Gabon : L’État passe à la vitesse supérieure pour débloquer les chantiers dans la Nyanga

Les responsables des entreprises titulaires de marchés publics dans la Nyanga sont convoqués d’urgence ce jeudi 3 septembre 2026 à 9h au cabinet du Vice-Président du Gouvernement.

La réunion porte sur la dotation spéciale allouée à la province et intervient à un moment où le suivi des chantiers devient stratégique pour le développement local.

L’objectif est clair .Il s’agit de faire le point sur l’état d’avancement des projets et lever les blocages opérationnels qui freinent leur exécution. La présence de tous les prestataires est strictement obligatoire. L’exécutif veut s’assurer du respect des engagements contractuels et accélérer la mise en œuvre sur le terrain.

Parmi les structures concernées figurent Speed Net, KM BTP, M&F / Afric Consult, Bakita et Frères, Direct Service, EGET, ESTTM & Company, Gounass Service, GABI Service, Gabon Consult, GBT Infrastructure, IMAR BTP, Medi Service Gabon, Mugobusti, SCK BTP, SDM, SMF, Société de Bâtiment et de Distribution SBD, SOCob et Al Jannah.

Pour le gouvernement, la transparence est non négociable. En cas de manquement, des sanctions pourraient impacter l’attribution des futurs marchés. Le succès de cette dotation spéciale repose désormais sur la réactivité et le professionnalisme de ces entreprises, appelées à intensifier leurs efforts pour livrer des résultats concrets aux populations de la Nyanga.

Gabon : l’appel désespéré d’un brigadier entendu par les autorités

Mardi 1er septembre dernier, une vidéo bouleversante a circulé sur les réseaux sociaux. On y voit un brigadier, en larmes, supplier le président de la République Brice Clotaire Oligui Nguéma et son épouse Zita de lui venir en aide, c’est chose faite à présent.

 

Le motif c’est son salaire et sa prime du 17 août qui ont été coupés, le laissant sans aucun moyen de se soigner. Affecté dans le Haut-Ogooué depuis 2021, le militaire décrit un véritable calvaire. « Depuis que je suis affecté dans le Haut-Ogooué en 2021, je vis un enfer. Mais j’ai toujours servi mon drapeau parce que j’aime mon pays », raconte-t-il la voix tremblante. Puis il montre ses deux pieds gravement infectés : « Venez à mon secours. Ils m’ont coupé mon salaire. Mes deux pieds sont pourris », hurle-t-il.

Malgré son état de santé alarmant, ses supérieurs lui ont suspendu son salaire dès le mois de juillet. Livré à lui-même, sans ressources et sans prise en charge médicale, le brigadier a choisi la vidéo comme dernier recours pour se faire entendre.

La vidéo a rapidement fait le tour de la toile et est parvenue jusqu’aux plus hautes autorités. Face à l’émotion suscitée, une décision a été prise dans la foulée. En effet, une équipe médicale vient d’être envoyée pour procéder à l’évacuation sanitaire du brigadier en détresse.

Grâce à cette intervention, le militaire pourra enfin être pris en charge et recevoir les soins adaptés à son état. Un soulagement pour celui qui n’avait plus que sa voix pour se battre. L’affaire relance aussi le débat sur la prise en charge des hommes en uniforme en situation de grande vulnérabilité.

Gabon : Le pays compte 3,5 millions d’habitants dont 1,2 millions d’étrangers

La population gabonaise compte désormais 3 518 621 habitants. C’est ce qui ressort du recensement général de la population et des logements présenté par la ministre Louise Pierrette Mvomo le 1er septembre dernier.

 

Une opération d’envergure qui a mobilisé 5 005 agents répartis dans 3 322 secteurs de dénombrement à travers tout le pays. La collecte a permis de dénombrer 865 000 ménages, soit un taux de couverture de 97%. Une performance qualifiée d’exceptionnelle. La numérisation, la géolocalisation et le suivi en temps réel ont été déterminants pour atteindre ce résultat et sécuriser la fiabilité des données.

Sur ces 3,5 millions d’habitants, 2 318 365 résidents sont de nationalité gabonaise, soit 65,9% de la population totale. Les étrangers représentent 34,1%, soit environ un habitant sur trois. Le recensement a toutefois rencontré des difficultés, plusieurs étrangers ayant refusé de se faire recenser.

La répartition par sexe varie selon la nationalité. Au global, les hommes représentent 51,2% des résidents. Chez les Gabonais en revanche, ce sont les femmes qui sont majoritaires avec 52%. Une tendance déjà observée lors des précédents recensements. La population totale a par ailleurs progressé de 94% depuis 2013.

Sans surprise, la province de l’Estuaire concentre 60% de la population autour de Libreville. Viennent ensuite le Haut-Ogooué, l’Ogooué-Maritime et le Woleu-Ntem. Un changement notable : l’Ogooué-Ivindo dépasse désormais l’Ogooué-Lolo. Ces nouveaux chiffres serviront de base au Plan National de Croissance et de Développement 2026-2030.

