Gabon : Washington pointe du doigt des angles morts des dettes des entreprises d’État gabonaises

Le Gabon ne dispose pas encore d’une photographie complète de l’endettement de son secteur public. Dans son évaluation de la transparence budgétaire, le Département d’État américain relève que seules des informations limitées sur les obligations liées à la dette sont accessibles au public.

 

Le plus grand manquement : la dette des entreprises publiques n’est pas intégrée. Cette lacune laisse dans l’ombre une part importante des engagements financiers de structures pourtant contrôlées par l’État. Une entreprise publique peut contracter des emprunts, accumuler des dettes fournisseurs ou bénéficier de garanties et de soutiens financiers. Ces obligations ne constituent pas une dette directe du Trésor, mais elles peuvent devenir un risque majeur si une société stratégique rencontre des difficultés et nécessite l’intervention de son actionnaire public.

C’est pourquoi Washington recommande au Gabon de publier les obligations de dette de ses principales entreprises publiques. Le rapport réclame aussi plus de détails sur les allocations budgétaires qui leur sont accordées et sur les recettes qu’elles reversent à l’État. L’enjeu est de connaître simultanément ce que ces entreprises doivent, ce qu’elles reçoivent du budget et ce qu’elles rapportent aux finances publiques.

Cette faiblesse est d’autant plus sensible que l’État reste présent dans plusieurs secteurs stratégiques. Elle complique la distinction entre la dette portée directement par l’administration centrale et les risques financiers susceptibles de remonter vers elle plus tard. Parler de « dette cachée » serait toutefois excessif : le rapport américain pointe une absence de publication suffisante, et non l’existence d’engagements dissimulés.

Au fond, l’enjeu est celui du périmètre. Plus les engagements des entreprises publiques sont documentés, plus investisseurs, créanciers et contribuables disposent d’une lecture claire du risque financier associé au secteur public dans son ensemble. Pour le Gabon, le rapport américain suggère que cette photographie s’arrête encore trop largement aux frontières de l’État central.

Éducation étouffée par la dette: l’unesco tire la sonnette d’alarme

L’UNESCO relance l’alerte. Réunis à l’occasion du Sommet sur la Transformation de l’Éducation +4, ses responsables ont dressé un bilan préoccupant du financement de l’école dans le monde, aujourd’hui, 113 pays consacrent davantage de ressources au remboursement de leur dette qu’à leur système éducatif.

 

Il s’agit des pays en développement cas du Gabon, pays à faible revenu et pays à revenu inférieur. Un choix budgétaire qui hypothèque l’avenir de millions d’élèves. Face à ce constat, l’organisme onusien interpelle directement les États. Il les appelle à sortir du « piège de l’endettement » et à remettre l’école au cœur des priorités publiques. Pour l’UNESCO, sans investissement massif dans l’éducation, aucun objectif de développement durable ne pourra être atteint.

La tendance financière est à la baisse. Selon l’UNESCO, l’aide au financement de l’éducation pourrait reculer de 30% entre 2023 et 2027. Le recul a déjà commencé c’est 8% enregistré sur l’année 2024. Un signal rouge pour les pays qui dépendent de cette aide pour faire fonctionner leurs écoles.

Le plus inquiétant concerne les plus jeunes. L’aide consacrée spécifiquement à l’éducation de base a elle aussi chuté de 8%. Manuels, infrastructures, salaires d’enseignants, cantines, autant de postes menacés. Pour l’UNESCO, il est urgent de rééquilibrer les budgets, car sacrifier l’éducation aujourd’hui, c’est compromettre les générations de demain.

Le Gabon règle sa dette à la Banque Mondiale

Le gouvernement de la Transition a procédé, mardi 18 mars 2025, à l’apurement de l’ensemble de ses échéances dues à la Banque mondiale.

 

Il s’agit d’un montant global de 17,9 milliards de francs CFA, qui  marque une étape importante pour le Gabon. Selon un communiqué du ministère des Comptes publics et de la Dette, cette opération s’inscrit dans la politique de restauration de la confiance, portée par le président de la Transition, le général Brice Clotaire Oligui Nguema.

Elle vise à rassurer les bailleurs de fonds quant à la capacité du Gabon à honorer ses obligations financières et à garantir la stabilité de ses engagements à long terme. Apprend-on. Le gouvernement annonce également que des mécanismes de suivi seront mis en place pour éviter l’accumulation de nouveaux arriérés et garantir une gestion plus efficiente de la dette publique.

Rappelons que, le Gabon avait été confronté à plusieurs suspensions de décaissements par la Banque mondiale, notamment en juillet 2024 et janvier 2025, dues à l’accumulation de ces impayés. Ces restrictions ont affecté divers projets de développement, en particulier dans les domaines du numérique et des infrastructures, ternissant quelque peu la crédibilité financière du pays auprès des investisseurs internationaux.

Le Gabon règle ses impayés auprès de la Banque Mondiale

Le ministre des comptes publics a annoncé mercredi 03 juillet que,  la Direction générale de la comptabilité publique et du trésor a déjà procédé au paiement des impayés.

 

Suspendu des décaissements de la Banque Mondiale le 1er juillet, en raison d’un retard de paiement d’environ 17 041 875,65 dollars américains. Soit environ 10,4 milliards de Fcfa. Face à cette situation, le Gabon a aussitôt réagit ce 03 juillet 2024 à travers un communiqué. Le ministre des comptes explique que « Le retard dans le règlement des échéances dues à la Banque mondiale est lié à des raisons techniques, qui n’ont pas permis d’honorer la totalité des engagements à la date du 30 juin 2024 », a expliqué le gouvernement.

Et d’ajouter qu’à ce jour, « la Direction générale de la comptabilité publique et du Trésor a déjà procédé au paiement de ces impayés ». a-t-il annoncé en indiquant qu’en 10 mois le Gabon a déjà payé 136 milliards de dette. Le ministère comptes publics, auteur du communiqué ajoute que le gouvernement a hérité d’un passif trop lourd. En 10 mois, il a payé 136 milliards de dette.

Notons que ce règlement des impayés du Gabon, met fin à sa brève suspension des décaissements de la Banque Mondiale.