 

Le prix Nobel de la paix 2019 déclarait en effet que celle-ci avait pris le « contrôle » de Mekele, la capitale de la région. Il s’agit selon lui de l’accomplissement de la « phase finale » de l’opération militaire démarrée le 4 novembre. Mais la situation sur place montre autre chose. 

Le conflit oppose le gouvernement fédéral basé à Addis-Abeba aux troupes dissidentes du Front de libération des Peuples du Tigré (TPLF), dont Debretsion Gebremichael est le leader. Ce dernier est également le vice-président par intérim de la région du Tigré.

 Le différend résulte de la volonté d’Abiy Ahmed de mettre fin courant 2019 au système politique ethnocentré en vigueur depuis 1994. Cette situation a provoqué l’affaiblissement par le gouvernement éthiopien de la position de l’ethnie tigréenne, dirigée par le TPLF. Celui-ci a refusé ainsi son intégration politique au sein du Parti de la prospérité du Premier ministre fédéral, avant de conduire des élections séparées et entrer en rébellion ouverte en novembre 2020. 

Le conflit a plongé d’ores et déjà les habitants Tigréens dans une crise humanitaire, plusieurs milliers d’entre eux ayant fui vers le Soudan voisin.

Ethiopie: vers une guérilla ?

Le Premier ministre éthiopien affirmait récemment avoir rétabli l’ordre au Tigré où des hostilités continuent pourtant les affrontements continuent.La tension est encore vive au Tigré, Etat semi-autonome du nord de l’Ethiopie entré depuis début novembre en conflit avec le gouvernement fédéral. Il y a environ deux semaines pourtant, le Premier ministre fédéral Abiy Ahmed annonçait la fin de ce qu’il a présenté au monde comme une courte « opération chirurgicale d’ordre public de l’armée nationale ». 

Le prix Nobel de la paix 2019 déclarait que l’armée fédérale avait pris le « contrôle » de Mekele, la capitale de la région. Il s’agit selon lui de l’accomplissement de la « phase finale » de l’opération militaire démarrée le 4 novembre. Mais la situation sur place montre autre chose. 

Le conflit oppose le gouvernement fédéral basé à Addis-Abeba aux troupes dissidentes du Front de libération des Peuples du Tigré (TPLF), dont Debretsion Gebremichael est le leader. Ce dernier est également le vice-président par intérim de la région du Tigré. 

Le différend résulte de la volonté d’Abiy Ahmed de mettre fin courant 2019 au système politique ethnocentré en vigueur depuis 1994. Cette situation a pour conséquence de provoquer l’affaiblissement par le gouvernement éthiopien de la position de l’ethnie Tigréenne, dirigée par le TPLF. Celui-ci a refusé ainsi son intégration politique au sein du Parti de la prospérité du Premier ministre fédéral, avant de conduire des élections séparées et entrer en rébellion ouverte en novembre 2020. 

Le conflit a plongé d’ores et déjà les habitants Tigréens dans une crise humanitaire, plusieurs milliers d’entre eux ayant fui vers le Soudan voisin. 

Espoir et ressentiment 

Par ailleurs, la déclaration d’Ahmed avait suscité un espoir chez plusieurs civils. Ils s’attendaient à ce que la prise du bastion du TPLF, à Mekele, signe la fin définitive des combats et le retour de la paix. Mais le constat est que l’opération militaire des forces fédérales contre les insurgés aguerris se poursuit sans relâche à Sherero, Aksoum, Abiy Addi et dans les zones frontalières entre les régions d’Amhara et du Tigré. 

Lorsque Mekele est tombée, les insurgés ont effectué une retraite tactique dans les collines entourant la ville où ils semblent résister à une force de loin supérieure. De nombreux analystes alertaient déjà que l’armée loyale éprouverait des difficultés pour mettre au pas le TPLF, mouvement armé rompu aux activités de la guérilla. 

La plupart des dirigeants du groupe rebelle, dont le chef Debretsion Gebremichael, sont en fuite. Ex-allié d’Ahmed, devenu Premier ministre fédéral en avril 2018, Gebremichael est révulsé par le démantèlement de l’hégémonie du TPLF, construite sur une période de 30 ans. 

Le mouvement continue de conserver en revanche une puissante sympathie dans la région au nom de la défense de l’ethnie Tigréenne. Cet argument pourrait attirer les Tigréens ordinaires dans la lutte. 

L’histoire de la guerre civile éthiopienne, qui a renversé en 1991 l’un des dictateurs les plus féroces d’Afrique, Mengistu Hailé Mariam, est remplie de récits sur la façon dont les combattants du TPLF avaient utilisé des raids de guérilla comme une arme efficace. Le modus operandi serait utilisé aujourd’hui contre les forces du gouvernement fédéral qui connaissent moins bien le terrain accidenté, selon la plupart des analystes. 

Souvenirs guerriers 

En outre, des éléments du Tigré gardent encore leur expérience des combats sur la ligne de front pendant la guerre sanglante contre l’Erythrée voisine, entre 1998 et 2000. 

Fondé en 1975, le TPLF en tant que mouvement armé ne s’appuyait que sur un réseau clandestin de partisans des paysans tigréens qui devinrent une source importante d’approvisionnement et de renseignement. 

S’exprimant lors d’un forum en ligne sur le conflit, Rashid Abidi, expert en politique dans la Corne de l’Afrique, a averti que les combats sporadiques au Tigré étaient le signe puissant du début d’une insurrection de guérilla. 

Le terrain, la géographie et l’histoire de la région laissent penser que le conflit sera long, selon M. Abidi, disant craindre d’énormes dommages collatéraux qui pourraient menacer la stabilité de toute l’Afrique de l’Est. 

Les indicateurs officiels montrent que la guerre conventionnelle semble terminée. Mais des observateurs comme Abidi soutiennent que les troupes du TPLF, certes en mauvaise posture, sont en train de se regrouper pour une guérilla. 

Tout compte fait, le Premier ministre Ahmed pourrait évaluer le degré de son annonce les jours ou semaines à venir.