Gabon : La Caisse de dépôts et de consignations veut faire de l’épargne gabonaise le moteur de souveraineté financière

La Caisse des Dépôts et Consignations du Gabon organise les 2 et 3 septembre 2026 au Palais des Congrès de Libreville la première édition du Forum National de l’Épargne pour le Développement, FONED.

 

Placé sous le thème « Épargne et souveraineté financière, la Caisse des Dépôts, instrument du financement endogène du PNCD 2026-2030 », le forum veut ouvrir le débat sur le rôle de l’épargne dans le financement durable du développement.

À travers le FONED, la CDC entend lancer une réflexion nationale sur la mobilisation de l’épargne et son impact sur l’autonomie financière du Gabon. L’objectif est de trouver des voies pour que les ressources nationales servent directement à financer les priorités du pays.

Pour la CDC, la souveraineté financière ne signifie pas tourner le dos aux financements extérieurs. Elle repose aussi sur la capacité du Gabon à mieux valoriser ses ressources internes. Dans le cadre du Plan National de Croissance et de Développement PNCD 2026-2030, le Gabon vise la mobilisation de 27 000 milliards FCFA d’investissements, dont 18 000 milliards attendus du secteur privé et des ressources nationales.

Pendant deux jours, au Palais des Congrès de Libreville, le FONED réunira les pouvoirs publics, les investisseurs, les acteurs du secteur privé, les institutions financières, les experts, les universitaires, les partenaires techniques et financiers, ainsi que des représentants de la diaspora. Au cœur des échanges : les mécanismes pour transformer l’épargne en financements de long terme, sécurisés et orientés vers les investissements productifs.

Créée en 2010, la CDC est une institution financière à mission d’intérêt général. Avec cette première édition du FONED, elle pose les bases d’une nouvelle ambition notamment faire de l’épargne gabonaise un levier concret pour financer la croissance et renforcer la souveraineté économique du pays.

Gabon : « L’espoir doit mourir en dernier », Kelly Ondo Obiang signe son retour avec un livre emprunt de résilience

Dix ans après les troubles post-électoraux de 2016, l’ancien lieutenant Kelly Ondo Obiang fait son entrée dans le milieu littéraire. Son premier ouvrage, « L’espoir doit mourir en dernier », est sorti le 31 août 2026, une date choisie en hommage aux victimes des violences de 2016 et à leurs familles.

Après avoir été condamné à 15 ans de prison pour son rôle dans le soulèvement militaire de janvier 2019, Kelly Ondo Obiang a bénéficié d’une amnistie l’année dernière, à la suite des événements d’août 2023. C’est durant cette période qu’il s’est consacré à l’écriture de son autobiographie, fruit d’une introspection intense.

Dénué d’amertume, l’ouvrage est perçu comme un essai autobiographique et une reconstruction personnelle. Plus qu’un simple témoignage, c’est une invitation à la résilience adressée à tous, et particulièrement à la jeunesse, à ne pas se décourager face à l’adversité. L’auteur veut montrer comment les injustices subies peuvent devenir une force motrice pour se transformer.

Au cœur de « L’espoir doit mourir en dernier » se trouve la question de la capacité humaine à se relever après des échecs et des épreuves difficiles. Le livre veut apporter une contribution au débat public en parlant de dignité, de pardon et de reconstruction.

Déjà disponible en précommande jusqu’au 15 septembre 2026, l’ouvrage sera en librairie dès le 30 septembre prochain. Au-delà de la littérature, Kelly Ondo Obiang entend faire entendre sa voix dans la quête d’un nouvel équilibre social au Gabon.

Gabon : Washington pointe du doigt des angles morts des dettes des entreprises d’État gabonaises

Le Gabon ne dispose pas encore d’une photographie complète de l’endettement de son secteur public. Dans son évaluation de la transparence budgétaire, le Département d’État américain relève que seules des informations limitées sur les obligations liées à la dette sont accessibles au public.

 

Le plus grand manquement : la dette des entreprises publiques n’est pas intégrée. Cette lacune laisse dans l’ombre une part importante des engagements financiers de structures pourtant contrôlées par l’État. Une entreprise publique peut contracter des emprunts, accumuler des dettes fournisseurs ou bénéficier de garanties et de soutiens financiers. Ces obligations ne constituent pas une dette directe du Trésor, mais elles peuvent devenir un risque majeur si une société stratégique rencontre des difficultés et nécessite l’intervention de son actionnaire public.

C’est pourquoi Washington recommande au Gabon de publier les obligations de dette de ses principales entreprises publiques. Le rapport réclame aussi plus de détails sur les allocations budgétaires qui leur sont accordées et sur les recettes qu’elles reversent à l’État. L’enjeu est de connaître simultanément ce que ces entreprises doivent, ce qu’elles reçoivent du budget et ce qu’elles rapportent aux finances publiques.

Cette faiblesse est d’autant plus sensible que l’État reste présent dans plusieurs secteurs stratégiques. Elle complique la distinction entre la dette portée directement par l’administration centrale et les risques financiers susceptibles de remonter vers elle plus tard. Parler de « dette cachée » serait toutefois excessif : le rapport américain pointe une absence de publication suffisante, et non l’existence d’engagements dissimulés.

Au fond, l’enjeu est celui du périmètre. Plus les engagements des entreprises publiques sont documentés, plus investisseurs, créanciers et contribuables disposent d’une lecture claire du risque financier associé au secteur public dans son ensemble. Pour le Gabon, le rapport américain suggère que cette photographie s’arrête encore trop largement aux frontières de l’État central.

Gabon : Deux hommes interpellés avec 127 conditionnements de cannabis

C’est dans la nuit de vendredi 28 août 2026 que deux gabonais ont été interpellés à Ndougou. Lors de l’opération, les forces de l’ordre ont également saisi une quantité importante de chanvre indien et plusieurs morceaux de papier susceptibles d’avoir servi à préparer de la drogue.

Placé en garde à vue, l’un d’eux Hendrick reconnaît avoir détenu du chanvre indien, mais uniquement pour sa consommation personnelle. Il nie formellement toute activité de vente ou de trafic.

En effet, installé à Ndougou pour pratiquer l’agriculture, il affirme avoir acheté le cannabis auprès de vendeurs ambulants. Selon lui, il utilise cette substance pendant ses travaux dans les plantations.

Son co-accusé, Patrice Moussavou Mouloungui, rejette quant à lui toute accusation. Présent à Ndougou pour des raisons professionnelles, il soutient que le chanvre retrouvé ne lui appartient pas et qu’il se trouvait dans la chambre de son grand frère.

L’enquête est en cours. Les enquêteurs devront désormais confronter les déclarations des mis en cause à la quantité de drogue saisie et aux autres éléments recueillis afin de faire toute la lumière sur cette affaire.

Gabon : La Société d’exploitation du Transgabonais Setrag mobilise 1,5 milliards de Fcfa pour l’hôpital de Booué

La nouvelle structure sanitaire inaugurée par le président Brice Clotaire OLIGUI NGUÉMA vendredi 28 août dernier à Booué dans l’Ogooué-Ivindo mise en place offre un plateau technique complet pour la prise en charge des populations locales.

 

Elle dispose d’un bloc chirurgical, d’un laboratoire d’analyses médicales et d’un service d’imagerie médicale pour assurer les diagnostics et les interventions.

L’organisation est pensée en trois ailes. L’aile centrale regroupe l’administration et les salles de consultation courante. La troisième aile est dédiée à l’hospitalisation avec 24 lits disponibles. Un espace y est spécifiquement réservé à la néonatalogie, avec une attention particulière portée aux nouveau-nés fragiles.

Pour faire face aux délestages fréquents dans la zone, l’établissement est équipé de trois groupes électrogènes. L’un d’eux alimente en permanence le bloc opératoire. Cette autonomie permet aux chirurgiens d’opérer sans interruption, même en cas de coupure d’électricité.

Le projet a nécessité un investissement total de 1,5 milliard FCFA de la Setrag. Sur cette enveloppe, près de 1,1 milliard FCFA ont été consacrés uniquement aux travaux de construction de l’hôpital.

Afin d’assurer une présence médicale permanente, deux logements ont été construits pour le médecin principal et son adjoint. Cette mesure vise à faciliter l’installation durable du personnel médical sur place et à garantir une meilleure disponibilité des praticiens qualifiés pour les populations.

Gabon : Le pays entre dans la phase de vérité avant l’interdiction du poulet importé

Le compte à rebours est lancé à 4 mois de l’interdiction d’importer le poulet de chair prévue le 1er janvier 2027. le Gabon entre dans la dernière ligne droite avec L’INSTAT, via l’Enquête Statistique sur les Filières Agricoles et de l’Élevage – ESFAG et lance une nouvelle enquête pour dresser un état des lieux précis de la production avicole dans l’Estuaire.

L’objectif est de mesurer la vraie capacité avicole nationale. Une mission préparatoire a déjà sillonné Libreville, Ntoum, Kango et Cocobeach fin août. La collecte des données démarre dans quelques jours. Cette fois, l’INSTAT veut corriger les failles du premier recensement de novembre 2025 où 7% des informations manquaient. Les enquêteurs vont recontacter 2178 exploitations déjà visitées et cibler 140 producteurs spécialisés dans le poulet de chair local.

L’urgence se justifie par les chiffres. Entre 2020 et 2024, le Gabon consommait 55 000 tonnes de volaille par an. Mais la production locale plafonnait à seulement 4000 tonnes par an. Ainsi le marché national reste largement dépendant des importations. C’est ce gouffre que le gouvernement veut combler.
La décision a été actée dès mai 2025 en Conseil des ministres. Depuis, Libreville pose les bases de cette bascule stratégique. En mai dernier, 5 conventions d’investissement d’un montant de plus de 775 milliards FCFA ont été signées pour renforcer les infrastructures de la filière. Reste à vérifier si ces engagements se traduiront en poulets concrets sur le terrain.

Le défi des prochains mois est double. Le Gabon devra prouver qu’il peut sécuriser l’approvisionnement sans pénurie ni flambée des prix. Et surtout, que cette transition va générer des emplois durables et des revenus stables pour les acteurs de la filière. La réussite de « Gabon sans poulet importé » se jouera avant le 1er janvier 2027.